Pourquoi s'intéresser au crowdfunding ? Quels rendements en attendre ? Comment les gains sont-ils imposés ?

le , mis à jour le
8

Le financement participatif à but d'investissement gagne en notoriété depuis quelques mois en France.
Le financement participatif à but d'investissement gagne en notoriété depuis quelques mois en France.

Depuis quelques mois, le financement participatif à but d'investissement (crowdfunding / crowdlending) suscite l’intérêt croissant des particuliers. Pour y voir plus clair vis-à-vis de ce nouveau type de placement financier, nous nous entretenons cette semaine avec Cyril Benchimol, fondateur d’Immovesting, nouvelle plate-forme française de crowdfunding immobilier.

Imaginons que je suis un particulier jusqu’ici habitué à investir mon épargne en actions, ou en Sicav/FCP, ou simplement sur un PEL. Pour quelles raisons devrais-je m’intéresser au crowdfunding ? De quoi s’agit-il ?

Cyril Benchimol : Le crowdfunding (ou financement participatif en français) est aujourd’hui un terme très large qui désigne le fait d’associer un grand nombre de personnes qui investissent collectivement. Cet investissement peut se faire sans contrepartie (don à une association ou un artiste par exemple) ou avec contrepartie financière (prêt, investissement en capital).

L’univers du crowdfunding avec contrepartie financière connaît actuellement un très fort développement auprès des particuliers. Et ce pour une raison simple : en supprimant les intermédiaires traditionnels (banques, établissements de crédits) il permet de bénéficier de rendements plus avantageux que ceux proposés par des placements plus traditionnels.

Certaines plates-formes sont spécialisées dans le prêt aux entreprises ou aux particuliers, d’autres dans l’investissement en immobilier, et encore d’autres dans l’investissement en startup. Comment puis-je m’y retrouver en tant qu’investisseur ?

Comme je vous le disais, le terme « crowdfunding » est aujourd’hui très large et les offres sur ce marché sont désormais nombreuses. Et c’est une bonne nouvelle pour les particuliers ! Cela leur donne accès à des investissements variés. Pour faire simple, il existe aujourd’hui deux grandes familles de placements dans le crowdfunding : le prêt ou l’investissement en capital. Dans le cas du prêt, vous prêtez une somme à un particulier ou à une entreprise en contrepartie d’un taux d’intérêt donné. Pour l’investissement en capital, il s’agit de devenir actionnaire d’une entreprise qu’il s’agisse d’une startup, d’une PME ou d’une société qui réalise une opération immobilière, et ainsi de bénéficier intégralement du succès du projet.

Ces placements présentent donc naturellement des risques différents et il convient donc de se poser la question du niveau de risque qu’on est prêt à prendre. Ainsi un investissement dans une jeune startup présentera un risque plus important que l’investissement dans un actif immobilier et offrira en contrepartie un potentiel probablement plus élevé.

Enfin, au sein même de chaque famille, il est important d’étudier en détail les opérations proposées : certaines opérations immobilières sont plus risquées que d’autres et certains prêteurs sont plus sujets à ne pas honorer leurs remboursements que d’autres. Comme pour tout investissement, il faut prendre le temps de lire les documentations mises à disposition par les plateformes.

Quels sont les rendements auxquels les investisseurs peuvent s’attendre via les plateformes de crowdfunding immobilier ? Pour quelles durées ? L’argent est-il totalement bloqué pendant cette période d’investissement ?

Dans le cas d’un investissement sur une plateforme de crowdfunding immobilier, les rendements peuvent aller de 5% pour les opérations les moins risquées à environ 12% pour des opérations de promotion immobilière.

Les durées vont quant à elle de 18 mois à 5 ans en fonction de la stratégie proposée : une opération de promotion immobilière est un investissement plutôt court terme qui ne dépassera généralement pas 24 mois tandis qu’une opération de marchand de bien peut aller jusqu’à 4-5 ans environ. Dans la très grande majorité des cas, votre argent sera bloqué pendant toute la durée de l’opération.

Comment l’investisseur récupère-t-il l’argent et les gains de son investissement ? La plus-value et le principal sont-ils reversés à la fin de la durée de l’investissement, ou l’investisseur perçoit-il des rentes régulières ?

Encore une fois, cela va dépendre du type du placement retenu.

Dans le cas d’un investissement en crowdfunding immobilier, la mise de départ et les gains de l’investissement sont généralement perçus à l’issue de l’opération. Dans le cas d’une opération immobilière cela se produit lorsque le programme est commercialisé à 100% (promotion) ou que l’actif est revendu (marchand de bien).

Pour un investissement dans une startup ou une PME, cela intervient lorsque l’entreprise paie des dividendes à ses actionnaires où qu’elle est cédée à d’autres actionnaires.

Enfin, pour les investissements sous forme de prêt, les remboursements se font généralement tout au long de la durée de vie de l’investissement et la plupart du temps sur une base mensuelle.

Comment sont imposés en France les gains générés par le crowdfunding (du point de vue des investisseurs) ?

Lorsque l’investissement se fait en capital, les gains générés sont soit des dividendes soit une plus-value sur titres. Ces gains sont soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu (avec un abattement de 40 % à 50%) et à des prélèvements sociaux (15,5%). A noter que chez Immovesting, certaines opérations sont éligibles au PEA et permettent ainsi de bénéficier d’une exonération totale de l’impôt sur le revenu.

En ce qui concerne les prêts ou les obligations, les intérêts sont des produits de placement à revenu fixe et sont donc également soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu et à des prélèvements sociaux (15,5%).

Propos recueillis par Xavier Bargue

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • guerber3 il y a un mois

    En le disant en englès, on accepte plus facilement d' être dépouillé...!

  • bern1616 il y a un mois

    quand on voit soitec + de 100% ou futuren!!on va pas s'emme.der avec du 5%!

  • stricot il y a 7 mois

    A garder en tete: Les gains sont en fonction des risques, et les ratios de probabilite de faillite sont encore meconnus dans ce domaine. Le risque concretement est de perdre une grosse partie voire 100% de l'investissement. (ah je viens de voir le post de Baaze - c'est de ca que je parle)

  • syjo il y a 7 mois

    Chaine de ponzi, système à la madoff ! la finance ne vit que de çà !!

  • fquiroga il y a 7 mois

    Et le "site" ce n'est pas un intermédiaire qui se remunère ????????......candide le journaleux.

  • Baaze il y a 7 mois

    J'ai prêté de l'argent à plus de 30 entreprises depuis 3 plate-formes différentes. Une seule est actuellement en contentieux. Le risque est bien présent. En l'intégrant j'ai actuellement un rendement net d'environ 4,30%.

  • jmlhomme il y a 7 mois

    Ces opérations sont casse cou. Mieux vaut une obligation à 2% d'un groupe etabli depuis 20 ans evidemment.

  • domsko il y a 7 mois

    Refilé les patates chaudes aux autres.