Le pétrole en déroute pousse les marchés européens dans le rouge

le , mis à jour à 18:30
9

Les journées se suivent et se ressemblent pour les cours du pétrole, qui chutent inexorablement.
Les journées se suivent et se ressemblent pour les cours du pétrole, qui chutent inexorablement.

Les prix du pétrole perdaient encore 3,2% à 4% lundi 11 janvier au moment de la clôture des marchés européens. Ces derniers, qui avaient bien résisté à une rechute de Shanghai en matinée (-5%), ont finalement terminé dans le rouge. Le CAC40 perd 0,49% et limite la casse.

Nouvelle séance de chute pour les prix du pétrole. Les barils de Brent et de WTI sont tous deux passés sous les 32 dollars lundi 11 janvier dans une séance très volatile. Après avoir alterné en matinée les passages dans le vert et dans le rouge, les prix de l’or noir ont rechuté à partir de 16h30 environ.

Le WTI américain est venu toucher un nouveau point bas depuis plus d’une décennie à 31,5 dollars le baril, alors que le Brent de Mer du Nord est venu chercher vers 17h30 les 31,7 dollars le baril.

Le mouvement baissier est largement spéculatif, en l’absence de nouvelles tangibles pouvant précisément expliquer ce phénomène. La chute s’inscrit néanmoins dans une période toujours aussi tendue autour des perspectives de l’économie chinoise, et notamment du secteur industriel de l’Empire du Milieu.

La bourse chinoise a encore perdu 5% lundi, l’arrêt des mesures de suspension de cotation employées la semaine dernière n’ayant donc pas changé la donne pour les investisseurs chinois, toujours extrêmement nerveux en ce début d’année.

Cette énième chute du pétrole a entraîné la bourse de Moscou en forte baisse (-5% pour l’indice RTS, à 700 points) alors que les craintes se ravivent également sur la dévaluation du rouble. La monnaie russe continue de perdre progressivement de sa valeur face au dollar depuis le mois de novembre. À 75 rouble pour un dollar lundi 11 janvier, la monnaie russe vaut désormais moins que lors du pic de crise de décembre 2014, qui avait fait couler beaucoup d’encre.

En Europe occidentale, les indices boursiers ont terminé en baisse limitée, à l’instar du CAC40 français, qui a plié dans les derniers échanges pour terminer en baisse de 0,49%, malgré une séance largement passée en territoire positif. Le Dax allemand a perdu 0,25% tandis que le FTSE 100 britannique a perdu 0,69%. L’Ibex espagnol a également perdu un peu de terrain, avec une modeste baisse de 0,26%, alors que le FTSE MIB milanais a lâché 0,57%.

Seules Amsterdam et Bruxelles sont parvenues à résister au mouvement baissier, la première terminant sur une timide hausse de 0,12% et la seconde à l’équilibre.

Les valeurs liées à l’activité d’extraction pétrolière étaient encore massacrées lundi. En France, Vallourec (-6,59%), célèbre pour ses tubes en acier sans soudure à destination du marché pétrolier, poursuit une série noire depuis la semaine dernière, et perd déjà plus de 23% depuis le début de l’année 2016. CGG (-3,73%) perd pour sa part 13% depuis le début de l’année, alors que Maurel & Prom (-4,38%) perd 19% depuis le début de l’année. Technip (-1,45% lundi, -16% en cumulé) suit la tendance alors que Total (à l’équilibre aujourd’hui) fait figure de bon élève avec une baisse de « seulement » 9% depuis le début de l’année.

Les spéculations vont bon train sur une éventuelle poursuite de la tendance baissière du pétrole, et l’anticipation a priori hasardeuse de Goldman Sachs datant de septembre dernier, à propos d’un « baril à 20 dollars », était largement commentée lundi. Pour l’instant, c’est surtout la barre des 30 dollars le baril qui commence à être regardée avec beaucoup de nervosité par les investisseurs.

La sphère financière a clairement intégré l’idée que la baisse des cours du brut est un risque majeur pour les pays émergents qui vivent de l’exploitation du pétrole, ce qui pourrait se répercuter sur les perspectives de croissance mondiale à court terme. Ce sujet est très sensible depuis l’été dernier. La seconde question que pose la chute des prix du pétrole est la gestion de la dette des entreprises de ce secteur, qui ne sont généralement plus rentables aux niveaux actuels des cours du brut.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

Retrouvez tous les articles de la rédaction de Boursorama dans la rubrique dédiée.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • mlemonn4 le mardi 12 jan 2016 à 10:20

    Autre commentaire: il est vrai qu'à la pompe cela ne baisse pas autant et aussi vite que cela devrait ! Les perdants sont toujours les contribuables consommateurs; quelque soit la situation économique, nos technocrates de l'Etat et leurs bras séculiers percepteurs de taxes (EAU, EDF, GDF, TOTAL) ont créé des astuces amortisseurs qui leur permettent de continuer à pomper en cas de baisse pour les caisses de l'état toujours et encore en faillite! Une spoliation industrielle savamment organisée!

  • stricot le mardi 12 jan 2016 à 10:08

    @ ericlyon La France est extremement exposee: industrie d'armement (l'Arabie Saoudite a un budget d'investissement militaire de 50 milliards), luxe (le Moyen Orient ou la Russie sont tres friands de mode, de cosmetiques, d'accessoires genre sacs a main, de vaisselle de luxe etc...Ainsi que de produits gastronomiques de luxe. Et bien sur, ces populations aiment venir en France depenser leurs petrodollars, donc gare a l'impact sur l'hotellerie, la restauration etc. a la montagne, a Paris, a la mer

  • mlemonn4 le mardi 12 jan 2016 à 10:05

    Quand le pétrole montait ce n'était pas bien pour l'économie et l'inflation et maintenant qu'il est au niveau où il devrait être, tout le monde se plaint! C'est vrai cela ne va pas arranger la déflation! Moi je ne me plains pas et puis j'avoue que si cela pourrait remettre les pendules à l'heure d'un point de vue géopolitique, au lieu d'aller faire des guerres ! On se passera bien des monarchies du golfe pour ce que cela rapporte aux français hormis les intétrêts de nos politicards français !

  • stricot le mardi 12 jan 2016 à 10:02

    @ayerbe a la pompe le prix est compose pour 80+% de taxes fixes, seulement 10-15% du prix varie en fonction du petrole, donc une baisse de 20% du baril entraine une baisse de 2-3% du prix a la pompe, et plus il est bas moins le prix est elastique pour les memes raisons.

  • ZvR le lundi 11 jan 2016 à 22:39

    La france vend beaucoup de choses aux pays producteurs de pétrole. Vu la situation ceux ci ne vont limiter leurs dépenses ce qui va se répercuter sur l'économie. La chute du prix du pétrole n'est pas spécialement une bonne nouvelle pour la france.

  • Raf07Ard le lundi 11 jan 2016 à 19:25

    Évidemment, on se concentre sur ce qui ne va pas et les entreprises qui risquent d'y perdre et on ne regarde pas du côté de toutes celles qui vont en profiter. On assiste à un contre-choc pétrolier sans précédent, c'est une très bonne nouvelle pour toutes les économies européennes, à part pour le Royaume-Uni ou la Norvège qui sont des producteurs de ce précieux liquide. Vive le pétrole bon marché !!

  • ayerbe le lundi 11 jan 2016 à 18:57

    pourtant à la pompe il ne baisse pas tant que cela

  • ericlyon le lundi 11 jan 2016 à 18:51

    La baisse du pétrole est gênante pour les pays producteurs et aussi un peu pour ceux qui exportent plus qu'il n'importent vers ses pays mais il ne me semble pas que la France fasse partie de ces pays.

  • soulamer le lundi 11 jan 2016 à 18:44

    Hollande va encore falloir sortir le carnet de cheque pour les pays producteurs comme l'Algérie et le Nigéria.... encore de beaux jours pour toi en percepective (plus sombres pour nous)