Marchés : « Vendre sur rebonds » (Axa IM)

le , mis à jour à 17:23
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Les indicateurs économiques ont tendance à se dégrader et incitent les stratégistes d'Axa IM à la prudence vis-à-vis des marchés actions.
Les indicateurs économiques ont tendance à se dégrader et incitent les stratégistes d'Axa IM à la prudence vis-à-vis des marchés actions.

Depuis vendredi dernier, les marchés boursiers rebondissent après avoir lourdement chuté au cours des semaines précédentes. Pour Axa IM, il serait bon de « vendre sur rebonds » sur les marchés actions alors que le contexte global s'est récemment dégradé.

Pour 2016, « Nous baissons notre prévision de [croissance du] PIB mondial 2016 de 3,1% à 2,7% en raison de mauvais indicateurs et de la turbulence des marchés », explique l’équipe Recherche et Stratégie d’Investissement d’Axa IM dans sa dernière note de conjoncture rédigée samedi 13 février et diffusée mardi 16 février.

L’affaiblissement de la croissance mondiale à ce niveau ferait de 2016 la « pire année depuis 2009 », et ce malgré l’optimisme du FMI qui entrevoit toujours une croissance mondiale de 3,4% cette année, significativement supérieure à celle attendue par la société de gestion française.

Toujours selon les prévisions d’Axa IM, « Aux États-Unis, la croissance tomberait à 1,7% après 2,4% en 2015 et les profits baisseraient de 5%, pris en tenaille entre une très faible croissance de la productivité et la pression déflationniste mondiale ».

Un « déficit mondial de demande »

« Notre pessimisme quant à l'économie mondiale (…) repose sur le diagnostic d'un déficit mondial de demande qui ne croît pas assez vite pour absorber l'offre », alors qu'en parallèle, « le potentiel de croissance de l'économie mondiale ralentit progressivement, faute d'investissements » avancent les stratégistes.

Attention néanmoins à ne pas tomber dans l’exagération : « nous ne percevons pas de signes tangibles de risque de récession mondiale, ni n’anticipons une chute de croissance en Chine à ce stade » évoque la société de gestion.

La dégradation de la conjoncture mondiale pourrait néanmoins inciter les banques centrales à rester très accommodantes cette année. « Les politiques monétaires seront plus actives que prévu : la Fed ne relèvera pas ses taux avant la fin de l’année, la BCE, la BoJ et la BPC étendront leurs actions non conventionnelles » affirme de manière tranchante Axa IM, bien qu’il ne s’agisse que d’hypothèses.

La société de gestion affiche clairement sa prudence face à la récente dégradation de l’environnement des marchés, aussi bien du côté des actions que des obligations. « Même si les actions et le HY [« High Yield », obligations à rendement élevé et risque élevé] nous paraissent survendues, nous réduisons notre exposition à ces actifs à "sous-pondéré"  à moyen terme ».

Sans doute rassurée un minimum par l’actuel plan de rachats d’actifs de la BCE, Axa IM reste un peu plus optimiste sur les emprunts souverains de la zone euro : « Neutres sur les Bunds [emprunts allemands très peu risqués mais très peu rémunérateurs], nous sommes positifs sur les [emprunts des pays] périphériques ».

« Vendre sur rebonds »

« Dans un monde (…) où les banques centrales luttent seules contre le risque de déflation sans soutien des politiques budgétaires, les rendements obligataires devraient rester faibles - sans forcément être inférieurs aux niveaux actuels. Les actifs risqués, actions et obligations d’entreprises ou souveraines de faible qualité, continueront à souffrir, même si les injections de liquidité peuvent les aider de temps à autre », envisagent les stratégistes d'Axa IM.

Sur les marchés actions, les stratégistes de la société de gestion parlent de « vendre sur rebonds », avant de détailler : « En octobre/novembre, nous avions réduit notre pondération actions à Neutre. Nous remontons les actions à surpondéré à court terme, et les ramenons à sous-pondéré à plus long terme ». Ceci correspondrait à l’idée d’un rebond des marchés actions à court terme, mais d’un retour des difficultés par la suite.

Justifiant son anticipation d’un rebond à court terme, qui est en train de se réaliser depuis vendredi dernier, la société de gestion explique : « Nous pensons que les marchés ont excessivement réagi à la mauvaise conjoncture économique (…). En outre, certains de nos indicateurs à court terme indiquent que les actions sont survendues (…). Par le passé, ce genre de signal a été suivi dans les trois mois suivants d’un rebond de 5 à 10%, avec seulement un faux signal sur douze, en janvier 2008 ».

Vers un baril à 35 USD en moyenne cette année

Concernant les éléments macroéconomiques auxquels les investisseurs devraient rester attentifs, « Nous misons sur un baril à environ 35 USD en moyenne » en 2016 avance la société de gestion, signifiant globalement une absence de rebond des cours de l’or noir cette année par rapport à leurs niveaux actuels. Les stratégistes d’Axa IM ne s’en inquiètent pas : « Autour de notre prévision, les risques s’équilibrent entre l’impact de la baisse des actions et l’allègement des factures énergétiques ».

En revanche, « Des risques plus systémiques doivent être suivis : Brexit, changement de politique en Chine, effets indésirables de la régulation financière en Europe ».

D’autres éléments macroéconomiques ont déjà déçu depuis le début de l’année : « les signes de faiblesse ont été confirmés en Chine, dans les marchés émergents, aux États-Unis, et dans une moindre mesure, en Europe et au Japon » évoque la société de gestion, faisant allusion, sans les citer avec précision, à divers indicateurs économiques conjoncturels ressortis inférieurs aux attentes depuis le début de l’année.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • jpoche il y a 11 mois

    financiers ou pas, les analystes ils savent mieux vous dire le temps qu'il a fait, force commentaires à l'appui, que celui qu'il fera...

  • SM7 il y a 11 mois

    Et acheter sur Crack, facile la bourse !

  • monjohn il y a 11 mois

    @dcabon: C'est normal, vous en feriez autant. Par contre s'il a raison, plume à son chapeau...

  • M7530382 il y a 11 mois

    ....PIERRE DAC aurait fait un sacrément bon analyste financier...et meme spécialiste economique.......enfin il me semble...

  • M7530382 il y a 11 mois

    ....et je dirai meme mieux: "Comment voulez-vous que la demande mondiale croisse dans un marché où seule la compétitivité des entreprises (baisse des prix de revient donc de la rémunération du travail) permet d'accorître"SEULEMENT" la rémunération du capital: Ca ne peut pas marcher!".....

  • M7530382 il y a 11 mois

    ..donc si je résume ca risqué d'aller plus mal mais pas trop sauf si ça va un peu mieux en attendant que ça re aille plus mal avant de re aller un peu mieux ..dans un temps plus ou moins long....bon alors ca va j ai tout compris...impeccable merci messieurs...

  • M7530382 il y a 11 mois

    ...pétrole à 35.....bon ben la planète aussi attendra ...si j'ai bien compris....

  • M7530382 il y a 11 mois

    ...en tout cas pour les 3200 je vais encore etre obligé d'attendre.....ça ne baisse vraiment pas vite....surtout quand ça remonte betement....

  • raoul.ve il y a 11 mois

    Comment voulez-vous que la demande mondiale croisse dans un marché où seule la compétitivité des entreprises (baisse des prix de revient donc de la rémunération du travail) permet d'accorître la rémunération du capital: Ca ne peut pas marcher!

  • jmlhomme il y a 11 mois

    Quelle prétention ces conseillers.... Quand tout dépend aujourd'hui de la qualité des entreprises mais des logiciels de surveillance et des ententes des grands fonds. Des YOYO de plus de 10 % sur 2 mois c'est franchement ridicule surtout actuellement sur le Front Européen.