Analyse fondamentale : Lor, horizon des monnaies par Bruno Be

http://leblogalupus.com/2012/12/03/ledito-du-lundi-3-decembre-2012-lor-horizon-d es-monnaies-par-bruno-bertez/#more-48016
Lor, horizon des monnaies par Bruno Bertez
LEdito du Lundi 3 Décembre 2012 : Lor, horizon des monnaies par Bruno Bertez
Cela fait maintenant plus de dix ans que nous travaillons sur la crise. Pour être honnêtes, cest dès le début des années 80, lors des balbutiements de la financiarisation que nous avons acquis la conviction que « tout cela finirait mal ». Notre analyse théorique a été renforcée par la crise de 1987. Elle a été confirmée à loccasion des autres crises intermédiaires qui se sont produites, dette mexicaine, crise asiatique, crise LTCM.
Le fait que le traitement soit toujours le même nous a conforté dans lidée que lissue était inévitable. Dans les années qui ont suivi, tout sest déroulé comme dans un livre avec la bulle technologique, avec la bulle de limmobilier, la bulle du crédit spéculatif, puis maintenant la bulle de la dette souveraine généralisée. Léchéance est encore loin et on sen rapproche à grands pas. Bien entendu méfiez-vous quand nous parlons déchéance, nous nous situons dans une perspective historique. Le temps de lhistoire est lent. Il na rien à voir avec les années et les saisons. Tout au long de ces dernières décennies, notre fil conducteur dans nos analyses a été le cycle du crédit, lexcès de crédit, le surendettement.
Nous nabandonnons pas ce fil conducteur, il est très utile surtout pour comprendre le moyen terme. Cependant, il est temps de passer à quelque chose de plus profond, de plus fondamental. De plus fondamental qui englobe et unifie nos analyses et diagnostics précédents. Notre fil conducteur est le suivant. Nous sommes dans une crise des « équivalents » et cette crise va déboucher sur une autre, bien plus terrible qui est la crise du « système » des équivalents.
Nous commencerons par une citation de Nietzsche: « Fixer des prix, estimer des valeurs, imaginer des équivalents, échanger, tout cela a préoccupé à tel point la pensée primitive de lhomme quen un certain sens, ce fut la pensée même ».
Puis, par celle-ci de Marx: « La transformation de largent en capital doit être expliquée en prenant pour base les lois immanentes de la circulation des marchandises de telle sorte que léchange déquivalents serve de point de départ »
PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :
La crise est une crise des équivalences, une crise du système des équivalences. Quand Bernanke prétend lutter contre la déflation, il tente de fixer les prix à un niveau supérieur à celui quils auraient spontanément, il prétend imposer son système déquivalences. Équivalences des choses, des biens, des services, avec sa monnaie. Il refuse celles qui découlent ou découleraient du marché, de la confrontation des achats et des ventes des agents non politiques. Comme elles ne lui conviennent pas, il tente de manipuler ce dans quoi les équivalences se formulent, sa monnaie, le dollar. Ce faisant, il va détruire sa monnaie. Lui retirer son statut de monnaie, lequel est en fait usurpé. Nous sommes dans une crise des équivalences, laquelle débouchera, débouche déjà sur une crise plus fondamentale, celle du système des équivalences. Son issue sera leffondrement total de léquivalence suprême, ce sera la révélation du fait que le Roi est nu. Ce sera la fin de léquivalence des monnaies avec La Monnaie. Avec lor .
On peut, face à la situation dite de crise, avoir plusieurs attitudes, plusieurs points de vue.
-Point de vue de lEtat chargé, si on peut dire, de lordre, du long terme.
-Point de vue du gouvernement chargé de la chose publique sous contrainte électorale.
-Point de vue gestionnaire pour les firmes, comment sen sortir, sadapter, prospérer.
-Point de vue de lindividu, comment survivre physiquement et socialement, comment sélever, etc.
Ce sont des points de vue que nous appelons: de gestion.
Ici, nous ne situons pas dans la gestion.
La distinction entre le point de vue dit « gestionnaire » et le point de vue scientifique est celle-ci: Nous cherchons à connaître, à comprendre, ce qui est à luvre. Nous débusquons ce qui se trame, pour prendre un registre dramatique. Nous ne critiquons pas les attitudes gestionnaires, elles ne se situent ni dans le vrai ni dans le faux, elles donnent des résultats ou elles nen donnent pas. Il y a des gens payés pour effectuer cette gestion.
On peut gérer efficacement, même sans comprendre ce qui se passe puisque la gestion cest une succession de courts termes dans un environnement donné, défini par létat du système et lapparente connaissance quen ont les participants.
Cette efficacité peut cependant nêtre que superficielle et masquer un échec profond qui se révèlera, soit par la multiplication de conséquences inattendues, désagréables, soit par un effondrement final si la gestion, aveugle a, en fait, renforcé les forces de déséquilibres et accentué les fragilités qui mènent au chaos.
Lanalyse logique, que nous nappelons scientifique que par commodité, mais logique est préférable, cette analyse cherche à mettre à jour, à comprendre, pas à gérer.
Nous cherchons à comprendre:
- Comment on en est arrivé là où on est?
- Quel est le jeu des forces en présence?
- Quels sont les éléments-clefs, fondamentaux, non circonstanciels qui ont produit cette situation?
- Quelle peut être lissue spontanée, lévolution, si on ne se donne pas lillusion de maitriser?
- Quels sont les choix possibles si on veut intervenir, sen mêler?
- Quels sont les conséquences possibles, les conséquences non voulues, positives ou négatives?
- Quels sont les coûts, et pour qui, qui paie?
- Quelles sont les conséquences systémiques, comment risque de se modifier le système?
Vous voyez que, par cette démarche logique danalyse, non seulement on dépasse le stade du court terme, du circonstanciel, de ce qui est, mais pourrait ne pas être, le stade des apparences, et que lon tente dexplorer le fondamental. On fouille, on met à jour. On expose au grand jour.
Nous revenons en arrière sur la démarche dite scientifique. Léconomie nest pas une science, cest une prétention insoutenable que de le dire.
Aucune des caractéristiques des sciences ne se retrouve dans les travaux et la démarche des économistes. Ils sont incapables de remonter lenchaînement des causes et des effets, de reproduire, de prévoir, bref, dêtre utiles. Faute de comprendre, ils font joujou avec des incantations masquées par des rideaux de fumée. Les économistes sont des grands prêtres, auxiliaires de la classe politique, auxiliaires des banques, auxiliaires de la classe ploutocratique.
Nous changeons un peu, nous remplaçons pour une fois klepto par plouto.
Léconomie, cest une, ou plusieurs idéologies, au service des intérêts dominants et cela a toujours été et sera toujours ainsi.
Cest la théorie qui sert aux Pouvoirs à se maintenir. Cest la théorie qui sert aux sujets, sujets au sens de serfs du Moyen-Age, à se sentir « sujets » face aux monarques dits démocratiques ou républicains. La science économique, cest ce qui fait de vous des sujets et « deux » des rois.
Tout se passe dans votre tête, par la culture de masse, la propagande, et il faut bien le dire, grâce à votre paresse et docilité et bien sûr votre penchant pour les satisfactions matérielles immédiates.
Il nous faut ajouter votre besoin de sécurité.
Ce nest pas parce que léconomie nest pas une science que lon ne peut pas comprendre ce qui se passe. Le bagage intellectuel de base, le goût de leffort, la révolte, sont des ingrédients suffisants pour comprendre ce qui se passe. Bien sûr, il faut pratiquer lanalyse logique, disposer de concepts solides, bref, doutils pour mettre de lordre dans le chaos, comme on dit dans les bonnes sociétés de pensée.
Nous insistons, car cest là où tout se joue, tout se noue.
Si léconomie nest pas une science, disent les pouvoirs, alors tout est relatif, il ny a pas de Vérité.
On peut, par conséquent, instaurer le règne de lOpinion, et bien sûr faire en sorte de manipuler cette opinion dans le sens désiré. Désiré par qui? Mais oui bien sûr! Par ceux qui détiennent le pouvoir.
Ne tombez pas dans le piège. Si léconomie nest pas une science, ce nest pas pour autant que deux et deux ne font pas quatre, que ce que vous voyez est faux. Il y a des évidences incontournables, même si on voulait, même si on veut, que vous nen croyiez pas vos yeux. Il ny a pas de parole scientifique, il ny a que des magiciens et on sait quil ny a pas de bonne magie sans illusions.
Lenjeu , cest votre argent. Autrement dit, ce qui vous appartient. Il ny a que des David Copperfield qui escamotent votre argent, le produit de votre travail, effort, innovation, audace, bref, ce qui fait votre vie, et prétendent que cest pour votre bien. Ils vous font déchoir socialement, bouchent lavenir de vos enfants et cest encore pour votre bien.
Vous voyez passer milliards après milliards en gaspillages criminels. Gaspillages qui plongent les peuples dans la régression et lobscurantisme et on vous dit: « mais non , cela ne vous coûte rien, à peine quelques dizaines de millions ». Hélas, le compte n y est pas et quand on donne trois cents milliards à la Grèce ou cent milliards à lEspagne, il faut bien quils viennent de quelque part, quon les prennent dans une poche présente ou future.
Ce nest pas parce que léconomie nest pas une science, quil n y a pas de Vérité en matière économique et financière. Voilà ce quil faut que vous compreniez. Et cette vérité doit se soumettre aux contraintes de la vérité, cest à dire être logique, ne pas se contredire, elle doit coller, exprimer le réel. Elle doit avoir un pouvoir explicatif vrai qui fait appel à lintelligence et non pas aux émotions, aux sentiments ou à la pseudo morale. Quand une pierre tombe, elle tombe, point à la ligne. Et la gravitation, cela existe.
Revenons à nos moutons. Non pas les moutontribuables, mais nos moutons cités en liminaire.
Marx est certainement le plus grand économiste de tous les temps, avec ses amis/ennemis de lécole autrichienne. En fait, ces ennemis sont des frères, ils travaillent de la même manière, ils marchent sur les pieds et non sur la tête. Ils partent de la réalité et non pas des livres quont écrits les confrères qui les ont précédés. Ils ont osé sattaquer à ce qui est centre du cercle de léconomie, la notion de valeur. La valeur, cest leffacement de la chose réelle, empirique derrière, par exemple, la quantité de travail qui a servi à la produire ou encore par le prix quun acquéreur serait disposé à payer pour pouvoir en jouir.
Marx met en avant la valeur travail, Murray Rothbard la valeur perçue, accordée, subjective conférée par lindividu. Autrement dit, ils se sont penchés sur cette notion centrale au cur de lappréhension des valeurs: léquivalence. Ils sont réunis, non par ce quils affirment lun et lautre, mais par lopération intellectuelle quils tracent, ils étudient léquivalence. Comment des choses peuvent être équivalentes, séchanger, finalement avoir la même valeur alors quelles sont radicalement différentes.
Ils passent le scalpel dans le réel avec leur concepts, exhument ce qui est caché, oublié, escamoté et ainsi, nous donnent à voir ce qui se passe en-dessous, soigneusement dissimulé dans le système. Pas dimbécilités à lAméricaine avec des modèles, des corrélations, des idioties mathématiques genre formules abracadabra pour lire dans les entrailles des agneaux sacrifiés.
Au fait, en passant, les agneaux, cest vous, ne loubliez pas. Non, Marx et lécole autrichienne pratiquent lanalyse logique verbale, ils parlent, ils mettent en mots léconomie. Une logique verbale plus dialectique chez Marx, mais une logique verbale plus pratique, plus proche de la praxis chez les Autrichiens.
Ces soi-disant, apparents ennemis, ont produit, si on va à la base des choses, les deux versants dune réalité, dune même montagne, les deux faces dune même pièce. Une pièce symbolique qui rend compte de lhomme et de ses activités économiques. Et ces deux faces, ces deux versants sont aussi inséparables que dans une pièce de monnaie, ils la constituent dialectiquement. Ils sont « uns » tout en étant différents. Mais, comme dans le cas de la pièce de monnaie, les deux faces ne rendent pas compte de toute la réalité de la pièce de monnaie, lessentiel reste encore caché: à savoir, qui a fabriqué cette pièce de monnaie.
Réfléchissez, nous sommes au tournant de ce que nous voulons vous faire comprendre. Le côté pile ou le côté face nexpriment pas, népuisent pas, la totalité systémique de la pièce de monnaie.
Limportant est ailleurs, dans le fait que quelquun a conçu cette monnaie, la émise, avec un ou des buts précis; il est aussi dans le fait que quelquun accepte cette pièce, quelle circule. Et ce à quoi elle sert dans le système, nest pas forcément et uniquement ce à quoi les gens pensent en lutilisant. En plus de la pièce, sa réalité objective est un tout composé de celui qui lémet, la met en circulation et de celui qui sen sert et laccepte.
Et cest ce quelquun qui émet, qui dirige, qui est le maître, qui commande. Et ceux qui se servent de la pièce lignorent ou loublient. On leur fait ignorer, oublier. On détourne leur attention, on divertit , on mystifie. Comme dans les banlieues, quand les jeunes vous disent : « Je te mystifie ».
Nous pouvons maintenant reprendre le fil là où nous lavons laissé, avec nos deux citations.
Peut-être avez-vous compris où nous voulons en venir, peut-être avez-vous remarqué, noté, souligné le mot important. Cest le mot « équivalent ». Cest léchange déquivalents qui est le point de départ de léconomie, dit Marx. Imaginer des équivalents, échanger, cest la base de la pensée de lhomme et cest, en un sens, la pensée même dit Nietzsche. Quand vous mettez un mot sur une chose, vous tracez une relation déquivalence; quand vous dites leuro vaut 1,29 dollars, vous tracez une relation déquivalence, vous créer, vous confirmez, vous confortez une équivalence. Quand vous dites une once dor vaut, donc équivaut à 1729 dollars. Vous posez une équivalence. Quand vous dites linverse, à savoir le dollar vaut 1/1729ème donce dor, vous posez une équivalence. Une équivalence tout aussi légitime que la première. Car, par définition, les équivalences sont réversibles.
Pour que cette équivalence soient acceptée, il faut quelle soit affirmée, dictée, validée. Car si vous venez de Sirius, vous allez rire au nez de celui qui vous dira, ce bout de papier vert, cest la même chose que ce beau morceau de métal brillant, orangé, inaltérable, symbole de lumière, parure de toutes les fêtes de tous les sacrifices, la même chose que ce métal sacré, pour parler clairement.
Pour affirmer ce bout de papier cest la même chose que ceci ou cela, il faut un pouvoir considérable, celui daliéner les gens, celui de les névroser, de les rendre crédules, croyants comme dans les religions. Il faut que vous les fassiez douter deux-mêmes, de ce quils voient. Il faut, comme nous le disons souvent, que vous leur fassiez prendre des vessies pour des lanternes. Appréciez bien ce quil faut de pouvoir -et de mauvaise foi- pour oser dire: ce morceau de papier est identique à ce merveilleux métal dont le monde de tous temps a considéré quil était le summum de la valeur, le summum du précieux, du sacré, de la fête, du superflu. Quel rapport y a-t-il, sinon un rapport de forces, entre lor sacré, inscrit dans lâme humaine individuelle et collective de tous temps et toutes origines, et ce dollar profane, quotidien, simplement utile, banalement utile?
Il faut un rapport de forces, de puissance terrible -au sens fort de terreur- pour dire cette forme monétaire parfaite, rare quest lor équivaut à cet ersatz de monnaie, surabondant, créable et multipliable à volonté des seuls Etats-Unis. Il faut une puissance cynique de démiurge pour oser imposer un bout de papier qui nest quune promesse, mieux ou pire, une dette comme un actif en lequel on peut avoir confiance, un actif que lon peut conserver, stocker. Il faut une puissance cynique et égoïste et en même temps, il faut que cette puissance ne soit pas contrée, quelle ne rencontre aucun contrepouvoir.
Le dollar nest pas une monnaie, cest une dette, une créance sur les Etats-Unis, sur leur richesse actuelle, sur leurs richesses et leurs productions futures. Ils en émettent et sen servent comme dune dette. La richesse des Etats-Unis est finie, au sens de finitude, limitée, mais leur pouvoir de création de dollar est infini, sans limite. Témoin la comédie du fiscal cliff produite par la seule évocation cosmétique de fixer une limite à la dette américaine.
Or, que vous dit-on? Avec le complicité, avec lestampille de vos gouvernements et de vos banquiers et de leurs télés réunis? On vous dit: les Etats-Unis ne peuvent pas faire faillite, ils disposent de la printing press, ils créent autant de dollars quils le veulent pour vous rembourser!
Cest le fondement, nous le signalons en passant, du keynesianisme radical à la Krugman, les Etats-Unis ne peuvent pas faire faillite car ils ont le pouvoir de vous ruiner en fabriquant autant de monnaie quils en ont besoin pour honorer leurs promesses. Pensez-y quand vous saluez positivement les négociations sur le fiscal cliff qui nont dautre but que daugmenter la capacité dendettement des Etats-Unis. En fait, quand vous faites confiance aux Etats-Unis comme refuge du risk-off, vous faites confiance à leur pouvoir régalien de vous ruiner. De vous dépouiller. Les Chinois lont compris qui ne prêtent plus à long terme aux Américains. En quelque sorte, les Chinois contestent léquivalence. Et ils le font parce que leur pouvoir, leur puissance, montent. Ils constituent un contrepouvoir qui émerge.
Léquivalence dollar/or est fausse. Le dollar nest pas une monnaie, il nest pas alternative à la monnaie-or. Le dollar est un play, un jeu, une spéculation sur la dette américaine. Le dollar est un gigantesque play de leverage sur le stock dor américain. Cest une pyramide de dettes construite sur la pointe que constitue le stock d or de Fort Knox.
Personne na inversé lévénement de 1971 et lu correctement ce qui sest passé à ce moment-là. La faillite a conduit les Etats-Unis à fermer la vitrine de lor. A mettre en sécurité ce quils avaient de plus précieux. 1971, cest le coup de force, non pas dimposer le dollar, mais de préserver le stock dor des Etats-Unis. De le mettre hors datteinte, hors de portée. En 1971, les Américains ont consacré lor, ils lont sanctuarisé. Sacralisé. Pas touche à mon or.
Les idiots de gouvernements européens ne lont pas compris, au lieu de faire comme les USA, de protéger précieusement leur or, ils lont vendu, bradé à 260 dollars lonce!
La seule monnaie est lor. Le reste nest pas monnaie, mais fait temporairement fonction de monnaie.
La forme monnaie est dans lâme humaine. La seule monnaie est lor, même pas largent. Seul lor est léquivalent général, universel, international, éternel et donc a les caractéristiques de la monnaie telle quelle git au fond de lâme des hommes et des peuples. Lor est objet suprême du désir, en lui même. Les marchandises, les monnaies des dictateurs passent, lor reste, sa force dattraction persiste. Indépendamment de sa valorisation.
Les fausses monnaies peuvent faire usage, être utiles, cest pour cela quelles sont acceptées, mais lor, au contraire, na pas besoin de faire usage pour être recherché.
Jean Jacques Rousseau disait que le vice, pour ceux qui le pratiquent, cest « de disposer à leur gré de tout le sexe, sous toutes ses formes ». Les fausses monnaies, cest cela, la jouissance immédiate polymorphe, vicieuse; lor, cest la jouissance différée, reportée, comme cest le cas dans le désir. La fausse monnaie sinscrit dans lordre de lusage, du besoin, dans lordre régressif, lor sinscrit dans lordre plus profondément, plus spécifiquement humain du désir.
Tout le reste nest que crédit, dette, confiance. Seul lor bénéficie de cette empreinte, de cette gravure inaltérable dans la psyché. Nous avons déjà dit, ce nest pas lor en tant que tel, physique, qui est inaltérable, mais son empreinte, sa forme universelle que lon retrouve partout. Lor est lié à la symbolique des échanges, à ce qui a pris naissance quand les hommes ont commencé à échanger, puis commercer, puis épargner
Lor physique, cest lor physique, tel quen lui-même, lor, forme monétaire suprême est ailleurs, là où il est intouchable, indestructible, comme nous le répétons, inaltérable. Chez les hommes, il y a quelque chose de plus, qui fait quils sont ce quils sont, ce quelque chose de plus, cest laccès, la prise dans le symbolique. Et lor est là dedans. Et cest ce qui fait quil est monnaie. Authentique monnaie, authentique selon la racine grecque: qui ne sautorise que de lui-même.
Le dollar circule, il nest que utile, nous verrons avec Bernanke que le dollar est comme la pile Wonder, il suse quand on sen sert. Lor, on le garde, on le met à labri comme la Fed, comme les Chinois, les Russes, les princes arabes intelligents, les émergents qui ont compris les origines de leur émergence, à savoir quils némergent que grâce au laxisme du crédit et du dollar américain qui vient alimenter leurs réserves et permettre leur expansion.
Lor, on le veut intact, pur, non souillé, comme les Allemands viennent de se souvenir. Cest en lui même quil est objet du désir des hommes, donc il doit être parfait. Tout est argent éphémère, moment de circulation, lor, lui, est lextincteur unique, final, des dettes.
Il ny a pas de ciel des monnaies: dans le ciel, il ny a quun Dieu, cest lor. Tout le reste nest même pas, même plus demi-dieu, ou demi-dieu déchu comme dans les mythologies.
Largent-métal nest pas monnaie, même pas monnaie de pauvre. Il nest quautre auxiliaire, dérivé vulgaire. Forme inférieure de lor, déchu de lor. Regardez le vocabulaire, il est explicite avec la confusion argent/argent-métal. Le pauvre, on est obligé de préciser, cest dévalorisant, on est obligé de préciser de quoi on parle pour signifier le métal blanc. Et puis la littérature psychanalytique est constante, largent dans linconscient, cest de la m
e. Ce nest pas un hasard, cest une forme déchue, dépréciée. Avec largent, on rentre déjà dans lambiguïté de la valeur dusage. Si la m
e cest linverse du phallus, le phallus retourné, inversé, lor lui cest le phallus, son équivalent économique, ce scintillement, cet opérateur magique du désir, qui a animé la quête des alchimistes, quête qui symbolise le grand mystère de ce qui nous fait marcher. Le Graal est en or, bien entendu.
Lor est monnaie suprême, seule monnaie. Cest déjà faux de dire cela car lor est monnaie. Il est la forme, la structure monnaie rendue visible, concrète. Lor est monnaie suprême de ne pas circuler, dêtre conservé précieusement. Il suffit de savoir quon la, quon le possède, que lon en est propriétaire. On ne met pas dans la rue ce qui est précieux. On le met dans les sous-sols, bien gardé. On va même, comme le fait la Fed, refuser de le montrer aux profanes, refuser de le laisser contrôler par Ron Paul, refuser de le laisser contrôler par les citoyens. Il faut, en plus, du sacré, du mystère. Tout comme le fait la Fed qui accrédite ainsi le statut de lor, son aura
La mauvaise monnaie chasse la bonne, on fait circuler le dollar et la vraie, la bonne monnaie, lor, ne bouge pas. Faire circuler lor comme monnaie cest, comme tentent de le faire les démiurges comme Bernanke en le financiarisant, or-papier, c est une imbécilité de plus. Des chiffres, des cours, des cotations ne sont pas de lor et, quand ce sera le grand Retour, lEternel Retour au sens de Nietzsche, alors on verra, ce sera le retour du fameux « mais dis-moi, las-tu en bourse?». Question centrale.
BRUNO BERTEZ Le Lundi 3 Décembre 2012
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ?
Connectez-vous
Pas encore membre ?
Devenez membre gratuitement
2 réponses
06 décembre 2012 •14:33Homosexualité, propagande, humour par Bruno
Bertez
http://leblogalupus.com/2012/12/03/ledito-du-lundi-3-decembre-2012-l or-horizon-des-monnaies-par-bruno-bertez/
11 décembre 2012 •08:23
http://leblogalupus.com/2012/12/10/ledito-du-lundi-10-decembre-2012-lor-horizon- des-monnaies-la-globalisation-etait-lextension-du-systeme-des-equivalences-par-b runo-bertez-2eme-partie/#more-48286
EN LIEN : LEdito du Lundi 3 Décembre 2012 : Lor, horizon des monnaies par Bruno Bertez (1ère Partie actualisée avec commentaires et textes adjuvants )
A y réfléchir de plus près, la globalisation des 30 dernières années sanalyse comme une extension du système des équivalences. Cette globalisation seffectuant sous un mode centralisé contient en elle-même les germes de la destruction du système quelle a tenté dimposer.
Vouloir comprendre les choses économiques, les monnaies profanes, la finance, sans aller voir là où cela se passe, cest à dire chez lhomme, dans sa tête, dans son âme, bref, sans recourir aux fonctions symboliques, cest comme vouloir comprendre la sexualité sans le désir et la réduire au besoin et à lusage. Car cest ce quils veulent, le grand « Ils ». Vous réduire au besoin, à la consommation , à tout ce quils manipulent et maîtrisent. Ils peuvent tout sur vous, sauf agir sur le sens des choses et cest pour cela que le sens, linterprétation, la découverte, lherméneutique, tout cela est rejeté. Il faut vous résumer, vous mettre en carte comme disait Ferré, vous identifier, vous équivaloir à ce qui, en vous, est manipulable. Tout doit être marchandise, avec son équivalent de fausse monnaie. Cest leur domaine, ils y sont rois. Et cest pour cela dailleurs quils sont rois, parce que vous êtes et vous vivez sujets en raison de leurs balivernes qui servent à acheter autant de votes quils en ont besoin pour vous dominer.
Nous avons pointé le fait que la pierre angulaire du système était « léquivalence » et le pouvoir de limposer. Léquivalence se noue sur un marché, des marchés, sur la généralisation des marchés, marchés de tout. Doù la financiarisation qui a tout mis sur les marchés, le pétrole est un papier, lor est un papier, le cattle est un papier, les droits CO2 sont un papier bientôt on mettra sur le marché des droits à détruire la planète, à consommer et consumer lextinction.
Il faut souligner le génie inconscient du système qui, peu à peu, met tout sous sa coupe pour tout dominer, tout manipuler. Tout rendre fait ou faisable, à la main au sens propre, à leur main.
Le réel est rare, il est physique donc soumis à la rareté. Mais le réel-papier est infini. On peut généraliser et multiplier les free lunchs. On peut vendre de lor papier que lon na pas, du pétrole qui nexiste nulle part, et faire chuter les prix. On peut faire léviter les actions, les actifs à risque et jouer de linverse pour vous tondre mieux encore en faisant de temps en temps des pauses de risk-off, etc. Tracer léquivalence entre le signe, le cours, lactif papier, le vent, traités sur un marché et le réel épais, dense, lourd, a été le trait de génie qui a permis au système d aller aussi loin dans sa dégradation et ses déséquilibres. Transformer le sang et la sueur des hommes en chiffres, lincertitude en volatilité, en dérivés, en dérivés de dérivés, en a été leur miracle.
PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :
Les Chinois travaillent dur, certains sous la menace de châtiments. Ils produisent beaucoup et jouissent peu, selon la maxime de Confucius. Ils vendent leur travail aux Américains qui les paient en dollars.
Ces dollars ne sont pas restitués au peuple chinois pour quil jouisse, non, ils sont épargnés, stockés par le pouvoir chinois. Pour plus tard, leur dit-on. Mais les Américains ne sont pas fous et ils sont cyniques, ils nont pas envie que les Chinois accumulent réellement des créances qui gonflent à intérêts composés sur eux-mêmes, ils créent du dollar à qui mieux mieux. Ils font des taux dintérêt nuls ou négatifs qui consument la dette. La dette avec les taux réels négatifs se dévalorise en saccumulant. Ces dollars valent quelque chose tant que lon ne sen sert pas, tant quils ne tournent pas, mais quand on voudra sen servir, on sapercevra quil ny a pas de contrepartie concrète pour les honorer. Les Américains paient en monnaie de singe, léquivalence entre le pouvoir dachat actuel apparent du dollar et léquivalence future sera radicalement changée.
Les créanciers des Etats-Unis feront lexpérience quont faite les Européens du sud avec leur épargne. Ils croient mettre de largent de côté pour acheter une voiture et, quand vient léchéance, ils se retrouvent avec un vélo. Un vélo bon marché en plus, fabriqué au rabais en Chine.
Quand largent des Chinois partira à la recherche de son pouvoir dachat, de sa contrevaleur, ils sapercevront quils nont pas le dixième de ce quils avaient espéré. Non seulement les Chinois vendent à bas prix mais, en contrepartie, ils reçoivent des créances qui ne seront jamais honorées ou qui ne le seront que nominalement. Ils transfèrent de la valeur par le jeu sur les équivalences présentes et ils vont encore en transférer plus par le jeu des équivalences futures. Cest comme le disent les Américains, le double whammy, on perd sur ce que lon vend et on perdra aussi sur ce que lon reçoit en contrepartie. En Chine, le seul gagnant, cest la clique au pouvoir.
Mais le pouvoir des Chinois progresse, leur intelligence du système aussi.
Peu à peu, ils cessent daccumuler des créances sur les Etats-Unis, ils développent un espace monétaire Yuan, ils concluent des accords de troc; bref, ils se passent du dollar. La fausse monnaie, ex-plaquée-or, commence à révéler ses atteintes par la rouille. Les Chinois donnent lexemple à dautres pays. En matière de monnaie, cest comme en matière de Web, il y a un effet multiplicateur de lusage dès lors quune certaine taille critique est atteinte. Au début, on peut se passer de Google et Facebook puis, quand toutes ses relations y sont, on y va
Un dollar déposé en compte dans une banque est un autre dollar, encore moins bon que celui émis par la Fed. En fait, il est émis par un vassal, un avatar. Ce nest quun quasi dollar. Vous nêtes pas propriétaire de votre dollar, il est évanoui, vous avez simplement une créance sur la banque. Une créance qui vaut ce quelle vaut Bien peu de gens le savent, mais les nations souveraines commencent à percevoir la différence, elles!
Les pays rogues, entendez par là ceux qui refusent lordre américain, ont maintenant compris la différence quil y avait entre un dollar ici et un dollar là. Ils ont compris que lorsquils auront besoin de leur argent, on fera comme on fait avec lIran, on bloquera et saisira. On répètera autant quil le faudra les opérations de déstabilisation: ce qui sest passé dans lhistoire récente crève les yeux.
Cest non pas linflation ou lhyperinflation qui auront raison du faux Dieu-dollar, mais la géopolitique.
Un Etat rogue a toujours une opposition interne qui est prête à exprimer sa soif de démocratie moyennant subsides et honneurs. Avec de largent, de la propagande, il est aisé de faire monter cette opposition, de mettre le feu et de forcer les dirigeants rogues à intervenir contre leur peuple, voyons. Et puis il ny a plus quà dérouler: blocus, sanctions, saisies, dautant plus facile que le système bancaire mondial, jusquà ces derniers temps, était entièrement contrôlé par les Etats-Unis et leurs alliés britanniques et les TBTF aux ordres. On ne le dit pas assez, mais lIran est punie non pas pour avoir osé envisager de posséder une arme atomique, mais pour avoir osé prétendre faire régler les achats pétroliers en une autre monnaie que le dollar. Le paiement du pétrole en dollars est encore la clef de voûte de léquivalence. Cest la Grande Equivalence, pétrole égale dollar.
Cest ce quont compris les Chinois et surtout les Russes qui étudient ces scénarios et prennent les dispositions en conséquence. Un dollar ici ne vaut pas un dollar là. Le dollar nest pas et il est de moins en moins, une monnaie. Il na jamais eu et il a de moins en moins les caractéristiques de la forme « monnaie ».
Au plan intérieur, domestique, cest la même chose. Un dollar ici ne vaut pas un dollar là.
Cest pour maintenir léquivalence entre un dollar ici et le dollar là, qui est soi-disant « écrituré » dans votre compte bancaire, que les Banques Centrales créent de la monnaie Banque Centrale. Elles forcent à léquivalence fictive car, si la non-équivalence réelle venait à être découverte, ce serait le « run », le retrait des dépôts et lécroulement -prématuré- de tout le système. Ce dont ils ne veulent pas. Pas maintenant. Donc les Banques Centrales donnent de largent aux banques pour que vous ne vous aperceviez pas que ces banques nen ont pas assez, pour que vous ne sachiez pas quelles ne peuvent faire face à leurs engagements.
Cest la même chose pour le marché de gros des dépôts. Les emprunteurs banquiers qui ont besoin dargent doivent donner des gages, des collatéraux aux prêteurs, mais, comme les collatéraux quelles ont sont pourris et ne valent pas ce pour quoi ils sont inventoriés, on force à léquivalence, on dit cela vaut le pair. Et pour forcer les équivalences, on achète sur le marché, on distribue le cash par des LTRO, on fait des balances Target 2, des swaps, on prend en pension au mépris des règles prudentielles et comptables, etc.
La globalisation est lélément dominant des trente dernières années. Pourtant, bien peu se rendent compte que le monde a connu de nombreuses phases et crises de globalisation.
Lhistoire proche nous renvoie aux années 1870/80, lesquelles paraissent présenter de très grandes similitudes avec les années récentes. La dépression fut terrible. La globalisation, cest une phase dextension des équivalences. Ce qui est ici va là bas et on dit que cest équivalent ou inversement.
Les périodes de globalisation se répètent avec les mêmes caractéristiques:
- Augmentation des flux de marchandises
- Augmentation des flux financiers
- Révolution industrielle et/ou technologique
- Laxisme monétaire, taux dintérêt bas
- Innovation de la pratique des Banques Centrales qui permettent de dépasser les limites du crédit
- Augmentation des endettements de tous les agents, effets de levier
- Explosion des profits, enrichissements hors normes
- Développement sans précédent des marchés financiers
- Appétit considérable pour le risque, en particulier et de plus en plus, spéculatif
- Modernité qui tente de faire croire que ce nest plus comme avant
- Accroissement exponentiel des inégalités
Nous oublions peut-être quelque chose, mais lessentiel est là.
Le discours de la globalisation, en essentiel, cest: ici ou là bas, cest la même chose, cest équivalent. On peut fabriquer ici ou là. On peut mettre largent ici ou là, tout se vaut, bien sûr au bénéfice près que lon empoche au passage. Ce que lon produit en Chine vaut, équivaut à ce que lon produit en France ou aux Etats-Unis ou en Espagne, donc on peut faire le faire venir et empocher une coquette plus-value. Cest cela la globalisation des flux de marchandises, de services et des flux financiers. Cette équivalence généralisée est tellement sûre, assurée que lon peut, sans risque, augmenter le levier pour en tirer encore plus de profit. On joue sur du velours.
Cest le risk-on à pleines vannes, grandes ouvertes.
Et puis, un jour, sans que les responsables sy attendent, la musique cesse de jouer. Les danseurs cherchent un siège, il ny en a pas assez pour tout le monde, nest-ce pas Monsieur Prince. Sur les marchés, cest la révulsion.
Fini lappétit pour le risque, finies les aventures exotiques, fini le « ici cest comme là-bas », fini le grande règne/rêve de léquivalence généralisée. La peur sinstalle, la prudence simpose, on fuit les risques, chacun cherche à rentrer chez soi. Cest le rapatriement, la re-domestication, la préférence nationale, on rentre au bercail, bref, cest la fin dun système, rêvé, déquivalences. Ailleurs et ici, on sen aperçoit, ce nest pas la même chose.
Alors que fait-on?
Face aux reflux des capitaux, à la destruction des liquidités et de la liquidité, face à la frilosité qui gagne, on ouvre tout grand les robinets de la fausse monnaie. Elle est déjà potentiellement dévalorisée, elle létait dès avant la crise car tout reposait sur erreurs et mensonges, mais, cette fois on fait ce quil faut pour la déprécier concrètement. Pour la dévaluer et masquer le retrait des équivalences. Masquer la baisse de valeur des assets, masquer linsolvabilité des émetteurs de dettes, par leuthanasie des rentiers, on force, par défaut, à la prise de risque.
Qui fait cela? Qui a le pouvoir de faire cela? Le Centre, lémetteur de monnaie qui se prend pour le Roi, les Etats-Unis. Car, il y a une chose que lon a oubliée, passée sous silence, escamotée, cest le fait que, pour simposer comme fausse monnaie obligatoire, le dollar a été obligé de centraliser, dériger les Etats-Unis en Centre. Au niveau global, il faut faire comme on le fait dans un pays pour imposer une seule monnaie, celle du Roi. Pour imposer le dollar, les Etats-Unis sont obligés dêtre uniques et que toutes les parties du globe deviennent semblables, que tout remonte à eux. Cest cette centralisation qui les condamne à fournir de la monnaie à tout le système. Pour le soutenir, cest à dire pour soutenir le mensonge des fausses équivalences. Ainsi, la Fed est obligée douvrir les vannes pour empêcher que linsolvabilité des banques européennes ne se manifeste, Pour que lon puisse continuer à dire que les dettes souveraines européennes valent leur plein, que les euros déposés dans les banques valent autant que les euros que lon a sous son matelas.
La centralisation, dont le monarque américain a besoin pour imposer son dollar, oblige à lintervention tous azimuts, intervention monétaire, militaire, politique. De la même manière quelle conduit à lhyper-présence militaire et politique, elle oblige à lhyper-présence monétaire.
Un peu à limage de ce qui se fait en caricature actuellement en Europe: non seulement il faut payer, créer de la monnaie pour faire tenir les fausses équivalences dans les pays pestiférés, mais il faut intervenir, régenter, aller sur le terrain, imposer les réformes, il faut presque aller encaisser les impôts. Il faut tordre les bras.
Ce que nous voulons dire, cest que le dollar est mis à contribution, on sen sert trop, il suse dans sa prétention de se constituer, puis de perdurer comme monnaie. Son usage révèle de plus en plus son véritable statut qui est celui dusurpateur, de faux Dieu. Les contradictions internes minent le dollar en tant que monnaie, son usage fait quil sécarte de plus en plus de ce qui constitue le minimum vital pour être, pour tenter de passer pour une monnaie. Il est fini le temps du Dieu-dollar. Trop sollicité, il sest profanisé. Son auréole est passée, envolée. Il nest plus que ce quil est, rien de plus. Et cela, cest déjà dans lesprit des gens. Certains feront remarquer quil tient, il a cessé de baisser, nous leur répondons que cest par défaut, parce que leuro est en respiration artificielle, parce que le yen est un mort-vivant et que le yuan du parti communiste chinois ne pourra jamais devenir une monnaie.
Notre analyse fondée sur lidée que la crise est une crise des équivalences et que les pseudo remèdes constituent une tentative désespérée de les préserver, permet de comprendre que les Banques Centrales et les Gouvernements ne retirent pas du »tail risk » du système, mais quils en rajoutent. On est en train de transformer du tail risk en certitude.
En sarqueboutant, en appuyant de toutes leurs forces pour maintenir coute que coute les équivalences, ils augmentent les divergences fondamentales. Le monde nest pas en train de sunifier, cétait bon il y a trente ans de dire cela, il est entrain de se fragmenter, de se mosaïquer. La fluidité disparait, les frottements se multiplient, vulgairement dit. Partout « cela chauffe ». La folie de, coute que coute dajouter de la pseudo monnaie va conduire à la destruction de la machine même à produire de léquivalence, la machine monétaire.
Notre analyse radicale permettra de comprendre:
- Ce qui se passera lorsque la bulle obligataire mondiale souveraine et privée éclatera.
- Ce qui se passera lorsque les monnaies seront mises à lultime contribution pour soutenir cette bulle
- Ce qui se passera quand un acteur majeur, Allemagne? Chine? Décidera de ne plus jouer au jeu des équivalences, brisera les faux consensus, laissera apparaitre ce qui est derrière les illusions et lopacité des signes, à savoir le poids du Réel, de la Force, de lHistoire.
BRUNO BERTEZ Le Lundi 10 Décembre 2012
llustrations et mise en page by THE WOLF
EDITO PRECEDENT : LEdito du Lundi 3 Décembre 2012 : Lor, horizon des monnaies par Bruno Bertez (1ère Partie actualisée avec commentaires et textes adjuvants )
EN BANDE SON:
Signaler le message
FermerQui a recommandé ce message ?
FermerMes listes
Une erreur est survenue pendant le chargement de la liste
valeur |
dernier |
var. |
|---|---|---|
| 92,07 | -0,29% | |
| 8 203,43 | +0,05% | |
| 4 181,26 | -1,94% | |
| 140,15 | -10,42% | |
| 76,47 | -1,12% |
L'ensemble des analyses et/ou recommandations présentes sur le forum BOURSORAMA sont uniquement élaborées par les membres qui en sont émetteurs.
Agissant exclusivement en qualité de canal de diffusion, BOURSORAMA n'a participé en aucune manière à leur élaboration ni exercé aucun pouvoir discrétionnaire quant à leur sélection. Les informations contenues dans ces analyses et/ou recommandations ont été retranscrites "en l'état", sans déclaration ni garantie d'aucune sorte. Les opinions ou estimations qui y sont exprimées sont celles de leurs auteurs et ne sauraient refléter le point de vue de BOURSORAMA. Sous réserves des lois applicables, ni l'information contenue, ni les analyses qui y sont exprimées ne sauraient engager la responsabilité BOURSORAMA.
Forums Bourse les plus actifs
- Air France KLM
- AB Sciences
- Mint
- Celectis
- Claranova
- CGG
- Crédit Agricole
- EDF
- Europlasma
- Genfit
- Innate Pharma
- Nanobiotix
- Nicox
- Valerio Therapeutics
- Stellantis
- Poxel
- Soitec
- SoLocal
- Vallourec
- Kleaholding