Grèce : les sondages basculent en faveur du "oui"

le , mis à jour à 14:11
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Les électeurs grecs semblent se tourner vers le ''oui'' au référendum, mais l'incertitude reste totale.
Les électeurs grecs semblent se tourner vers le ''oui'' au référendum, mais l'incertitude reste totale.

En Grèce, c’est la question que tout le monde se pose : faut-il voter « oui » ou « non » au référendum de dimanche ? Les sondages, qui ont d’abord donné le « non » gagnant, évoluent très vite. Le dernier en date indique une victoire du « oui », en faveur des mesures d’austérité.

Le suspense reste total sur le référendum du 5 juillet. Pour rappel, celui-ci porte sur l’acceptation d’un nouveau plan d’austérité proposé par les négociateurs européens à la Grèce. Si ces douloureuses réformes sont acceptées, un nouveau plan d’aide européen sera déclenché pour permettre au pays de rembourser ses créanciers comme prévu.

Le gouvernement d’Alexis Tsipras est opposé à l’application de ces mesures d’austérité, et a appelé à voter « non ». Néanmoins, ce rejet de l’austérité conduirait à un arrêt de l’aide financière que le pays reçoit. La Grèce ferait ainsi probablement défaut sur les 3,5 milliards d’euros qu’elle doit à la BCE en juillet, après avoir fait défaut sur 1,6 milliards qu’elle devait au FMI le 30 juin. Un défaut auprès de la BCE pourrait poser des problèmes pour que le pays reste dans la zone euro.

Premiers sondages favorables au « non »

Le premier sondage a été rendu public le 1er juillet en matinée. Réalisé par l’institut ProRata pour le journal (de gauche) Efimerida Ton Synatkton, ce sondage donnait le « non » gagnant.

Néanmoins, les résultats montraient déjà une évolution rapide de l’opinion au sujet du référendum. Juste avant la fermeture des banques par le gouvernement Tsipras (28 juin), l’opinion s’affichait nettement en faveur du « non » (57% non, 30% oui, 13% sans opinion). Juste après la fermeture des banques (29-30 juin), le sentiment d’être au bord du chaos a poussé l’opinion davantage vers le « oui », mais le « non » restait gagnant (46% non, 37% oui, 17% sans opinion).

Le sondage allait plus loin. 86% des répondants ont ainsi déclaré qu’ils iraient voter dimanche. L’institut ProRata a également demandé aux sondés s’ils pensaient que le fait de tenir un référendum sur la question était une décision « juste » ou « erronée » de la part de Tsipras. 50% des répondants estimaient que cette décision était juste, alors que 38% pensaient le contraire.

Le sondage représentait également les résultats par affiliation partisane. Sans surprise, les personnes proches de Syriza (extrême gauche au gouvernement) étaient 77% à vouloir répondre « non ». Le score est encore plus élevé chez les partisans d’Aube Dorée (extrême droite), avec 80% de « non ». Le non était également en tête pour les partisans du KKE (communistes) et d’An.El (ultra-conservateurs dans la coalition gouvernementale), avec respectivement 57% et 60% d’opinion favorable au « non ». Le « oui » l’emportait en revanche largement chez les partisans de la Nouvelle Démocratie (droite) et du Pasok (gauche) avec 65% de « oui », de même pour To Potami (centre) avec 68% de « oui ». Mais pour rappel, le Pasok est désormais très effacé dans le paysage politique grec.

Un second sondage, réalisé par Palmos Analysis le 30 juin, donnait également le « non » gagnant à 51,5% contre 37% pour le « oui » et 11.5% sans opinion.

Dernier sondage favorable au « oui »

Néanmoins, le 1er juillet en soirée, était publié un autre sondage donnant cette fois-ci le « oui » gagnant. Réalisé par l’institut GPO, ce sondage interrogeait son échantillon sur deux questions : premièrement, le vote au référendum ; deuxièmement, l’envie d’un maintien de la Grèce dans la zone euro.

Cette fois, le « oui » recueillait 47,1% des opinions, contre 43,2% pour le « non ». Surtout, le sondage faisait une distinction entre les opinions « définitives » et celles ne l’étant pas. Ainsi, le sondage aboutissait au résultat d’un « oui certain » pour 43,3% des sondés contre un « non certain » pour 39,3% de l’échantillon.

Quant à l’envie d’un maintien dans la zone euro, le « oui » arrive très largement en tête avec 74,2% des réponses, contre 24,9% pour le « non ». Ceci devrait favoriser le « oui » au référendum, contre la recommandation du Premier ministre.

Importance du « non » dans la culture politique grecque

Certains s’étonneront que le gouvernement Tsipras ait formulé la question du référendum (souhaitez-vous appliquer le plan d’austérité des « institutions ? ») de manière à appeler à voter « non ». En général, un gouvernement formule une question à un référendum de manière à ce que ceux qui suivent son opinion répondent « oui ».

La raison de ce choix tient au précédent politique du « non » dans la culture politique grecque. En Grèce, l’une des deux fêtes nationales a lieu le 28 octobre pour célébrer le « jour du non », en référence au « non » de Ioannis Metaxas prononcé en 1940 pour refuser l’ultimatum de Benito Mussolini vis-à-vis de l’occupation militaire de la Grèce au début de la Seconde Guerre mondiale.

Le « non » porte ainsi toujours une valeur de « résistance » dans la culture politique grecque. Le gouvernement, bien conscient de ce symbolisme, appelle ainsi indirectement le peuple grec à résister face aux exigences des créanciers. Reste à savoir si les Grecs sont prêts à prendre le risque de cette résistance.

X. Bargue

Retrouvez tous les articles de la rédaction de Boursorama dans la rubrique dédiée.

Résultats des récents sondages sur le référendum grec.
Résultats des récents sondages sur le référendum grec.

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  • vaincour le mardi 7 juil 2015 à 10:15

    On voit ici rétrospectivement la nocivité des sondages et des gens qui essaient de manipuler les autres,"sondages" à l'appui.

  • riffraff le dimanche 5 juil 2015 à 21:25

    Quand on fait de la propagande, il faut savoir rester un minimum crédible. Le résultat final est quand même loin, très loin de ça. Et là, ce n'est plus de la marge d'erreur.

  • m1234592 le vendredi 3 juil 2015 à 18:14

    Rappelez moi ... on leur a déjà fait cadeau de la dette bancaire 184 milliards d'€ ? je me trompe ?

  • m1234592 le vendredi 3 juil 2015 à 18:13

    "le peuple grec trinque" ... mais il a voté pour les dirigeants d'avant Tsipras qui l'ont mené dans cet état . Tant qu'ils ne payaient pas d'impôts et qu'ils partaient à la retraite à 50 ans ils aimaient leurs dirigeants et l'Europe.

  • brugere4 le vendredi 3 juil 2015 à 18:08

    le non aurait l'avantage de se débarasser une bonne fois pour toute de la Grèce et de ce qu'elle nous coute même si je trouve injuste que le peuple trinque et subisse les diktats de l'Europe des financiers en revanche le oui nous débarasserait de cette clique de Siriza qui avait promis le miel et la douceur et qui ne leur apportera que les larmes et les cendres alors OUI OUI

  • m1234592 le vendredi 3 juil 2015 à 17:55

    dépourvu ... avec un S unbécile !

  • m1234592 le vendredi 3 juil 2015 à 17:54

    "le peuple grec trinque" ... normal ils ont bu avant d'avoir payé § C'est vrai que cela doit être dur mais pas plus qu'en Espagne qui a payé et qui se redresse. Les grecs, de droite et de gauche, ayant chanté tout l'été se trouvèrent fort dépourvu quand l'addition arriva !

  • ccoudra2 le vendredi 3 juil 2015 à 17:01

    On a fait assez confiance à ce beau parleur le 1er ministre grec qui trahit tout le monde !!!!... ça suffit.. Maintenant éjectons la Grèce de l'euro et que l'on finisse de payer pour les grecs. Il faut demander aux grecs d'aller bosser et payer leurs impôts comme les autres et vivre de leur travail....

  • doussine le vendredi 3 juil 2015 à 14:13

    Mikkhaela, tout le monde est d'accord pour restructurer la dette. La question est plutot doit on continuer a pretrer (donner) à un etat qui n'en est pas un. Aucun gouv n'a été capable de proposer un vrai plan de reforme (cadastre, lutte anti corruption efficace, collecte de la TVA etc). Ils ont juste coupé les budgets et après ils accusent le monde entier de vouloir leur fin.

  • mikkaela le vendredi 3 juil 2015 à 13:39

    et bien j'espère que le non l'emportera car Syriza veut rester en Europe et ainsi avoir plus de force pour arriver à un accord, mais on essaie d'affoler les gens, quelle honte ! De toute façon une renégociation de cette dette est indispensable car sinon ce pays ne s'en sortira jamais !!!!!!!