Par Small Caps Confidentiel
FASHION BEL AIR : une belle proieEric Lewin
Par Eric Lewin, analyste et rédacteur du nouveau site dédié aux small caps : Small Caps Confidentiel
Lorsque j'ai dit à mes deux filles que je rencontrais le P-DG de FASHION BEL AIR (FR0004034593), la première chose qu'elles m'ont dite est de demander des réductions de prix. Car oui, si la marque est très connue, son positionnement prix reste assez haut de gamme...
Le spécialiste dans la création et la commercialisation de vêtements pour femmes a en effet pignon sur rue et veut dépasser d'ici fin 2013 les 50 points de vente. A la fin du premier semestre, FASHION BEL AIR comptera 27 points de vente en France. L'idée est de poursuivre son positionnement sur les boutiques en propre (62% du chiffre d'affaires) et moins insister sur les boutiques multi-marques (38%). Et pour plaire également aux enfants nos chères têtes blondes d'aujourd'hui seront les clients fidèles de demain le groupe va se lancer dans l'habillement enfants avec une nouvelle collection. "Nous ouvrons cinq boutiques en propre dans les prochaines semaines, dont Cannes ou encore Velizy 2 et Lyon" me confie Eric Sitruk, rencontré lors d'un petit déjeuner dans un lieu rendu cé ;lèbre par le Président de la République.
Ce chef d'entreprise, plutôt agréable, a l'une des plus belles success story du Sentier, ce quartier de Paris historiquement haut lieu du textile... Mais avec lui, on est loin des clichés de la Vérité si je mens.
Sa réussite, il la doit à un positionnement assez haut de gamme sous le modèle de "time to market court" Le time to market court veut simplement dire que le groupe se renouvelle très vite et ne reste pas figé avec deux collections annuelles...
De plus, en marge de son activité de prêt-à-porter, Eric Sitruk a une gestion immobilière de ses magasins très active, grâce à une bonne connaissance du marché immobilier. "Je n'hésite pas à rationnaliser mes magasins si j'ai une offre de reprise de bail intéressante ou si je sens que le quartier ne marche pas" m'indique-t-il.
Cela n'empêche pas certaines déconvenues comme au dernier trimestre 2011 : le chiffre d'affaires a chuté de 28% à 3,9 millions d'euros. "Nous sommes dépendants du climat économique, du climat météorologique et de l'humeur ambiante. Cela fait beaucoup !" m'explique-t-il.
L'exercice actuel aura une durée de 15 mois pour clôturer en mars 2012. D'ores et déjà sur les 12 premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires a reculé de 1% à 19,1 millions d'euros en raison de ce très mauvais T4. La rentabilité annuelle n'a pas été communiquée mais celle du premier semestre a quelque peu déçu avec par exemple une chute du résultat d'exploitation de 65% à 0,57 million d'euros et un recul du résultat net de 67% à 0,3 million d'euros. "Franchement, ce recul est dû à la montée en gamme de la marque et des investissements en découlant. Donc il est assez logique que notre rentabilité en soit affectée" indique l'homme fort du groupe.
En fait, FASHION BEL AIR a souffert comme l'ensemble de ses concurrents. C'est sans doute pour cela qu'il y a peu d'entreprises du secteur en Bourse. Pour moi, il faut avoir le coeur bien accroché pour acheter le secteur. Car non seulement il y a les aléas climatiques qui impactent les ventes, mais il y a également la rapidité dans les changements de tendance. On peut être out aussi vite qu'on a été in. Même Naf Naf en son temps figure emblématique s'il en est, était sorti du marché.
Difficile de faire des prévisions sur l'exercice de 15 mois, mais tout laisse à penser qu'un résultat d'exploitation de l'ordre de 1,3 million d'euros est largement envisageable. Mais ce ne sont que des prévisions qui n'engagent que moi...
L'homme a beaucoup de talent pour faire entrer des investisseurs à son capital. C'est ainsi qu'OTC Asset Management, une société de gestion bien connue, est entrée au capital du groupe en septembre dernier à 4 euros par action. Et combien valait l'action à cette époque ? Environ 3 euros... Oui vous ne rêvez pas, mais l'investissement d'OTC a également des raisons fiscales. Le capital est maintenant détenu par la famille Sitruk à hauteur de 68% aux côtés d'OTC pour 8%.
Aujourd'hui, le titre est autour de 2,59 euros après avoir marqué un plus-bas historique mi-décembre à 1,80 euros.
L'action n'est pas très liquide car le flottant n'est que de seulement 20%... Cela représente simplement 4,2 millions d'euros et cela explique que certains jours, l'action ne cote même pas.
Bien. Tout cela n'est toutefois pas très positif. Et je dois dire que je ne suis pas acheteur du dossier. Mais, si vous voulez des raisons qui pourraient porter la hausse, les voici.
D'un point de vue purement boursier, le dividende* (de 0,20 euro l'an dernier) procure un rendement de 7,8% aux cours actuels. On raisonne bien sûr sur 2010 et rien ne dit que les résultats 2011 atteindront une telle distribution, mais il n'y a pas de raison non plus que le groupe sabre son dividende. Cependant, comme je vous l'ai déjà dit, un dividende ne doit jamais être la seule raison pour acheter un titre.
Secundo la valeur des baux atteint environ 15 millions d'euros ; cela représente donc une large partie de la capitalisation actuellement de 21,5 millions d'euros.
Mais surtout, son positionnement pourrait intéresser des gros du secteur. N'oublions pas par exemple que Maje et Sandro, deux marques très fashion, ont été rachetées par LVMH. Et le chiffre d'affaires au m2 du groupe, environ 12 000 euros, est l'un des plus gros du secteur. De quoi aiguiser les appétits. Eric Sitruk n'envisage pas de vendre actuellement car il ambitionne par exemple de se développer à l'international. Il n'est absolument pas dans ce processus. Mais sait-on jamais... avec un gros chèque ?