Marchés : les trackers dépassent les hedge funds

le , mis à jour à 16:23
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Les trackers draînent désormais davantage de capitaux que les hedge funds.
Les trackers draînent désormais davantage de capitaux que les hedge funds.

À la fin du premier semestre 2015, la capitalisation boursière des trackers (ETF) a dépassé de peu, pour la première fois, les sommes gérées par les hedge funds.

L’industrie des trackers n’en finit plus de croître. Avec 2.971 milliards de dollars investis dans ces produits, contre 2.969 milliards dans des hedge funds (en termes d’actifs totaux sous gestion), les trackers s’affirment comme une solution d’investissement de plus en plus prisée.

Cette évolution est aussi symptomatique de la mutation progressive du monde de la gestion d’actifs. En 2007, juste avant la crise de 2008, les sommes investies sur les trackers ne représentaient même pas la moitié de celles investies dans les hedge funds (800 milliards de dollars contre 1900 milliards environ).

Ces chiffres montrent surtout que la gestion dite « bêta » continue de concurrencer toujours plus durement la gestion dite « alpha » depuis la crise financière de 2008. Explications.

Que sont les trackers et les hedge funds ?

Pour rappel, les trackers (ou ETF pour « Exchange Traded Funds ») sont des produits financiers qui ont pour but de répliquer les variations d'un indice ou d'une matière première, par exemple. Les trackers indiciels, très répandus, fonctionnent comme des « paniers d’actions », permettent aux investisseurs d’« acheter un indice » (c’est-à-dire l’ensemble des actions qui composent un indice). Ceci évite aux investisseurs de choisir une par une les valeurs de leur portefeuille, tout en captant la performance globale d’un indice boursier, aussi bien à la hausse qu’à la baisse.

De leur côté, les hedge funds sont au contraire des entreprises cherchant à se démarquer des grands indices boursiers. Chaque hedge fund a ainsi sa propre stratégie de gestion. Leurs profils sont très divers, allant des plus spéculatifs (fortes prises de risques visant un potentiel de rémunération élevé) aux plus prudents et diversifiés (gestion alternative), en passant par la gestion algorithmique (trading haute fréquence).

Gestion « bêta » contre gestion « alpha »

Comparer les sommes investies dans les trackers à celles investies dans les hedge funds a ceci d’intéressant que ces deux types d’investissements représentent une approche du marché très opposée.

L’investissement sur des trackers part souvent de l’idée qu’il est vain d’essayer de battre la moyenne du marché. L’investisseur qui choisit d’acheter ces produits cherche à reproduire les variations globales du marché : il élimine ainsi volontairement les risques propres au parcours boursier de chaque entreprise individuelle. Cela évite également de suivre chaque valeur indépendamment. Les trackers sont ainsi désignés sous le terme de « produits de gestion bêta », en référence à la théorie économique dans laquelle le « coefficient bêta » d’un actif représente la volatilité de son cours par rapport à la moyenne du marché. Un tracker « classique », qui suit exactement les variations d’un indice, a un coefficient bêta égal à 1. Un tracker « à effet de levier x2 » a un coefficient bêta de 2.

L’investissement dans les hedge funds part au contraire de l’idée qu’il est possible de battre la moyenne du marché en adoptant une stratégie définie, ou de réaliser des performances régulières indépendantes de la volatilité du marché (gestion alternative). Dans tous les cas, les idées de « stock picking » (pour les actions), et d’allocation entre différentes classes d’actifs, sont essentielles dans ce type de métier. On parle ainsi plutôt de « gestion alpha », l’alpha représentant dans la théorie économique la « création de valeur » qu’apporte un gérant d’actifs grâce à la qualité de son expertise.

Le fait que les trackers représentent désormais autant que les hedge funds en termes d’actifs sous gestion soutient ainsi l’idée selon laquelle la « gestion bêta » prendrait progressivement le pas sur la « gestion alpha ». La crise de 2008 a notamment donné aux investisseurs le sentiment que les performances des gérants, dans leur ensemble, ne seraient pas forcément meilleures que celles de la moyenne du marché. Dans ce contexte, certains investisseurs peuvent préférer suivre la moyenne du marché avec des trackers, au lieu de payer des frais supplémentaires à une société de gestion (ou à un hedge fund). Néanmoins, chaque année, des gérants s’illustrent par la qualité de leurs performances financières : certains investisseurs continuent ainsi de chercher les meilleurs fonds pour placer leur argent, sans forcément se reporter vers les trackers.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • dotcom1 le vendredi 24 juil 2015 à 16:00

    Autre avantage, il n'y a pas de taxe sur les transactions financières sur les ETF. Ca de moins à filer au fisc.

  • frk987 le vendredi 24 juil 2015 à 11:37

    De plus vous avez des trackers bear qui vous permettent de jouer la baisse, sans se faire ... avec de la vade sur le SRD, vous avez des trackers à levier, sans levier.....etc....Comme pour l'agriculture, la fermette de 30 ha c'st fini, comme les sicavs maison des banques......

  • frk987 le vendredi 24 juil 2015 à 11:31

    Ni droits d'entrée ni droits de sortie, seulement le barème de votre banque d'achat/vente d'actions, cela vous évitera d'avoir 40 lignes d'actions.....pour recomposer le cac 40 !!! MDR, les trackers sont apparus vers 2000, et l'on semble découvrir leurs vertus 15 ans plus tard !!!!! Les banques font bien leur boulot, je vois, pour taire cet outil indispensable.

  • frgillon le jeudi 23 juil 2015 à 18:37

    Il n'y a pas de droits d'entrée sur les trackers.

  • frk987 le jeudi 23 juil 2015 à 17:56

    Lors de l'apparition des premiers trackers j'ai été le seul à dire que les pour sicavs maison des banques c'était fini. Que n'ai je entendu comme injures, ben ...nous y voilà, AUCUN gérant ne superforme un indice, alors...autant acheter l'indice par le biais d'un tracker. Surtout que comble d'humour un tracker sur le Dow-Jones est éligible PEA.....z'ont tout compris nos politicards, les rois de la Bourse !!!