nous sommes en guerre
28/07/2012 à 15:41
La Banque de France va-t-elle devoir vendre son Or ?
inShare
1
latribune.fr | 27/07/2012, 19:55 - 302 mots
JCG : Au cours des années 1930, à plusieurs reprises, les dirigeants de la Banque de France ont été pressés de remettre de grandes quantités d'or aux f@scistes lorsqu'ils prenaient le pouvoir, en Espagne, ou directement aux n@zis.
Annie Lacroix-Riz : Les grands banquiers ont remis à Franco le reliquat (40 tonnes) des réserves d’or confiées à la Banque de France par la République espagnole en avril 1931 (pas par le Front populaire de 1936), après avoir exercé sur l’État français depuis l’été 1936 (dès le putsch franquiste italo-allemand, donc) une pression écrasante en ce sens. Ils n’ont pas oublié d’exiger – et ils ont obtenu - du même État que les conséquences de cette forfaiture ne pesassent que sur ce dernier, c'est à dire sur le contribuable français : Daladier et son équipe, notamment Reynaud, alors ministre des Finances, leur ont concédé une garantie étatique contre toute poursuite ultérieure, inéluctable si le régime de Franco n’avait pas survécu. Ils ont naturellement veillé à ce que l’État eût la responsabilité officielle de la livraison du métal, stipulée par l’article 1er des accords Bérard-Jordana du 25 février 1939 et effectuée en juillet.
La Banque de France avait procédé de même – mais le dossier avait en l'occurrence moins de répercussions intérieures directes – pour remettre sans la moindre hésitation, ni le
moindre délai à la Reichsbank l'or de la Banque nationale d’Autriche, au lendemain de l’Anschluss, puis de celui de la Banque nationale de Tchécoslovaquie, au lendemain du 15 mars 1939. Ces excellentes façons étaient considérées par les banques centrales (de France et d’Angleterre) comme de nature à entretenir ou améliorer encore les excellentes relations que les milieux financiers des pays « démocratiques » voulaient à tout prix maintenir avec le Re%ic%%ùh h%it%lérùien. Ces dizaines de tonnes d’or, autrichien puis tchécoslovaque – utilisées par le R pour ses achats extérieurs de matières premières indispensables à la conduite de la guerre imminente -, reposaient physiquement dans les serres de la Banque d'Angleterre avant d’être confiées, pour mise à disposition de la Reichsbank, à la Banque des règlements internationaux de Bâle (BRI).
Tous ces partenaires – les Américains compris – s’étaient regroupés en club des banques centrales depuis l’été 1930, en vertu du Plan (américain) Young de liquidation des réparations allemandes, fondateur de cette BRI qui existe toujours. La même Banque des règlements internationaux, quand l’URSS prétendit, en 1940 (puis à partir de 1944), récupérer les réserves d'or des banques centrales des Pays Baltes, lui opposa un veto catégorique et définitif. L’affaire ne fut réglée qu’en 1992, après la mort de l’URSS et le retour des trois États dans le giron du capitalisme mondial, dans le cadre de leur réadhésion à la BRI 15.