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Analyse fondamentale : Morning Letter 20111031

31 oct. 2011 07:33

« Les impressions, c'est le cancer de l'objectivité ». Et malgré les décisions prises lors du dernier sommet européen, il est inquiétant de constater cette sensation d’inachevé dans les solutions apportées à la crise européenne.
Certes, ces dernières semaines, les marchés ont davantage vu le verre à moitié plein qu’à moitié vide.
Ces derniers ont, en effet, été portés par :

D’une part, les décisions prises à Bruxelles afin de mettre la zone euro sur les bons rails. Les dirigeants européens se sont mis d'accord jeudi pour réduire fortement la dette de la Grèce et pour mobiliser 1.000 milliards d'euros pour le Fonds de secours de la zone euro (FESF), afin d'empêcher la contagion de la crise, notamment à l'Espagne et l'Italie.

D’autre part, les fondamentaux américains sont en train de s’améliorer. Le PIB affiche une belle progression au 3ième trimestre, le moral des consommateurs montre des signes d’amélioration, en même temps que les dépenses des ménages. Sur le front de l’immobilier, les indicateurs restent contrastés, mais les permis de construire et les ventes de logements neufs progressent. Sur ce dernier sujet, beaucoup d’espoir sont portés sur le plan du président Obama, visant à restructurer les emprunts immobiliers des ménages américains.
Sur le plan microéconomique, les statistiques américaines sont excellentes. Sur plus de 300 entreprises ayant annoncé leurs résultats pour le 3ième trimestre, environ 7 sur 10 ont battu le consensus.

Mais il n’en reste pas moins que beaucoup d’interrogations demeurent, autant sur la zone euro que sur la situation des Etats-Unis :

D’une part, le sujet du défaut grec reste entier. En effet, l’agence Fitch semble avoir une version différente de l’ISDA sur le « Haircut négocié ». Vous verrez dans le rubrique « Annonce de la veille » que la positon de l’ISDA n’est pas aussi définitive qu’on peut le lire ces derniers jours. Les révisions, à la baisse, des indicateurs de croissance allemand et français ne vont pas dans le sens d’une sortie de crise de la zone euro, d’autant que la confiance des ménages et la confiance dans l’industrie ne rassurent pas. Le rôle des émergents dans le sauvetage de la zone euro reste, par ailleurs, à définir.

D’autre part, les Etats-Unis constituent, tout autant, une source d’inquiétude. Son déficit budgétaire conséquent, devrait alimenter, comme en juillet dernier, l’actualité le 23 novembre prochain. Un « Joint Select Comittee », doit définir un nouveau plan d’économies drastiques. Ce qui permettra à l’Administration Obama d’obtenir (ou non) une rallonge budgétaire. Les interventions de la FED devront être analysées à la loupe. Son soutient à l’activité économique devra être mis en parallèle avec la dégradation de son bilan, qui ne semble inquiété personne (pour infos suivre ces liens : http://www.clevelandfed.org/research/data/credit_easing/ et/ou http://www.imf.org/external/pubs/ft/wp/2009/wp09120.pdf ).

Toutefois, la semaine qui s’ouvre, devrait apporter quelques éclaircissement à un certains nombres de ces interrogations.
Requinquée par l'accord européen, la Bourse de Paris va mettre son optimisme à l'épreuve d'une semaine très chargée avec un G20 qui prolongera le sommet de Bruxelles sur la zone euro et des réunions de la BCE et la Fed, très attendues tant l'économie est à la peine.
Le G20, qui se tient à Cannes jeudi et vendredi pourrait apporter des éléments de réponses, aux questions encore en suspens, telle que la participation de pays émergents, comme la Chine, au plan européen, ou bien encore, les modalités d’application du plan européen de sortie de crise.
La Réserve fédérale américaine mercredi et celle de la Banque centrale européenne jeudi revêtent toute leur importance, avec des mesures de soutien possibles à l’économie.

De plus, la semaine à venir s'annonce très riche en statistiques puisque les investisseurs surveilleront les indicateurs les plus attendus du mois aux Etats-Unis, avec l'indice ISM d'activité et les chiffres de l'emploi, après une croissance solide au troisième trimestre.

Enfin, la saison des publications d'entreprises bat son plein et se poursuivra avec Plus de 100 sociétés cotées au S&P 500 qui publieront leurs résultats, avec parmi elles Pfizer, Lowes ou encore Kellogg.

Conclusion
Avec prêt de 13% en performance mensuelle et 19% (+530 pts) depuis le 23 septembre (25 jours de bourse), le CAC 40 confirme une belle tendance boursière. Mais cette dernière reflète les espoirs des investisseurs dans la capacité de l’Europe à gérer la sortie de crise. En d’autres terme, cette progression reste fragile, tel un plongeur en apnée devant gérer son retour à la surface.

La tendance de fond macro-économique est toujours favorable aux vendeurs. Toutefois, si l’on considère qu’en plus de cette tendance, le marché avait « pricée » la crise européenne de façon excessive (avec un plus bas annuel à 2 693 pts le 23 septembre), les acheteurs ont peut être trouvé dans les décisions du sommet européens la bouffée d’oxygène nécessaire pour reprendre l’ascension. Aura-t-on le rally de fin d’année haussier tant espérer ?

Ce qui expliquerait cette tendance haussière, timide mais visible, initiée le 23 septembre dernier, qui a, progressivement suivie la loi de Dow, avec la troisième vague qui s’est dessinée jeudi.
Pour rappel, à cette date, les pays du G20 s’étaient engagés à apporter une réponse forte et coordonnée à la crise. Et à l’issu de ce sommet, l’Europe s’était donné trois semaines pour apporter une solution « globale et durable ».
Ainsi, si ce scénario se confirmait, les plus-values attendues seraient importantes. Notamment sur le secteur des bancaire dont les cours représentent, actuellement 30% de leurs fonds propres.
Pour information, à Paris, ce secteur affiche une chute de 80% depuis mai 2007 et de 50% depuis juillet dernier. Même chose pour l’Allemagne (-68% et -35%) et l’Angleterre (-70% et -21%).
Le potentiel de gain sur un retracement de, seulement, 50% de la baisse de cet été, sont conséquents. Et avec la journée boursière de jeudi, le CAC se situe désormais à 1% des 50% de ce retracement de Fibonacci et 5.4% des 61.80%. Ces seuils sont d’une importance capitale dans nos perspectifs plus moyens termes.

Il faudra, toutefois, être vigilant, aujourd’hui. Si la loi de Dow se confirme, la troisième vague devrait se refermer sur les 3 200 pts avant de rebondir. Cette baisse pourrait être alimentée par le calendrier de cette semaine. Cependant, si la hausse continue, la force et l’amplitude du mouvement devra être analysé au regard du comportement de l’indice dans la zone 3 380 pts (50% du retracement) et 3 400 pts (prochaine résistance).

Il faudra intégrer dans son trading, aujourd’hui, les annonces macroéconomiques suivantes. Pour les Etats-Unis, Indice PMI de Chicago (en hausse depuis août dernier) et le taux de chômage pour la zone euro (qui plafonne à 10% depuis janvier 2010).

Pour les publications des entreprises, qui restent un des grands indicateurs sur l’évolution de l’économie, il faudra attendre mardi avec notamment Pfizer Inc.

Ce matin, 07H00, les indicateurs de début de journée sont tous dans le rouge. Les attentes vont être grandes, cette semaine, avec un calendrier chargé. L’Asie évolue dans le rouge, quant aux futures CAC40 et DOW, ils affichent des évolutions à la baisse d’environ 1%.

Rumeurs
- Pékin pourrait apporter 100 milliards de dollars à l'Europe, selon le Financial Times. Le gouvernement chinois n'a pas officiellement confirmé l'information mais un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a affirmé que son pays va «explorer les moyens de renforcer la coopération bilatérale sur la base d'un bénéfice réciproque». En d’autres termes, plus de leçon de morale sur la politique monétaire chinoise… Selon des estimations d'économistes, les Chinois détiennent déjà plus de 500 milliards de dollars de dette des Etats
- Le conseiller économique du Kremlin, Arkadi Dvorkovitch, a par ailleurs répété que la Russie était prête à soutenir la zone euro dans le cadre du Fonds monétaire international (FMI), soulignant que la position russe était "coordonnée" avec les autres pays Brics (Brésil, Inde, Chine, Afrique du Sud). Mais, a-t-il averti une augmentation des contributions de ces pays au FMI devait passer par un "renforcement de leur rôle" au sein de cette institution encore dominée par les puissances occidentales.
- Plus de 90% des grandes banques appelées à prendre part à l'allègement de la dette grecque ont répondu positivement à l'accord trouvé jeudi au sommet à Bruxelles, a indiqué dimanche l'Institut de la finance internationale (IIF), association des plus grandes banques du monde.

Marchés
- En clôture à 3 348.63 pts, dans un volume de 3.9 mds d’euros, la bourse de Paris termine une semaine 'hors norme' sur une consolidation marginale (-0,6%), ce qui ampute légèrement la performance hebdomadaire, laquelle demeure cependant très impressionnante: +5,59% (et c'est la 5ème semaine de hausse depuis le 23 septembre dernier). Avant le dernier jour de cotation du mois, la performance mensuelle pourrait devenir -avec un score cumulé de +12.3%- le plus haussier de l'histoire (la dernière envolée comparable remonte en effet à octobre 2002, avec +13,4%... mais le CAC40 partait justement de très, très bas).

La Bourse de New York a fini vendredi à l'équilibre, les investisseurs effectuant une pause après l'euphorie de la veille: le Dow Jones a pris 0,18% à 12.231,11 points. Le Dow Jones a avancé de 12% depuis le début du mois et a atteint un niveau qu'il n'avait pas connu depuis le 28 juillet, alors que débutait la dégringolade provoquée par le débat sur l'augmentation du plafond de la dette américaine. S'il maintient cette tendance lundi, l'indice vedette enregistrera sa meilleure hausse mensuelle en pourcentage en 115 ans.

Les prises de bénéfices se sont, finalement, avérées modérées, l’optimisme étant maintenue par des fondamentaux américains en amélioration. Le Vix baisse de 3.65% à $24.53.

- Les taux des pays les plus solides de la zone euro et qui ont été les moteurs de l'accord européen sur la Grèce ont peu évolué, à l’image du. Bund en baisse à 2.180 contre 2.203 la veille. Cependant, victime de l’annonce de l’agence Fitch sur le défaut de la Grèce, l’OAT grimpait à 3.151 contre 3.119 la veille. Quant aux Etats-Unis le TNote baissait, profitant d’une pause des marchés boursiers, à 2.320 contre 2.395.
Par ailleurs, l’écart de rendement entre la France et l’Allemagne affiche une nette détente, passant de 120 pb à 80 pb, en une semaine. Autant la tension sur l’obligataire marque davantage un arbitrage entre classes d’actifs, autant la détente du spread OAT/Bund indique clairement une baisse des inquiétudes sur la France. Cependant, en périphérie, ces inquiétudes demeurent. En effet, l'Italie a procédé à une émission obligataire qui a reçu un mauvais accueil, vendredi, avec un taux à 10 ans qui affichait un rendement record de 6,06%.

Tandis que le marché interbancaire repart à la hausse, après avoir marqué une pause mercredi, avec un Euribor 3 mois à 1.592%. Signe que les tensions demeurent sur le marché interbancaire. A ce titre le spread entre l’EUR3M et EoniaSwap (en baisse à 0.826), continue de grimper.

Tendance de fond
Annonces de la veille
- Le gouvernement japonais est intervenu lundi sur le marché des changes pour affaiblir le yen qui venait de battre un nouveau record de vigueur face au dollar, ont affirmé les médias nippons. En quelques minutes, le dollar a bondi au-dessus de 78 yens, alors qu'il avait chuté peu avant jusqu'à 75,32 yens, son plus faible niveau depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.
- La décote de 50% demandée aux banques sur la dette grecque ne devrait pas déclencher les CDS sur le pays, parce qu'elle se fait sur une base volontaire et ne constitue donc pas un événement de crédit, a indiqué jeudi l'International Swaps and Derivatives Association (ISDA). Toutefois, L'ISDA rappelle que la qualification d'événement de crédit est du ressort d'un comité spécifique, l'EMEA Determinations Committee, qui se déterminera s'il est saisi par un intervenant de marché.
Concernant le plan européen, l'association souligne que le processus n'a pas encore atteint l'étape lors de laquelle le comité pourrait accepter une requête afin de savoir si un événement de crédit s'est produit. En d’autres termes, si l’EMEA est saisie par une des banques participants au plan européen, la situation pourrait rejoindre la point de vue de l’agence Fitch. Cette dernière annonçait vendredi que pour sa part, la décote de 50% sur la dette grecque pourrait constituer un 'événement de crédit'.
- Pékin a indiqué vendredi attendre des clarifications avant de s'engager à participer au nouveau FESF, dont le directeur Klaus Regling est venu discuter dans la capitale chinoise. "Nous devons attendre les détails techniques pour y voir clair et entreprendre des études sérieuses avant de décider d'un investissement", a déclaré le vice-ministre chinois des Finances, Zhu Guangyao. Les détails sur l'expansion du fonds seront connus fin novembre, début décembre, a-t-il rappelé.
- La Grèce, contrainte à une austérité maximale, risque de s'enliser dans la récession. Dans ce cas "la dette sera beaucoup plus importante que 120% en 2020 et par conséquent, de nouvelles restructurations ou un nouveau défaut grec restent très probables à l'avenir", écrit Jonathan Loynes, analyste à Capital Economics.
- L'Italie est, elle aussi, au centre des attentions. Si les partenaires européens du chef du gouvernement Silvio Berlusconi ont paru satisfaits des réformes qu'il leur a présentées mercredi, notamment un relèvement de l'âge de la retraite à 67 ans, les investisseurs restent sceptiques sur leur mise en oeuvre: vendredi, les taux d'intérêt auxquels l'Italie finance sa dette publique ont grimpé. Le coût des emprunts d'Etat italiens à 10 ans a dépassé vendredi 6% pour la première fois depuis le lancement de l'euro, traduisant les inquiétudes persistantes de certains investisseurs au lendemain de l'accord de Bruxelles sur la crise de la dette. L'Italie est parvenue à boucler toutes ses adjudications ces quatre derniers mois mais ses coûts de financement ont augmenté, ce qui soulève des interrogations sur la soutenabilité de sa dette, qui avoisine 1.900 milliards d'euros, soit 120% du produit intérieur brut.

Tendance macro
- La consommation a bien soutenu la croissance pendant l'été aux Etats-Unis, mais sa marge de progression apparaît limitée compte tenu de la baisse du pouvoir d'achat des Américains sous l'effet conjugué de l'inflation et de la hausse médiocre des revenus. Selon les chiffres du PIB américain publiés jeudi par le département du Commerce, la hausse de la consommation a assuré à elle seule plus des deux tiers de la croissance de 2,5% mesurée de juillet à septembre. La remontée surprise du moral des ménages dont a témoigné vendredi l'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan ne suffit pas à dégager l'horizon. D’autre part, "Il va falloir surveiller de près la façon dont progressent les revenus dans les mois à venir car la récente tendance de hausse de la consommation aux dépens de l'épargne est insoutenable", avertissent les économistes de la maison de courtage Nomura.
- L'économie française est entrée en récession en octobre, selon l'indice PMI publié lundi par le cabinet Markit, qui est tombé à son plus bas en 29 mois, à 46,8 points contre 50,2 points en septembre.
- Le ralentissement économique mondiale est acté (OCDE, FMI et BQ Mondiale, Fitch, Standart & Poor’s, Goldman Sachs,…). Selon les standards du FMI, une croissance mondiale autour des 3% est le signe d’une récession mondiale. Les économistes de Citi abaisse ses prévisions de croissance mondiale en 2012, de 3,8% à 2,9% et s'attend à une récession dans la zone euro. Les pays développés, US et Z€, ne devraient pas dépasser 1.6% de croissance économique en 2011.
- Pour la première fois depuis la crise de 2008-2009, les "indicateurs composites avancés de l’OCDE" pour la zone euro, et notamment de la France, mais aussi du Royaume-Uni et de la Chine, signalent "fortement un ralentissement de l'activité économique sous sa tendance de long terme". Les inversions de tendance de l'indice précèdent généralement de 6 mois environ les inversions de l'activité économique, selon l'organisation qui réunit les pays les plus riches de la planète.
- L'activité économique de la zone euro devrait être atone jusqu'au premier trimestre 2012 inclus, ont indiqué vendredi les instituts de conjoncture français, allemand et italien (Insee, Ifo et Istat).
- L'agence d'évaluation financière Moody's Investors Service a annoncé lundi qu'elle allait étudier au cours des trois prochains mois s'il y avait lieu de revoir la perspective d'évolution de la note souveraine de la France, qu'elle juge toujours pour l'instant "stable".

Dossiers latents :
- Attente du G20, le 3 et 4 novembre prochain. La France et l'Allemagne se sont engagées, dimanche dernier, à apporter une réponse "durable et globale" à la crise de la zone euro lors du sommet européen du 26 octobre. Les inconnues sur le dossier des dettes européennes persistent. Les modalités d’applications seront censées être dévoilées au cours du G20 du mois de novembre.
- Ne pas oublier la date du 23 novembre prochain, A cette date, un « Joint Select Comittee », petit comité de 12 élus (3 sénateurs démocrates, 3 sénateurs républicains, 3 représentants démocrates, 3 représentants républicains), doivent s’être mis d’accord sur un nouveau plan d’économies drastiques. Ce qui permettra à l’Administration Obama d’obtenir une rallonge budgétaire.

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