Les marchés européens, pénalisés de toute part, terminent dans le rouge vif

le , mis à jour à 18:15
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Lourde chute des indices européens jeudi 3 décembre 2015.
Lourde chute des indices européens jeudi 3 décembre 2015.

Les marchés européens ont souffert jeudi 3 décembre. Après la conférence de Mario Draghi ayant provoqué une première chute des indices européens, une seconde vague de baisse s’est déclenchée suite aux propos de Janet Yellen et à des indicateurs américains jugés décevants.

Certaines séances boursières laissent peu de répit aux opérateurs de marché, et celle du jeudi 3 décembre en est un bon exemple. En France, le CAC40 a clôturé en nette baisse de 3,58% à 4.730 points, exactement comme le Dax allemand, qui a également chuté de 3,58% à 10.789 points.

L’indice parisien, après un rallye en matinée, n’a cessé de dégringoler au cours de l’après-midi. Perturbés à la mi-séance par une fausse information du FT laissant les investisseurs dans l’incompréhension, puis lourdement impactés par la déception des opérateurs vis-à-vis des annonces de Mario Draghi en conférence de presse, les marchés boursiers européens ont néanmoins tenté un rebond technique entre 14h50 et 15h20.

Les investisseurs ont été déçus du fait que Mario Draghi n’annonce pas une hausse des montants mensuels de rachats d’actifs dans le cadre de la révision du plan de « quantitative easing » actuellement mené en zone euro par la Banque Centrale européenne.

« C’est très brutal comme réaction de marché » commente Alexandre Baradez, analyste chez IG France. « Il y a eu de bonnes choses dans les annonces de Mario Draghi, mais c’est vraiment la déception qui domine (…). L’annonce de l’achat de dettes régionales est plutôt une bonne chose, mais c’est vraiment très en-deçà des attentes ».

Second impact : Janet Yellen et indicateurs américains

Le rebond opéré jusqu’à 15h20 a été de courte durée : les marchés sont ensuite repartis en baisse, pénalisés par les propos de Janet Yellen, présidente de la Fed, et par divers indicateurs économiques américains peu convaincants.

« Janet Yellen a donné un nouveau speech à 16h accompagné d’un communiqué de la Fed, où elle réitérait ses propos de la veille confirmant une très probable hausse des taux de la Fed en décembre », explique Alexandre Baradez. Or, « fondamentalement, cette hausse des taux n’est pas une bonne nouvelle pour les marchés actions ».

« Janet Yellen a expliqué que plus les taux tarderont à remonter, plus les effets risquent d’être brutaux. Cela laisse donc peu de doutes sur ses intentions à court terme ».

Par ailleurs, des indicateurs économiques mitigés aux Etats-Unis sont venus parachever cette prudence des opérateurs de marché en cours d’après-midi. À 16h, l’indice ISM non-manufacturier de novembre est ressorti inférieur aux attentes, à 58,2 points contre 60,2 attendus. Le moins précédent, l’ISM non-manufacturier avait atteint 63,0 points.

Alexandre Baradez relativise : « en revanche, les commandes à l’industrie américaine sont reparties à la hausse en octobre, à +1,5% alors qu’elles s’étaient contractées de -0,8% en septembre ». Mais les analystes avaient correctement anticipé ce chiffre : le consensus de place tablait sur une hausse de 1,4% des commandes à l’industrie.

Plus de catalyseurs haussiers à court terme

Si le marché baisse tant jeudi, c’est aussi à cause du sentiment d’un manque d’éléments susceptibles d’orienter les marchés à la hausse dans les prochains jours et semaines, explique Alexandre Baradez.

« Il faudrait un catalyseur pour que le marché puisse repartir rapidement à la hausse, mais on n’en voit plus à court terme. Dans les semaines à venir, les investisseurs devraient désormais avoir les yeux rivés vers la Fed et sa prochaine hausse de taux ».

La décision de la Fed sur ses taux est attendue le 16 décembre prochain à 20h.

Jusqu’à cette date, « il y a assez peu de relais potentiels pour un rebond », estime Alexandre Baradez. « Dans les jours à venir, je vois bien un CAC retomber vers 4.600 points, ou 4.650. Tout le rallye boursier opéré depuis octobre devrait être effacé », ajoute-t-il, ce rallye ayant été déclenché par les préannonces de Mario Draghi lors de sa précédente conférence de d’octobre. Selon l’analyste, « le marché avait mis la barre trop haut ».

Pas de panique à moyen terme

Malgré tout, « il faut voir au-delà de ça », explique Alexandre Baradez. « À moyen terme, il y a des raisons de rester optimiste. L’inflation devrait progressivement remonter en Europe », alors que l’effet déflationniste de la baisse du pétrole va progressivement disparaître par un simple effet de base. « C’est aussi pour cela que la BCE n’a peut-être pas jugé utile d’augmenter les montants mensuels de rachats d’actifs. De même, le chômage s’améliore globalement en Europe selon les derniers chiffres. C’est une bonne chose ».

Les fondamentaux économiques de la zone euro sont donc en voie d’amélioration, et cela pourrait finir par payer. « Mon scénario à cinq mois reste très positif », affirme Alexandre Baradez. Selon lui, malgré la très mauvaise séance de jeudi et d’éventuelles mauvaises séances à venir, « la tendance de fond reste haussière ».

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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