Marchés : le pessimisme est excessif vis-à-vis de la Chine et des émergents (Fidelity)

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Les investisseurs se sont inquiétés du ralentissement de l'industrie chinoise en oubliant les autres points forts du pays, affirme Fidelity.
Les investisseurs se sont inquiétés du ralentissement de l'industrie chinoise en oubliant les autres points forts du pays, affirme Fidelity.

Pour Fidelity, les craintes latentes sur le ralentissement chinois sont exagérées. La société de gestion reste néanmoins prudente, notamment en ce qui concerne les valeurs financières de l’Empire du Milieu. L’optimisme reste de mise à moyen et long terme.

Il est clair que l’on assiste à « un déclin de la croissance chinoise », reconnaissait Fidelity jeudi 1er octobre lors d’une conférence donnée à Paris. La société de gestion estime que la croissance du pays est actuellement « inférieure à 6% », sans donner davantage de précisions. On est en tout cas en-dessous des 7% toujours officiellement affichés par les autorités chinoises.

Néanmoins, rappelle la société de gestion, cette croissance plus faible a au moins l’avantage d’être plus « viable » pour les prochaines années, avec le développement des services et de la consommation intérieure. Ainsi, les investisseurs auraient excessivement paniqué cet été alors que les fondamentaux chinois sont plutôt en train de s’affermir que de s’effondrer.

« L’entrée dans la "nouvelle économie" est bel et bien engagée [en Chine] : l’indice PMI manufacturier indique clairement une baisse de l’activité en Chine, mais l’indice PMI des services révèle que l’activité au sein du secteur continue de croître. Même si la Chine n’enregistrera peut-être plus jamais le rythme soutenu de sa croissance au cours des deux dernières décennies, le pays n’est toutefois en aucun cas à la veille d’un effondrement systémique », affirme la société de gestion.

Trop de pessimisme sur la Chine

« Je n’ai jamais vu les gens être aussi négatifs sur la Chine », observe Catherine Yeung, directrice des investissements actions chez Fidelity, basée à Hong-Kong. Pour elle, cette situation est très exagérée, et laisse d’importantes « opportunités pour acheter » suite à la chute des marchés chinois au cours de l’été.

Attention néanmoins aux paris hasardeux. Certes, relève Catherine Yeung, les valeurs financières chinoises ont été durement touchées dernièrement, entraînées par les effets de panique de l’été. Néanmoins, la directrice des investissements explique que, pour Fidelity, il est encore trop tôt pour revenir vers ces valeurs alors que « le désendettement [deleveraging] du secteur financier chinois est nécessaire » pour une meilleure stabilité de ces entreprises.

Facteurs de soutien

De manière plus enthousiasmante, Fidelity relève un certain nombre de raisons de garder confiance vis-à-vis de la trajectoire de l’économie chinoise et de ses marchés financiers.

« On sait que la consommation et les services prennent de l’importance en Chine. Il faut donc s’intéresser au consommateur chinois », affirme Catherine Yeung. Autrement dit, le ralentissement de l’industrie chinoise pourrait être compensé par la résistance de la consommation des ménages.

Du côté des marchés, la société de gestion explique : « De nombreux investisseurs ont été déçus par la façon dont le gouvernement avait pris les choses en main suite à l’éclatement de la bulle des actions de catégorie A. Des erreurs de politique ont été commises. Mais, des signaux prometteurs ont été récemment envoyés par les autorités (sous la forme notamment de la baisse des taux d’intérêt et du ratio des réserves obligatoires), lesquelles semblent désormais plus prédisposées à laisser les marchés actions chinois trouver un point de stabilisation naturel ». Par ailleurs, « la politique monétaire peut encore être assouplie afin d’assurer une transition harmonieuse et en douceur de l’économie », estime Fidelity.

Enfin, l’Asie profite plus généralement des faibles prix du baril. La Chine, comme de nombreux pays voisins jusqu’à l’Inde, sont importateurs de pétrole. Ainsi, la stabilisation du baril aux alentours des 50 dollars, voire un peu moins, est une opportunité pour soutenir la consommation et la compétitivité des produits de la région. Si l’information n’est pas nouvelle, il est bon de la rappeler dans le cadre des inquiétudes latentes sur la croissance de ces pays.

Une nouvelle « crise asiatique » ? Bien au contraire…

Plus largement, le ralentissement incontestable mais difficile à estimer de l’activité industrielle chinoise a récemment provoqué des doutes vis-à-vis de la santé de l’ensemble du monde « émergent ». Or, pour Fidelity, la situation est non seulement loin du « krach asiatique » de 1997, mais surtout, le scénario de croissance de ces pays n’est pas remis en cause à moyen et long terme.

Concernant tout d’abord la différence avec la crise de 1997, celle-ci est simple : en 1997, la crise fut principalement monétaire, alors que de nombreux pays émergents asiatiques avaient arrimé leur monnaie au dollar, avec un change fixe intenable sur le long terme. D’où une crise violente lorsque la parité avait dû être abandonnée. De nos jours, les doutes concernent plutôt le rythme de croissance à court terme de ces pays.

Pour Fidelity, ces doutes restent purement conjoncturels et n’entrainent pas une remise en cause des perspectives de croissance futures. La société de gestion affirme : « les différents points forts de chacun [des pays émergents asiatiques] vont se combiner et être à l’origine de l’une des principales sources de la croissance économique régionale et mondiale : l’explosion de la classe moyenne en Asie ».

La question reste en débat alors que d'autres économistes adoptent un point de vue plus négatif sur la thématique chinoise et émergente.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • Kec2015 le vendredi 2 oct 2015 à 08:36

    une dérive de l'engouement vers la finance est crainte et c'est normal, néanmoins la production et la consommation est bonne

  • boursetf le jeudi 1 oct 2015 à 18:17

    Www.BOURSTROPFACILE.com | Génial pour comprendre la bourse et l'économie

  • SM7 le jeudi 1 oct 2015 à 15:47

    Ce n'est pas ce que dit Véronique Riches-Flores, qui croire ?