L'euro continue de s'apprécier face au dollar alors que les marchés chutent

le , mis à jour à 14:25
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L'euro continue de s'apprécier face au dollar alors que les marchés chutent.
L'euro continue de s'apprécier face au dollar alors que les marchés chutent.

L’euro continue de se réapprécier depuis la semaine dernière face au dollar. La parité est revenue à 1.13 USD pour 1 EUR jeudi, continuant d’effacer les effets de la politique de relance de la BCE.

L’euro, comme le yen, semble de nouveau faire figure de « valeur refuge » face au dollar dans l’actuel contexte d’incertitudes sur les marchés boursiers. Ce phénomène s’était déjà vu au cours de l’été dernier.

L’euro a poursuivi son mouvement de réappréciation face au dollar jeudi 11 février entre 9h et 9h30, repassant au-dessus des 1.13 USD pour 1 EUR alors que la parité se situait encore à 1.08 USD pour 1 EUR fin janvier. L’euro a donc regagné environ 5% de sa valeur face au dollar depuis le début du mois de février.

Le mouvement est encore plus significatif du côté du yen japonais, revenu jeudi matin à 111 yens pour 1 USD, contre 121 yens pour 1 USD fin janvier, soit un gain de 9 à 10% du yen face au dollar depuis une dizaine de jours.

La Fed probablement bloquée pour remonter ses taux

Les opérateurs de marché semblent anticiper le fait que la Fed ne pourra pas remonter ses taux directeurs comme elle l’entend en mars prochain dans le contexte actuellement très agité des marchés financiers. Les déboires de ce début d’année pourraient également inciter la Fed à rester prudente et accommodante au cours des mois suivants. L’accentuation d’une politique monétaire restrictive aux Etats-Unis ne correspondrait pas, en effet, à l’actuel sentiment de dégradation progressive de l’environnement économique mondial.

La présidente de la Fed s’exprimera justement ce jeudi devant le Sénat américain au sujet de la politique monétaire de la Fed, après s’être déjà exprimée hier devant le Comité des services financiers de la Chambre des Représentants.

Hier, la présidente de la Fed n’a pas donné de nouvelle indication au sujet des intentions de la Fed pour la suite de l’année 2016. La présidente de l’institution a répété que les membres du FOMC n’ont pas décidé du nombre de remontées des taux en 2016, ce mouvement pouvant être « adapté en fonction de l'évolution des nombreux indicateurs économiques surveillés par les membres du FOMC ». La présidente de la Fed a répété que la conjoncture économique américaine restait bonne alors que le chômage a continué de diminuer en janvier à 4,9%% de la population active, mais que les perspectives de l'économie mondiale étaient plus incertaines.

Lors de la séance de questions-réponses ayant suivi le discours sans surprises de la présidente de la Fed, une élue a demandé à Janet Yellen si elle pourrait être amenée à rabaisser le taux directeur de la Fed à son plancher d’avant-décembre 2015 en cas de dégradation de la conjoncture économique. La présidente de la Fed a répondu que cela n’était pas envisagé par les membres du FOMC, mais a répété qu'en fonction de l'évolution de la conjoncture, la Fed saurait adapter sa politique monétaire. Les déclarations de Janet Yellen n’ont eu qu’un faible impact sur les marchés.

Les effets de la politique de relance de la BoJ et de la BCE s’effacent

Les doutes sur les capacités de la Fed à poursuivre une politique monétaire restrictive cette année remettent en cause une partie des effets observés depuis de nombreux mois sur le marché des changes.

Le dollar s’était significativement réapprécié face au yen et à l’euro en 2014 et 2015, sur fond de divergence des politiques monétaires des grandes banques centrales. La Bank of Japan et la BCE avaient lancé en 2014 et 2015 des plans de relance monétaire ultra-accommodants, alors que la Fed américaine avait décidé dans le même temps d’arrêter son « quantitative easing » puis de remonter ses taux directeurs en fin d’année dernière.

En conséquence, entre le 1er janvier 2014 et le 1er janvier 2016, le dollar avait gagné environ 20% face au yen et 25% face à l’euro, bénéficiant théoriquement à la compétitivité des entreprises japonaises et européennes face à leurs homologues américaines. À noter qu'au Japon, la moitié de l'effet monétaire obtenu au cours des deux dernières années a donc été effacé au cours des dix derniers jours. Cela est moins sensible en ce qui concerne l'euro.

L'effet économique recherché en termes de compétitivité semble avoir porté ses fruits alors que les entreprises européennes, qui publient actuellement leurs résultats 2015, ont généralement connu une croissance significative de leurs résultats comptables l’année dernière. En contrepartie, les résultats des entreprises américaines ont connu un tassement global de leur croissance au cours du second semestre 2015 : le bonheur des uns fait le malheur des autres.

Attention, donc, à ce que l’inversion récente de la tendance de l’euro et du yen face au dollar ne vienne pas pénaliser la compétitivité des entreprises européennes et japonaises cette année si la tendance de ces derniers jours venait à se poursuivre. Les craintes restent faibles à ce sujet tant la BCE reste active pour essayer de provoquer un retour de l’inflation en zone euro, de nature à affaiblir de nouveau l’euro face au dollar.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • COOLDY11 le jeudi 11 fév 2016 à 19:06

    2- c'est d'autant plus dommage qu'il nous reste encore les cerveaux en France, hélas faute d'investissements ils n'ont pratiquement pas d'autres choix que de s'exiler pour pouvoir utiliser leurs capacités à bon escient

  • COOLDY11 le jeudi 11 fév 2016 à 18:58

    Hélas l'état Français n'ayant pas favorisé l'investissement en France pendant de nombreuses années, celui-ci n'a cessé de diminuer. Et c'est très long pour changer de cap surtout quand on a pas de politique à long terme. Mais c'est sûr, les bénéfices attribués à l'investissement créés les bénéfices et l'emploi de demain.

  • jmlhomme le jeudi 11 fév 2016 à 14:37

    Il faut une monnaie forte. Gagner la guerre des devises n'est pas de faire facile (la baisse des monnaies) mais le contraire. C'est la capacité d'investissement et donc de productivité mais aussi le succes technologique qui permet de hisser le pays vers le haut . Les meilleures voitures ne sont elles pas les plus cheres ?