Economie chinoise : fausse croissance et "décennie perdue" à venir ? (Aurel BGC)

le , mis à jour à 14:21
15

Tout montre que l'activité industrielle chinoise est en train de ralentir. Aurel BGC entrevoit un parallèle entre Chine et Japon.
Tout montre que l'activité industrielle chinoise est en train de ralentir. Aurel BGC entrevoit un parallèle entre Chine et Japon.

Depuis plusieurs semaines, la Chine laisse sceptique. Christian Parisot et Jean-Louis Mourier, économistes chez Aurel BGC, s’interrogent sur une éventuelle « japonisation » à venir de l’économie chinoise, alors que celle-ci donne des signes de décélération.

Entre les violents soubresauts de la bourse chinoise et la publication d’indicateurs traduisant un ralentissement de son activité industrielle, la Chine est devenue la source de nombreuses incertitudes ces temps-ci. « La violente chute du marché actions chinois a attiré l’attention et les interrogations des investisseurs sur le véritable rythme de croissance dans ce pays », remarque ainsi Aurel BGC dans une note de conjoncture publiée jeudi 30 juillet.

La croissance à 7% est mise en doute

Christian Parisot et Jean-Louis Mourier poursuivent : « officiellement, sur le second trimestre, la croissance chinoise est de 7% en glissement sur un an, son rythme le plus faible en 5 ans ». Cependant, les deux économistes d’Aurel BGC avertissent que « ce chiffre de 7% peut-être mis en doute aux regards des publications mitigées de chiffres d’affaires réalisés par les entreprises occidentales en Chine ».

La saison des résultats semestriels des entreprises a en effet révélé que plusieurs groupes implantés à l’international ont eu une croissance inférieure aux prévisions en ce qui concerne leurs activités en Chine. « Les sociétés de biens de consommation courantes (P&G, Colgate Danone…) affichent une solide croissance dans le pays, mais les entreprises industrielles ou des matières premières souffrent clairement de pressions sur les prix plus fortes et d’un net ralentissement de leur activité en volume », explique Aurel BGC.

Malgré tout, et quel que soit son niveau exact, la croissance chinoise reste élevée. « De par son poids dans l’économie mondiale et la volonté du gouvernement de développer la demande intérieure, ce rythme de croissance reste une opportunité pour de nombreuses entreprises dans le monde », relèvent Christian Parisot et Jean-Louis Mourier.

Parallèle entre Chine et Japon

Les deux économistes s’interrogent tout de même : « [si nous sommes] dans le cas d’un ralentissement conjoncturel de la croissance chinoise (…), les mesures de soutien du gouvernement militent pour un rebond de la croissance rapide. Mais, ne faut-il pas réviser à la baisse, durablement, nos projections de croissance en Chine ? Le PIB potentiel de la Chine n’est-il pas plus faible et nettement en deçà de l’objectif de 7% du gouvernement chinois ? Si oui, la croissance mondiale dans les prochaines années peut être revue sensiblement à la baisse ».

D’où cette idée de « japonisation » à venir de l’économie chinoise. Un parallèle est tracé par Aurel BGC entre le cas actuel de la Chine et celui du Japon dans les années 1980. Le Japon, extrêmement dynamique il y a une trentaine d’années, au point que son marché financier et son marché immobilier s’étaient envolés, était arrivé en bout de course à la fin des années 1980. Le pays avait alors connu une difficile période de croissance faible et de déflation tout au long des années 1990 (« décennie perdue »). On remarquera qu’actuellement, le même type de questions se pose en Chine, aussi bien sur la récente trajectoire de la bourse que sur celle des prix de l’immobilier, montés à des niveaux très élevés dans le pays ces dernières années.

La comparaison entre les deux pays est également soutenue par l’argument de la démographie. Avec la politique de l’enfant unique longtemps appliquée en Chine ces dernières années, la population chinoise a commencé à vieillir, comme cela a été le cas au cours des décennies au Japon. Or, le vieillissement démographique est, à long terme, un frein important à la croissance.

À lire aussi : l'interview de Nicolas Chéron (CMC Markets) : « La bulle boursière chinoise a logiquement éclaté »

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

Retrouvez tous les articles de la rédaction de Boursorama dans la rubrique dédiée.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M4358281 le dimanche 9 aout 2015 à 13:03

    On s'inquiète? Les chinois achèteront si ils produisent moins...pour leur consommation personnelle

  • vavavoom le mercredi 5 aout 2015 à 14:33

    (Fin)* Prise en compte de la pollution et intérêt pour les énergies nouvelles* Recherche et développement : ils sont passés de la mauvaise copie à la copie de qualité, puis à l'innovation.La question que je me pose est comment fera la Chine pour en finir avec le communisme ? Cela se fera-t-il sans heurts ? Et la Chine devenue démocratique ne sera-t-elle pas freinée par les revendications, questions existentielles et autres préoccupations humanitaires qui brident notre vieille Europe ?

  • vavavoom le mercredi 5 aout 2015 à 14:32

    Je suis optimiste sur l'avenir de la Chine.Ils ont l'espace pour augmenter leur population, et la politique de l'enfant unique s'est déjà assouplie depuis 2 ans.Leur PIB ayant quintuplé (!) entre 2004 et 2014, il peut raisonnablement doubler d'ici 2025.Ce pays a jusqu'à présent relevé haut la main tous les défis, et sait s'adapter aux problèmes nés de sa croissance fulgurante :* De plus en plus d'ouverture sur le monde et de libertés idividuelles(suite)

  • launor le mardi 4 aout 2015 à 20:31

    Ils vont enfin réfléchir : leurs villes sont devenues irrespirables à cause de la croissance du nombre de bagnoles en circulation et d'usines en activité reflet de la croissance économique telle qu'encensée par tous les gogos de la planète capitaliste

  • sardes le mardi 4 aout 2015 à 13:31

    Soyons réaliste ! Un pays qui a subi une croissance exemplaire durant des années..il est tout à fait normal qu'il arrive à une croissance qui s'essouffle à un certain moment. A vouloir toujours plus ; on finira à ne plus rien avoir...

  • bernm le vendredi 31 juil 2015 à 15:10

    @MaxiLoui Parfaitement. Une boite francaise qui s'implante a l'etranger, typiquement va envoyer une equipe de direction franco francaise qui ne connait rien au mache, envoyer des commerciaux de france et s'etonner qu'ils n'arrivent pas a vendre. Les autres nt monter une equipe locale avec des commerciaux qui connaissent le marche local... Vu et revu.

  • dlabore le vendredi 31 juil 2015 à 14:47

    encore les experts a 2 balles,meme a 4% toujours devant les autres pays alors 7, les bourses chinoise viennent de prendre 135% et faussé par la main mise du gouvernement

  • M2487190 le vendredi 31 juil 2015 à 14:46

    Ce qui est bien VRAI : la politique JUSTE d'anticorruption des chinois actuellement.ont bien casse les dents de "CES" europeens qui aiment au tant la Chine.

  • M4633794 le vendredi 31 juil 2015 à 14:45

    @MaxiLoui ah les commentateurs francais de tout, qui en fait n ont jamais mis les pieds dans le pays, n ont sans doute jamais parle avec un chinois, pensent tout savoir apres avoir lu 2 , 3 articles sur le web qui eux aussi pensent tout savoir et ont le plus souvent une vision completement franco francaise du pays ou ils se trouvent. bref du n importe quoi

  • M2487190 le vendredi 31 juil 2015 à 14:43

    Encore un super No de cinema : Bizarres , "CES" europeens sont plus chinois que les chinois eux meme. Domages que "CES" europeennes doivent s'inqueter davange de leur propre situation qui n'est pas si brillante qu'ils voulaient nous faire croire. Un bon conseil, OCCUPONS d'abord de nos oignons "europeens" !!!