Goldman Sachs prévoit un rebond du pétrole et des marchés actions

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Les cours du pétrole pourraient retrouver des couleurs dans les mois à venir, estime Goldman Sachs.
Les cours du pétrole pourraient retrouver des couleurs dans les mois à venir, estime Goldman Sachs.

Goldman Sachs s’attend à un rebond des prix du pétrole cette année, malgré leur dégringolade de début janvier. Quant au ralentissement chinois, celui-ci serait bien réel, mais dans des proportions qui resteraient limitées par rapport à ce que d’autres économistes ont pu affirmer.

« Les prix du pétrole vont rebondir cette année » affirmait Peter Oppenheimer, chef de la stratégie actions chez Goldman Sachs, lors d’une conférence donnée vendredi 22 janvier à Paris.

En conséquence, la banque d’affaires américaine prévoit un rebond des marchés actions et le redémarrage économique de certains pays exportateurs de pétrole au cours des mois à venir.

Vers un apaisement des craintes sur le pétrole

Comme le montre la séance de ce vendredi 22 janvier, les marchés actions restent toujours extrêmement réactifs à l’évolution des prix du pétrole en ce début d’année. Le rebond d’environ 5% enregistré aujourd’hui sur les cours du pétrole suffisait à provoquer un bond des principaux indices européens, à l’instar du CAC40 français, qui gagnait 3,80% à 16h. Or, pour Goldman Sachs, le rebond des cours du pétrole devrait se poursuivre dans les mois à venir.

La banque d'affaires américaine s’attend ainsi au retour de l’indice S&P 500 à 2.050 points pour la mi-2016, soit une hausse de presque 10% par rapport aux niveaux actuels, correspondant à l’effacement du « mini-krach » de début d’année. À noter cependant qu’avec le fort regain de volatilité sur les marchés, la banque d’affaires américaine souligne que les marchés actions sont devenus « plus risqués », alors que les perspectives désormais modestes de croissance des bénéfices d'entreprises américaines limitent en partie le potentiel de croissance des marchés.

Toujours grâce à un rebond des prix du pétrole, Goldman Sachs prévoit un net retour de la croissance en Russie, actuellement sous le feu des projecteurs avec une nouvelle dépréciation du rouble. La banque d’affaires américaine s’attend ainsi à une croissance russe de 1,5% cette année et de 3,2% l’an prochain, contre un consensus actuel de -0,5% en 2016 et +1,3% en 2017.

Malgré cela, Goldman Sachs ne prévoit pas de rebond notable du prix des autres matières premières. Ainsi, concernant le Brésil, dont l’économie est très dépendante du prix des matières premières dans leur ensemble, la banque d’affaires n’attend aucune amélioration de la conjoncture cette année, malgré la prévision d’un retour à la croissance en 2017, encore incertain.

Croissance mondiale : pas de panique !

Au sujet de la Chine, « nous attendons une poursuite du ralentissement, mais pas d’effondrement », affirme Jan Hatzius, chef économiste chez Goldman Sachs. La banque d’affaires balaie d’un revers de main les hypothèses selon lesquelles la véritable croissance chinoise serait bien inférieure à celle communiquée par les autorités chinoise. Le ralentissement économique de l’Empire du Milieu  devrait certes se poursuivre, mais à un rythme sans heurt, pour atteindre 6,3% en 2017 selon les prévisions de la banque d’affaires.

De ce fait, la croissance mondiale resterait supérieure à 3% pour les deux ans à venir, correspondant globalement aux anticipations du FMI.

Goldman Sachs est en revanche plus prudente sur la croissance américaine, alors que ses anticipations sont légèrement inférieures à celles de la moyenne du marché. En 2016, la banque d’affaires prévoit 2,1% de croissance aux Etats-Unis, contre 2,5% attendu par le consensus. Même chose pour 2017, avec une prévision de croissance du PIB de 2,2%, légèrement inférieure à celle du consensus située à 2,4%.

Banques centrales : Fed « agressive » et BCE prête à en faire toujours plus

Du côté de la politique des banques centrales, Goldman Sachs se différencie du consensus de marché par sa vision très « hawkish » (en l’occurrence : « haussière », « agressive ») sur l’évolution des taux de la Fed.

« Nous attendons plusieurs hausses de taux dans les prochains mois », évoque ainsi Jan Hatzius. Goldman Sachs s’attend en effet à une progression soutenue et régulière des taux directeurs de la Fed (« Fed Funds ») jusqu’à ce que ceux-ci atteignent voire dépassent 3% fin 2018. En comparaison, les taux évoluent actuellement dans une fourchette comprise « entre 0,25% et 0,50% ».

Le consensus de marché entrevoit pourtant un scénario nettement plus « doux », avec l’anticipation d’une hausse plutôt lente et progressive des taux de la Fed dans les mois et années à venir.

À noter l’aspect a priori paradoxal, dans les prévisions de Goldman Sachs, entre l’attente d’une Fed « agressive » alors que les perspectives de croissance américaine seraient moindres par rapport à celles du consensus.

Du côté de la BCE, Goldman Sachs s’attend à de nouveaux gestes de Mario Draghi cette année. Hier, le président de la BCE a annoncé un nouveau « réexamen » de la politique monétaire européenne le 10 mars prochain, sans en dire plus. Présentant certaines de ses anticipations à ce sujet, Goldman Sachs a expliqué vendredi s’attendre à une nouvelle baisse de 10 points de base (0,10%) du taux de facilité dépôt de la BCE en mars prochain, déjà négatif à -0,3%.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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