La France, un enfer fiscal pour les salariés ?

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La France, un enfer fiscal pour les salariés ?
La France, un enfer fiscal pour les salariés ?

Ce 11 avril 2017, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié son rapport annuel intitulé « les impôts sur les salaires 2017 ». Elle y compare les prélèvements qui pèsent sur les salariés des 35 membres de l’organisation. Résultat, les Français sont parmi les plus taxés. Invité de David Jacquot dans l’émission Écorama, Cyrille Lachèvre de L’Opinion, explique comment l’OCDE arrive à une telle conclusion.

 La France est-elle vraiment un enfer fiscal pour les salariés ?

En tout cas ça le prouve, avec la nuance que l’étude fait la distinction entre les salariés célibataires sans enfant, et les salariés mariés avec un salaire et deux enfants. C’est surtout pour ces derniers que c’est difficile parce que de tous les pays de l’OCDE, c’est la France qui les taxes le plus avec 40% de prélèvements sur les salaires. Par contre, les célibataires sont en général plus taxés dans l’OCDE et sur ce classement, la France se retrouve 4e mais mis à part ça, c’est un peu une sorte d’enfer qui est décrit par l’OCDE.

Comment est-ce que l’OCDE fait ses calculs car il y a une définition très large de l’impôt ?

C’est ce qu’on appelle en économie le coin fiscal, en rapport à l’instrument que l’on utilise pour abattre les arbres. L’OCDE veut montrer ce que paie l’entreprise à la fin du mois et ce que touche le salarié en net. On ne résonne pas trop comme ça en France parce qu’on distingue les cotisations sociales et cotisations salariales. Donc sur la feuille de salaire, on voit la rémunération en brut, on enlève les cotisations sociales salariales brutes et on voit ce que l’on a réllement touché. Il y a également une autre ligne qui nous intéresse moins, mais qui comprend les cotisations patronales. Personne ne fait trop le raisonnement en disant, voilà ce que j’ai couté à mon entreprise et voilà ce que j’ai gagné à la fin du mois. Alors il peut y avoir des critiques mais au moins c’est une manière de regarder tous les pays de l’OCDE selon le même angle ce qui est très intéressant.

Cet écart entre ce que coute le salarié et ce qu’il lui reste en net, c’est 40% pour un ménage ayant un enfant en France et c’est 13 points de plus que la moyenne des pays l’OCDE.

Exactement ! Le chiffre baisse légèrement en France mais aussi dans l’OCDE, donc on est dans la même tendance et on part avec un tel retard que l'on n’arrive pas à revenir dans la moyenne.

Ce n’est pas l’impôt sur le revenu qui pèse le plus finalement (11 % du cout du travail), ce sont surtout les cotisations sociales patronales...

On peut rétorquer que la faiblesse de cette étude, mais c’est toujours la même chose avec les prélèvements obligatoires, ne nous dit pas ce que d’un autre côté on touche, en allocations notamment qui sont financées via une partie des cotisations patronales. L’autre bémol c’est qu’il y a de très fortes variations qui peuvent paraître un peu choquantes. Par exemple, les Irlandais ou les Suisses sont prélevés autour de 10 %, donc on a du mal à imaginer qu’il y ait un écart de 30 points dans l’OCDE. Ça ne veut pas dire que les Suisses et les Irlandais vivent dans un paradis fiscal en tant que tel en tant que salariés, mais ça montre l’écart qu’il y a au sein des pays développés.

Mais ça va un petit peu mieux pour la France ?

Dans l’OCDE globalement, il y a un vrai mouvement de baisse de la charge fiscale pesant sur les salariés, ce qui est très intéressant. C’est une vraie tendance commune, mais la France est rentrée un peu plus tard que les autres dans ce mouvement et en partant d’une base beaucoup plus élevée. On voit bien, globalement, pour revenir sur le paysage politique français, que ce n’est clairement pas la hausse d’impôts qui est à la mode dans le monde. A priori, les candidats l’ont à peu près tous compris mais celui qui prône des hausses d’impôts, malheureusement, est complètement à contre-courant du reste du monde.

 

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  • houbap il y a 11 mois

    Article très intéressant, hélas rédigé dans un français approximatif, émaillé de fautes de syntaxe et d'orthographe. La transcription d'un entretien oral ne dispense pas de relecture et de correction.