« La baisse d'impôts, pour quoi faire ? »

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Après avoir augmenté lourdement les impôts en début de quinquennat, François Hollande veut les baisser pour les ménages aux revenus modestes et moyens.
Après avoir augmenté lourdement les impôts en début de quinquennat, François Hollande veut les baisser pour les ménages aux revenus modestes et moyens.

Comme le Président de la République s’y est engagé, les impôts baisseront en 2016. Outre la question de savoir comment cette baisse sera financée, certains s’interrogent sur le réel impact d’une telle décision. Alain Trannoy dissocie la dimension politique de la dimension économique.

S’il fallait décrire l’œuvre réformatrice du Président de la République, François Hollande, en matière fiscale, nul doute que l’expression de pointilliste (par allusion au pointillisme en peinture) s’imposerait. Pas une année du quinquennat sans des retouches importantes ou mineures au système fiscal.

Après avoir lourdement augmenté la pression fiscale au titre de l’impôt sur le revenu en début de mandat, poursuivant là l’œuvre de son prédécesseur - ce qui a eu pour conséquence de casser la reprise qui s’annonçait - ; après avoir considérablement amoindri l’avantage fiscal autour des enfants avec le quotient familial, et l’introduction d’une modulation des allocations familiales en fonction du revenu ; après avoir annoncé le prélèvement à la source pour 2018, François Hollande s’est résolu à apparaître comme un converti de la baisse de l’impôt pour les ménages aux revenus modestes et moyens. Ce faisant, comme un peintre impressionniste, il revient sur sa toile en apportant une touche de rose là où la couleur sombre dominait.

Pour quoi faire ? D’un point de vue politique, la réponse est évidente. Là où Nicolas Sarkozy avait commencé par baisser les impôts en début de mandat pour les augmenter en fin de mandat, François Hollande utilise sa dernière cartouche, l’impôt sur le revenu acquitté en 2016, pour faire l’inverse : diminuer les impôts en fin de mandat après les avoir augmenté au début. La séquence est plus adroite sur le plan politique, avec un montant sur deux ans de 5 milliards d’euros, et un centrage cette année sur ce que Michel Sapin a appelé « le cœur du cœur de la classe moyenne ».

Cette baisse compense la hausse de deux impôts plus indolores, la TVA et la taxe carbone – qui va être augmentée au 1er janvier 2016 –, et celle d’un impôt qui généralement ne laisse pas indifférent : la taxe d’habitation. Car on oublie de le mentionner, cette baisse d’impôt est financée par une baisse des dépenses publiques, et pour l’instant l’action la plus vigoureuse en matière de dépenses publiques a été la très nette réduction des concours de l’Etat aux collectivités locales, en partie compensée par une hausse des impôts locaux.

Sur le plan macroéconomique, cette baisse cumulée sur deux ans n’aura qu’un impact modeste sur l’activité, d’autant qu’elle sera compensée par des baisses de dépenses publiques. Sur un plan microéconomique, cette baisse est obtenue en manipulant un mécanisme qui s’appelle la décote. Ce dispositif permet de diminuer l’impôt quand celui-ci est inférieur à un certain seuil et, de ce fait, d’en exempter un certain nombre de contribuables à revenus modestes.

Jusqu’en 2013, la décote ne présentait qu’un aspect anecdotique. Contre toute attente, le Président Hollande en fait un outil de réforme fiscale. Ce choix est discutable car il aboutit à augmenter les taux marginaux pour les petits contribuables qui restent imposés dans la première tranche et donc à décourager de reprendre un emploi.

Alain Trannoy

Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Marseille, agrégé et docteur d’Etat en économie, Alain Trannoy dirige l’Aix-Marseille School of Economics et a dirigé le directeur de l’Institut d’économie publique de Marseille. Il est notamment membre du Conseil économique et du développement Durable et du CAE.

Le Cercle des économistes a été créé en 1992 avec pour objectif ambitieux de nourrir le débat économique. Grâce à la diversité des opinions de ses 30 membres, tous universitaires assurant ou ayant assuré des fonctions publiques ou privées, le Cercle des économistes est aujourd’hui un acteur reconnu du monde économique. Le succès de l’initiative repose sur une conviction commune : l’importance d’un débat ouvert, attentif aux faits et à la rigueur des analyses. Retrouvez tous les rendez-vous du Cercle des économistes sur leur site.

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  • M5805986 le mardi 15 sept 2015 à 16:44

    La gauche qui baisse l'impôt sur le revenu... c'est du n'importe quoi.

  • remimar3 le mardi 15 sept 2015 à 16:32

    La baisse des impôts nationaux si elle existe sera de toute façon compensée par la hausse des impôts locaux. On connait la combine.

  • lu21370 le mardi 15 sept 2015 à 15:04

    François nous prends vraiment pour des naïfs, quoique, des naïfs il y en a, nous en avons eu la preuve en 2012.

  • oloff le mardi 15 sept 2015 à 14:52

    Les hausses d'impôt sont permanentes et insidieuses car elles concernent les impots indirects, augmentations taxes diverses sur factures d'energie, hausse de la tva, hausse des impots locaux (régions, collectivités locales et autres), c'est donc peanuts et uniquement un effet à des fins électorales.

  • schogol le mardi 15 sept 2015 à 13:52

    Fausse annonce et fausse baisse car avec la diminution drastique que subissent nos communes et régions les impôts gagnés d'un coté seront largement redonnés de l'autre avec une hausse bien supérieur des taxes locales ...

  • stan38 le mardi 15 sept 2015 à 13:27

    Le masque de l’illusionniste tombe et il ne fait plus rire. Baisser un peu quand on a augmenté de manière démesurée, je n’appelle pas cela une baisse.De toute manière le constat est simple, trop d’impôt tue l'impôt!

  • b26crest le mardi 15 sept 2015 à 12:18

    baisser les impôts de ceux qui n'en payent presque pas ne remettra pas le navire à flot.

  • sardes le mardi 15 sept 2015 à 09:24

    Manipulation politique pour les régionales 2015 et élection présidentielle 2017 ..on connaît la musique...Droite et Gauche même état d'esprit . Très facile d'être illusionniste .

  • c.voyant le mardi 15 sept 2015 à 08:29

    Ils feraient mieux de s'occuper sérieusement de la fraude fiscale ...D'après une étude menée par le syndicat Solidaire-Finances Publiques, la fraude fiscale plomberait les caisses de l'Etat à hauteur de 60 à 80 milliards d'euros chaque année.

  • pelochon le lundi 14 sept 2015 à 23:05

    Peu importe les explications. Sarko ou Hollande, gauche ou droite, les recettes sont les mêmes : la dîme et la gabelle. J'organise donc, petit à petit, mon insolvabilité, jusqu'à ce qu'à la fin, cet état me donne RSA + APL. Je vais faire comme les cailras, les glandeux, qui finalement ont bien raison de ne pas se lever pour bosser, attendu que les plus grands voleurs sont ceux aux manettes.