Inde : comme en Chine, l'industrie faiblit

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L'industrie indienne s'est contractée en décembre selon l'indicateur PMI manufacturier Nikkei Markit.
L'industrie indienne s'est contractée en décembre selon l'indicateur PMI manufacturier Nikkei Markit.

Largement éclipsée hier par la Chine, l’Inde a également connu une contraction de son activité industrielle au mois de décembre. Peu coutumière du fait alors que le pays connaît une forte croissance, l’Inde avait néanmoins déjà connu un épisode semblable en 2013.

Hier lundi 4 janvier, la contraction de l’indicateur PMI manufacturier chinois, calculé et publié par Caixin (média chinois), a mis le feu aux poudres sur les marchés boursiers et s’affichant inférieur aux attentes. Cet indicateur, désigné en français sous le terme d’« indice des directeurs d’achat », est calculé chaque mois à partir d’une enquête réalisée auprès des directeurs d’achat du secteur industriel.

L’industrie indienne s’est contractée en décembre

Alors que tous les regards étaient tournés vers la Chine, rappelant les mauvais souvenirs de l’été dernier, la contraction de l’activité industrielle en Inde est passée inaperçue. Il s’agit pourtant d’une donnée intéressante.

L’indicateur PMI manufacturier indien, publié par Markit et Nikkei (média japonais), est en effet ressorti à 49,1 points pour le mois de décembre, contre 50,3 points au mois précédent. Sous 50 points, l’indicateur traduit une contraction de l’activité industrielle.

Depuis le mois d’août, cet indicateur n’a cessé de s’affaiblir, le PMI manufacturier indien étant passé de 52,7 points au mois de juillet (progression de l’activité industrielle) à 49,1 points au mois de décembre (contraction de l’activité), après un pic à 54,5 points en décembre 2014. L’industrie indienne avait alors notamment bénéficié de la chute des cours du pétrole survenue fin 2014, mais ce mécanisme ne semble pas avoir fonctionné de nouveau cette année.

Evolution de l'indice indien PMI manufacturier Nikkei Markit depuis la mi-2012. Sous 50 points, l'activité i
Evolution de l'indice indien PMI manufacturier Nikkei Markit depuis la mi-2012. Sous 50 points, l'activité industrielle se contracte.

La contraction de l’activité industrielle indienne est symptomatique du mouvement de ralentissement industriel qui s’observe actuellement au niveau mondial : en Chine, aux Etats-Unis, et toujours en Europe où l’industrie se contracte progressivement depuis plusieurs décennies, la France étant un cas d’école de ce phénomène.

Quid de la croissance des services ?

Toute la difficulté est de savoir à quel point ce ralentissement industriel mondial est compensé, ou non, par le développement du secteur des services.

En Europe, cette compensation ne fait aucun doute, alors que les services représentent désormais une très large partie de l’économie. En France par exemple, les services représentent désormais 80% du PIB national, contre moins de 20% pour l’industrie (une petite part revient au secteur de l’agriculture). La transition entre l’ère industrielle et l’ère des services est donc déjà faite dans les pays les plus développés.

En Inde, en revanche, l’indicateur PMI des services reste pour sa part sans direction claire. Depuis trois ans, cet indicateur évolue autour des 50 points, traduisant une faible dynamique de cette branche de l’économie. La volatilité autour des 50 points est par ailleurs assez élevée, alternant entre les signes de contraction et de progression du secteur des services. Autrement dit, le développement des services reste actuellement trop faible en Inde pour compenser une éventuelle contraction de son industrie.

Tel n’est pas forcément le cas en Chine, où le PMI des services ressort régulièrement au-dessus des 50 points, avec une moyenne sur les trois dernières années aux alentours de 52 points. Cette donnée, plutôt rassurante, n’a pas permis de calmer les doutes d’hier ni de l’été dernier relatifs au ralentissement industriel du pays.

L’Inde reste jusqu’ici un rempart contre la sinistrose des émergents

Une chose est sûre : pour la bonne tenue des marchés financiers cette année, il ne faudrait pas que l’Inde tombe à son tour dans le spectre du ralentissement économique, à l’instar de nombreux autres pays émergents.

L’Inde a jusqu’ici fait figure de très bon élève, avec une économie toujours dynamique malgré les doutes sur la Chine, et une forte croissance nationale (+7% en rythme annuel), tirant largement à la hausse la croissance mondiale (+3% environ).

Parmi les anciens « BRICS », le Brésil et la Russie sont déjà entrés en forte récession, la Chine laisse des doutes sur la véracité de la croissance qu’elle affiche, et l’économie d’Afrique du Sud reste amorphe. L’Inde fait donc encore figure de rempart pour compenser la « sinistrose » du monde émergent. Il ne faudrait donc pas que le ralentissement industriel indien de décembre se poursuive. Affaire à suivre.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • indyta il y a 11 mois

    on ne peut etre l usine du Monde, et ne payer que les ouvriers chinois;c est d une evidence.Ford a declarer un jour, je paye bien mes ouvriers,pour qu ilspeuissent acheter mes bagnoles;un qui a tout compris, et comme on dit aussi, ce sont les meilleurs qui s en vont...

  • indyta il y a 11 mois

    bah c est logique;quand on presse comme un citron son client, apres, y a plus de sous,et si en plus ,la camelote vaut peau de balle..a klon, klon et demi..comme on dit..