Marchés : quelles stratégie pour 2016 ? (SSGA)

le , mis à jour le
4

Frédéric Jamet, directeur de la gestion France chez State Street Global Advisors.
Frédéric Jamet, directeur de la gestion France chez State Street Global Advisors.

Les principaux indices boursiers européens devraient terminer l'année 2015 en territoire positif, mais les indices américains auront réalisé une année neutre. Quelles sont désormais les perspectives pour 2016 ? C'est à ce sujet que nous nous entretenons avec Frédéric Jamet, directeur de la gestion France chez State Street Global Advisors (SSGA).

Pour vous, quel bilan peut-on tirer de l’année 2015 sur les marchés financiers ? Cette année a-t-elle plutôt été celle du QE de la BCE, ou celle de la « crise des émergents » ?

Le bilan de l’année 2015 se traduit plus par la crise des émergents que le QE de la BCE. Pour les émergents, nous avons eu des doutes sur la croissance chinoise, l’effondrement du pétrole, qui ont entrainé à leur tour l’effondrement des devises et des désinvestissements. L’action de la BCE s’est certes traduite en partie par la baisse de l’euro et par un positionnement positif des portefeuilles sur les actions européennes, mais à l'échelle globale ont retiendra surtout les premiers éléments.

La remontée des taux directeurs américains, débutée mi-décembre, marque-t-elle la fin du potentiel d’appréciation des actions américaines pour les années à venir ?

La remontée des taux va être d’abord très prudente et progressive. Cependant les actions américaines sont maintenant effectivement plutôt chères.

Avec des actions américaines davantage sous pression, peut-on vraiment attendre une hausse significative des marchés européens par le simple effet de la BCE et de la baisse de l’euro ?

Les actions européennes apparaissent effectivement comme peu chères et pouvant profiter de la BCE, de l’euro, et de la baisse du pétrole.

Beaucoup de spécialistes estiment que le prix des matières premières devrait rester très bas en 2016, notamment en ce qui concerne le pétrole. N’est-ce pas un risque majeur pour des pays comme la Russie, le Brésil ou même les Etats-Unis, grands producteurs et/ou exportateurs ?

L’offre très élevée de pétrole devrait maintenir un prix bas. C’est effectivement un risque, probablement plus pour un pays comme l’Arabie Saoudite lié au dollar que pour la Russie ou le Brésil, dont la devise peut s’ajuster et qui sont moins dépendants du pétrole, ou les Etats-Unis qui sont probablement plutôt bénéficiaires des faibles prix du pétrole (sauf sur le secteur énergie).

En somme, quels sont vos choix d’investissement privilégiés pour l’année 2016 ?

Nos choix : stratégie prudente et flexible sur l’allocation d’actifs compte tenu des nombreuses sources de risque, surpondération des actions européennes notamment cycliques et petites capitalisations, sous-pondération des actions américaines qui doivent être investies en actions défensives, sous-pondération des actions émergentes, sous-pondération des obligations d’état au profit des obligations crédit et high yield.

Propos recueillis par Xavier Bargue

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • yoko12 le mardi 29 déc 2015 à 14:34

    d'accord avec sardinO et b.new: c'est encore moins le moment de toucher aux high yield (s)

  • b.new le mardi 29 déc 2015 à 10:04

    D'accord avec vs pour le grand bal des defauts ; fin des contrats a terme sur le petrol et le gaz => effondrement des chiffres d affaires.L'auteur devait penser a une autre type de high yield : pas celui des petites petrolieres americaines.

  • sardin0 le lundi 28 déc 2015 à 20:50

    sur-pondération obligations hight yield ?? waou..il veut nous refourguer son papier pou rri le monsieur ? en 2016 : pas touche au hight yield ! les petites pétrolières US vont débuter le bal des défauts..

  • tchazard le lundi 28 déc 2015 à 18:55

    effondrement deflationniste mondial.