Les prévisions de croissance 2015 sont contrastées en Europe, bien qu'en légère amélioration

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Les prévisions de croissance pour 2015 (Commission européenne).
Les prévisions de croissance pour 2015 (Commission européenne).

La Commission européenne publiait jeudi 5 novembre ses prévisions de croissance pour l’ensemble des pays de l’UE. Les évolutions restent contrastées mais la tendance globale a été revue à la hausse avec +1,6% de croissance prévue cette année en zone euro.

La Commission européenne affiche sa confiance en ce qui concerne l’évolution de l’économie européenne, malgré les risques persistants de ralentissement des pays émergents et de réduction du rythme de la croissance mondiale.

« Sur le plan monétaire, l'impact du programme d'assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne (BCE) sur les marchés financiers est important et contribue à faire baisser les taux d'intérêt et à renforcer les perspectives d’une amélioration des conditions de crédit. Ensuite, compte tenu de son orientation globalement neutre – ni resserrement, ni relâchement – dans l'UE, la politique budgétaire soutient également la croissance. Enfin, la poursuite des réformes de structure et le plan d'investissement pour l'Europe devraient aussi finir par porter leurs fruits », commente l’institution.

La croissance de l’année en cours devrait ainsi atteindre +1,6% en zone euro et +1,9% dans l’ensemble de l’UE à 28 selon la Commission. Les perspectives 2016 et 2017 reflètent toujours l’attente d’une progressive amélioration de la situation économique avec respectivement +1,8% et +1,9% de croissance attendue en zone euro (+2,0% et +2,1% attendus pour l’ensemble de l’UE grâce au Royaume-Uni).

Evolutions contrastées

En France, les perspectives évoluent peu, la croissance attendue en 2015 restant à +1,1%. La Commission européenne reste paisiblement optimiste pour la suite, avec des prévisions 2016 et 2017 à +1,4% et +1,7%.

Les prévisions concernant l’Allemagne ont été marginalement revues à la baisse, la croissance attendue cette année devant finalement atteindre 1,7% contre 1,8% attendu auparavant. L’Irlande reste le pays le plus dynamique avec une croissance spectaculaire de 6% attendue cette année, tandis que la Grèce devrait retrouver le chemin de la récession (-1,4% sur l’ensemble de l’activité économique).

La récession grecque n’est pas vraiment une surprise suite à la crise traversée par le pays au cours de l’été, ayant mené au contrôle des capitaux dans le pays et donc à un relatif ralentissement des activités économiques. Le sort de la Grèce reste préoccupant alors que le pays n’aura connu qu’une maigre croissance de 0,8% en 2014 avant de replonger en récession cette année.

Les déficits publics peinent à se réduire

Les déficits publics, pour leur part, devraient continuer de s’accroître dans tous les pays européens à l’exception de l’Allemagne et de l’Estonie (en excédent budgétaire) ainsi que du Luxembourg (à l’équilibre budgétaire).

Les déficits publics vont continuer de dépasser le seuil théoriquement maximal de 3% du PIB dans de nombreux pays, y compris en France où le déficit devrait atteindre cette année 3,8%. Le chiffre reste en amélioration par rapport à l’an dernier, où le déficit public français avait atteint 4% selon l’Insee.

Le Royaume-Uni, l’Espagne, la Grèce et la Croatie devraient enregistrer un déficit supérieur à 4% de leur PIB cette année. La situation économique de ces différents pays est pourtant peu comparable.

Le Royaume-Uni conserve un très fort déficit qui lui permet, en contrepartie, de connaître une croissance économique robuste. L’Espagne, comme la France, ne parvient pas à réduire son déficit structurel depuis de nombreuses années, mais le pays a l’avantage de voir ses problèmes économiques se résorber, avec un chômage en diminution régulière (mais qui reste élevé avec 21% de la population active concernée par ce phénomène).

La Grèce se retrouve de nouveau dans une situation de fort déficit alors que le pays avait réussi à réaliser de grands efforts dans ce domaine l’an dernier. Le déficit grec reste cependant relativement faible par rapport aux chiffres des années 2009-2013 où le déficit public avait chaque année été supérieur à 9% du PIB.

La Croatie, entrée dans l’UE en 2013 et dont on parle peu dans les grands médias, devrait enregistrer le plus fort déficit public de l’UE cette année en proportion de son PIB (-4,9%). Le pays enchaînait l’an dernier sa sixième année consécutive de récession économique, mais devrait enfin enregistrer une année de croissance en 2015 avec une activité économique en hausse de +1,1% selon les prévisions de la Commission européenne.

Le déficit public prévisionnel dans l'UE à 28 .
Le déficit public prévisionnel dans l'UE à 28 (Commission européenne).

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • gendrefr le vendredi 6 nov 2015 à 12:26

    lorant21: vous oubliez la g.b. qui se trouve derriere la france pour le deficit alors que nous payons comme même la modique somme de 23 milliards d'euros de cotisation à u.e.

  • lorant21 le vendredi 6 nov 2015 à 12:03

    La france combine fort déficit et faible croissance... le pays malade de l'Europe.. avec la Grèce.