Éclipsé par le "Brexit", le pétrole rechute

le , mis à jour à 18:10
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Les prix du pétrole refluent depuis une semaine, participant à la baisse des indices boursiers qui restent surtout pénalisés par les incertitudes autour du risque de ''Brexit''.
Les prix du pétrole refluent depuis une semaine, participant à la baisse des indices boursiers qui restent surtout pénalisés par les incertitudes autour du risque de ''Brexit''.

Le risque de « Brexit » inquiète sérieusement les investisseurs depuis une semaine et pèse lourdement sur les valeurs bancaires. Mais depuis une semaine, c’est aussi le secteur pétrolier qui donne des signes de faiblesses en bourse à cause du reflux des prix de l'or noir.

Depuis leur pic du 8 juin, les prix du pétrole connaissent un reflux notable. Après avoir atteint 51,5 dollars/baril la semaine dernière, le WTI américain est redescendu à 46,3 dollars/baril jeudi 16 juin à la clôture des marchés européens (-10,1% en une semaine). Même chose pour le Brent européen, repassé de 52,7 dollars/baril la semaine dernière à 47,3 dollars/baril ce jeudi (-10,2% en variation cumulée).

La rechute des prix du pétrole, après bientôt cinq mois de rebond, pèse en bourse sur les valeurs du secteur pétrolier et parapétrolier, en pleine période de tensions sur les marchés à l'approche du référendum qui décidera du sort du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne.

« La rechute des prix du pétrole n’est pas directement liée au risque de Brexit, même si ce sujet a peut-être un léger impact par ricochet » explique Sébastien Hénin, responsable de la gestion chez The National Investor.

L’impact de la baisse de production au Canada et au Nigéria s’estompe

Pour ce dernier, l’actuel reflux des prix du pétrole est surtout dû au fait que « Les prix ont précédemment été soutenus par des facteurs de court terme, à savoir la baisse de la production au Canada et au Nigéria ».

La baisse de la production canadienne était due aux incendies qui ont ravagé le pays au mois de mai, et la production nigériane avait plongé suite à des attaques de rebelles visant à faire valoir une meilleure redistribution des revenus du pétrole dans le delta du Niger. Cumulés, les deux événements ont provoqué une baisse de la production mondiale d'un peu plus d'un million de barils par jour.

« Mais les gens ont bien compris que ces deux éléments n’étaient pas structurels et on assiste désormais à des prises de bénéfices sur le pétrole », poursuit Sébastien Hénin.

Ces prises de bénéfices sont encouragées par le fait que « les 50 dollars représentent un seuil psychologique important », au-delà duquel les investisseurs se montrent moins téméraires.

Enfin, « Les investisseurs semblent prendre conscience progressivement du fait que le come back de l’Iran sur le marché du pétrole a été particulièrement rapide » explique l’expert des marchés pétroliers. « L’Iran produit déjà plus de 4 millions de barils/jour », soit autant que son niveau d’avant l’embargo américain, « et ça c’est un vrai facteur structurel qui influe sur les fondamentaux du marché » en limitant le potentiel de hausse des prix.

Pour Sébastien Hénin, « Le haut niveau de production de l’Iran n’est pas encore complètement intégré dans les cours du pétrole à l’heure actuelle. Les investisseurs ont donné trop d’importance à la limitation de la production au Canada et au Nigéria ».

Valeurs pétrolières et parapétrolières pénalisées

Sur les marchés actions, les valeurs du secteur pétrolier et parapétrolier subissent la baisse des cours de l’or noir.

Ainsi, au sein du CAC40, Technip (-2,10%) s'affiche parmi les plus fortes baisses de la séance de jeudi. Total, réputé pour sa résistance face aux variations des prix du pétrole, est resté stable à +0,16%, mais a perdu plus de 7% depuis son niveau du 7 juin.

Hors CAC40, les investisseurs surveillent de nouveau Vallourec, qui a encore perdu 3,5% jeudi à 3,04 euros, accusant une perte cumulée de près de 20% depuis son niveau du 8 juin.

Ces rechutes ne sont pas sans impact sur les indices boursiers, qui conservent globalement une certaine corrélation avec l’évolution des prix du pétrole, bien que cette corrélation soit désormais nettement plus faible qu’en début d’année. La rechute des indices boursiers depuis la semaine dernière n’est donc pas seulement due au sujet du « Brexit ».

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • M4358281 il y a 11 mois

    Zut alors..

  • M4358281 il y a 11 mois

    Le pétrole chute mais Hollando se sert toujours à la pompe pour payer les arrangements avec la Cgt

  • JUFRABRE il y a 11 mois

    "Éclipsé par le "Brexit", le pétrole rechute"... : cela ne se voit pas à la pompe, où le carburant est presque au même prix que lorsque le brut était à 100 USD le baril. !!! Il y a des es.cro.cs dans le circuit...

  • jmlhomme il y a 11 mois

    Les effets de change sont evidents. Que l'Euro remonte de 15% et le baril chute.... Que l'on stoppe les QE, augmente les taux et ces 15% d'evaluation deviennent un fait. Ce sont des vases communicants. Ceux qui tradent sur ces "vases" sont les grands gagnants car l'instabillité des monnaies ( 20% de variation Euro / dollar en cinq ans est une catastrophe pour les décisions économiques.)

  • MIKE3000 il y a 11 mois

    Que le pétrole baisse, c'est une bonne chose qui renverra les mangeurs de merguez au moyen age d'où ils n'auraient jamais dû sortir!

  • fquiroga il y a 11 mois

    faire peur et s'emparer des actions a vil prix......

  • M2061328 il y a 11 mois

    une fois c'est parce que le pétrole baisse, et une autre fois c'est parce que le pétrole augmente demain on nous dira que c'est de la faute de la CGT

  • faites_c il y a 11 mois

    Cela faisait longtemps que l'on ne nous avait pas servi le refrain du cours du pétrole comme cause de la baisse des indices!!! Au fait peut-on avoir la variation du cours du pétrole en baril/euros et non en baril/dollar que l'on puisse rigoler de la pseudo baisse du pétrole?

  • M2941863 il y a 11 mois

    l'épouvantail "brexit" pour faire en sorte que les actions plongent ...