Pétrole : les stocks américains explosent mais les prix restent stables

le
6

Les stocks de pétrole brut américains réaccélèrent mais les prix font de la résistance... jusqu'à quand ?
Les stocks de pétrole brut américains réaccélèrent mais les prix font de la résistance... jusqu'à quand ?

Les stocks américains de pétrole brut ont encore augmenté de 10 millions de barils la semaine dernière, d’après les statistiques de l’Energy Information Administration (EIA). Les stocks dépassent de nouveau leurs plus hauts historiques mais les prix ne décrochent pas.

Il y a un mois, une telle statistique aurait suffi à faire plonger les cours du pétrole et les marchés actions dans le rouge vif. Pourtant, cette fois, les investisseurs n’ont pas spécialement réagi à la très forte hausse hebdomadaire des stocks de pétrole américains, dévoilée mercredi soir.

Les stocks ont encore progressé de 10,3 millions de barils au cours de la semaine dernière, alors que le consensus des analystes tablait sur une hausse plus mesurée de 3,6 millions de barils.

La hausse des stocks connaît donc une nouvelle accélération qui propulse une fois de plus les réserves américaines à leur plus haut niveau historique depuis la création de cette statistique par l’EIA en 1982.

Les stocks de pétrole atteignent désormais 517 millions de barils aux Etats-Unis, alors que ce même chiffre a fluctué de manière très régulière entre 260 et 380 millions de barils pendant une trentaine d’années de 1982 à 2013 (voir détails). C’est dire si le déséquilibre actuel est flagrant par rapport aux précédentes décennies. La hausse des stocks, particulièrement spectaculaire en 2015 et symbolique de la persistance de l’excès d’offre par rapport à la demande, ne parvient toujours pas à se tarir.

Les stocks américains de pétrole brut continuent de battre de nouveaux records. Data : eia.gov. Construction du
Les stocks américains de pétrole brut continuent de battre de nouveaux records. Data : eia.gov. Construction du graphique : Boursorama.

Les prix du pétrole sont pourtant restés globalement stables à la publication de cette statistique, à la surprise générale. Il en aurait pourtant fallu moins, il y a quelques semaines, pour créer de violents mouvements de hausse ou de baisse sur le marché du pétrole.

Les cours du pétrole ont même réussi à progresser mercredi après un très bref mouvement de repli au moment de la publication. Jeudi, le soufflé retombait légèrement en cours d’après-midi. À 15h45, le pétrole WTI s’échangeait à 34,2 USD/baril (-1,44%) tandis que le Brent s’échangeait à 36,5 USD/baril (-1,46%). Malgré cela, les cours ont regagné environ 30% depuis leur plus bas du mois de janvier sur le Brent, et 20% sur le WTI.

Le rebond de ces dernières semaines a partiellement été alimenté par l’annonce, dans le courant du mois de février, du gel de la production de pétrole à son niveau de janvier 2016 de la part de l’Opep. Mais un gel des niveaux de production ne signifie pas une baisse de cette production. Tel est également le message de l’Arabie Saoudite, qui ne cesse d’afficher sa volonté de « défendre ses parts de marché » quel que soit le prix du baril.

Dans ce contexte, difficile de comprendre pourquoi les prix du pétrole ne rechutent pas significativement. Les investisseurs peuvent se réjouir de cette résistance : l’évolution des indices boursiers étant très corrélée aux variations des cours du pétrole depuis l’été dernier, l’actuelle résistance du pétrole évite une nouvelle panique boursière comme en début d’année. Attention néanmoins aux lendemains de fête douloureux : si les stocks américains continuent de progresser à ce rythme dans les semaines à venir, il est tout à fait impossible que le cours de l’or noir poursuivent leur tendance au rebond et les prix devront se réajuster.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

Retrouvez tous les articles de la rédaction de Boursorama dans la rubrique dédiée.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M3118502 il y a 11 mois

    Difficile de dire autant de choses liées à l'évolution des prix sur la base de l'évolution constatée des stocks. Si jamais une hausse du prix du pétrole était anticipée, une hausse des stocks maintenant serait une réaction rationnelle, donc à voir.

  • psion il y a 11 mois

    On peut considérer ces stocks comme des invendus ! A 30-35 $ le baril , les producteurs de pétrole de schiste perdent de l'argent et sont INCAPABLES de rembourser leurs emprunts ! Le bras de fer avec l'Arabie saoudite va continuer ! Les US sont mal partis !

  • gchevrie il y a 11 mois

    Une fois de plus les stocks ne répondent pas aux attentes . Quand la comédie de la soit-disante estimation par les US de leurs stocks va-t-elle s'arreter ; ils nous prennent pour des ....

  • DADA40 il y a 11 mois

    Les USA consomment environ 20 millions de barils par jour. Les stocks représentent donc 26 jours de consommation soit un petit mois. En France la loi dit que les réserves doivent être d'au moins 3 mois. Ils peuvent donc continuer à stocker!

  • lambe127 il y a 11 mois

    Le retour a la realite va faire mal...economie en berne, stock qui progresse de semaine en semaine etc.

  • M7173203 il y a 11 mois

    y aurait il quelques grandes banques américaines qui commenceraient avec l'accord de la FED à manipuler les cours grâce au marché à terme?? un peu comme le marché de l'or ou de l'argent... ça commence à puer sévère tout ça