« Quelle vie économique et financière après le Brexit ? » (Cercle des économistes)

le , mis à jour à 11:39
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L'Union européenne et le Royaume-Uni doivent rester en coopération étroite malgré le ''Brexit'' explique Philippe Trainar au nom de l'ensemble du Cercle des économistes.
L'Union européenne et le Royaume-Uni doivent rester en coopération étroite malgré le ''Brexit'' explique Philippe Trainar au nom de l'ensemble du Cercle des économistes.

Les 16e Rencontres Economiques d’Aix-en-Provence organisées par le Cercle des économistes viennent de se tenir du 1ier au 3 juillet. De façon prémonitoire, elles se sont interrogées sur ce que l’on attend d’un pays dans un monde de turbulences. En marge du référendum sur le Brexit, ce thème a pris toute sa valeur jusque sur les marchés et dans les entreprises.

Les différentes sessions se sont presque toutes interrogées sur la protection offerte par les institutions supranationales, européennes ou mondiales, par rapport aux nations et aux collectivités locales. Si certains y voient une source de risque plutôt que de sécurité, les discussions ont plutôt mis en valeur le rôle fondamental joué par ces institutions dans la paix en Europe et dans la prospérité des nations.  Les affaiblissements de souveraineté qui ont pu être observés ici ou là ont en général résulté de l’insuffisance des réformes structurelles, voire de l’inefficience persistante de certains choix nationaux, à l’encontre des recommandations internationales.

Mais, il est un point sur lequel les institutions supranationales ont été insuffisamment efficaces dans le passé, c’est celui de la gestion de la globalisation elle-même. La crise financière que nous connaissons depuis 2007 a ainsi mis en évidence l’insuffisante coopération entre les autorités nationales de contrôle des banques et des assurances. Le Cercle des économistes en conclut qu’il faut renforcer la coopération entre les nations, mais aussi avec la société civile, notamment avec les entreprises qui sont les forces motrices de la mondialisation et de ses bénéfices.

De façon cohérente, le Cercle des économistes plaide pour une approche coopérative du Brexit : le Royaume-Uni comme l’Union européenne, les ménages comme les entreprises, ont intérêt à une sortie qui préserve des liens fort entre les deux. Il reconnaît toutefois qu’il ne saurait y avoir une Europe unique pour tous et que, pour s’adapter aux particularités nationales, il faut accepter le principe d’une Europe à plusieurs vitesses et réserver des politiques de plus forte intégration à un noyau dur, potentiellement représenté par la zone euro.

Le Cercle propose ainsi de relancer l’Union européenne autour de quatre axes : celui de la fiscalité pour offrir aux entreprises un environnement européen attractif, celui de la gestion des frontières de l’Europe afin de s’assurer qu’elle soit effectuée dans des conditions d’efficacité optimale, celui de la recherche et de l’innovation pour retrouver une croissance suffisante de la productivité et celui de la défense et de la sécurité, avec notamment la création d’une force d’intervention rapide européenne.

On l’aura compris, cette refondation de la coopération internationale et de l’Union européenne doit reposer sur le principe de subsidiarité. Le Cercle des économistes est persuadé qu’elle ne peut réussir que si elle s’appuie sur les souverainetés nationales, trop souvent oubliées, et si elle sert leur exercice.

L’exercice de la souveraineté nationale est par définition proactif, politique et responsable. Pour ce qui concerne la France, le Cercle propose de revitaliser notre souveraineté en réformant le contrat de travail afin de le rendre plus souple que le CDI et plus protecteur que le CDD, en réformant la fiscalité de façon à ce qu’elle incite à l’épargne longue, à la prise de risque et à l’initiative entrepreneuriale, en donnant la priorité aux politiques d’éducation et de formation qui servent l’intégration économique et sociale, en instaurant une obligation d’évaluation des politiques publiques. Le Cercle des économistes est convaincu que cette complémentarité entre coopération internationale, Union européenne et souveraineté nationale est la clé de l’avenir des nations européennes.

Philippe Trainar

Philippe Trainar est membre du Cercle des économistes et Chief Economist du Groupe SCOR.

Le Cercle des économistes a été créé en 1992 avec pour objectif ambitieux de nourrir le débat économique. Grâce à la diversité des opinions de ses 30 membres, tous universitaires assurant ou ayant assuré des fonctions publiques ou privées, le Cercle des économistes est aujourd’hui un acteur reconnu du monde économique. Le succès de l’initiative repose sur une conviction commune : l’importance d’un débat ouvert, attentif aux faits et à la rigueur des analyses. Retrouvez tous les rendez-vous du Cercle des économistes sur leur site.

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  • frgillon il y a 12 mois

    Quand on pense que la souveraineté nationale sert à voter le mariage pour tous et à créer la confusion au niveau des identités féminines au nom de la loi sur l'égalité homme femme, cela laisse songeur !

  • npi6711 il y a 12 mois

    tout évolue, tout change, c'est différend, c'est pas la fin du monde...si les américains n'avait pas envahis l'Irak le monde serait différend...les décisions que les grand de se monde prennent ont des conséquences... j'espère que à l'avenir ile tiendront comptes des expériences du passé...

  • faites_c il y a 12 mois

    Malheureusement, les instances supra nationales ne sont capables que de pondre des rapports et des règlements qui n'ont pour but que d'auto alimenter des fonctionnaires que l'on engraisse sur le dos des citoyens et qui n'ont aucune valeur ajoutée au fonctionnement des nations!

  • faites_c il y a 12 mois

    "la protection offerte par les institutions supranationales, européennes ou mondiales, par rapport aux nations et aux collectivités locales." Cette phrase représente le verbiage de ce cercle de pseudos économistes! Si les institutions européenne offraient la moindre protection eux citoyens européens il y a longtemps que cela se saurait!