Aller au contenu principal
Fermer

Chine: croissance attendue sous la cible officielle au 3T, les chocs mondiaux pèsent (panel à l'AFP)
information fournie par Boursorama avec AFP 15/10/2026 à 10:48

( AFP / PEDRO PARDO )

( AFP / PEDRO PARDO )

Les pressions sur l'économie chinoise ont maintenu sa croissance du troisième trimestre en-deçà de l'objectif annuel de Pékin, selon les analystes sondés par l'AFP, l'assombrissement de la conjoncture mondiale s'ajoutant au marasme persistant de l'immobilier et à une consommation maussade.

La deuxième économie mondiale publiera lundi le chiffre officiel de sa croissance pour juillet-septembre, après un premier semestre sans éclat.

Selon la prévision médiane d'un panel d'économistes interrogés par l'AFP, le Produit intérieur brut (PIB) a progressé de 4,4% sur un an au troisième trimestre.

Bien que cela représenterait une légère accélération par rapport aux 4,3% du deuxième trimestre, cela demeure inférieur à l'objectif fixé par le gouvernement pour cette année: entre 4,5% et 5,0 % — déjà le niveau le plus bas depuis des décennies.

"Les données disponibles suggèrent que l'économie chinoise a perdu de l'élan" ces derniers mois, indique à l'AFP Sheana Yue, experte d'Oxford Economics.

Les facteurs pénalisants ne varient guère: "Le principal défi réside dans une demande intérieure durablement faible, en particulier la consommation et l'investissement immobilier -et même des dépenses accrues en infrastructures ne devraient pas permettre d'inverser rapidement" la tendance, a-t-elle insisté.

La crise de l'immobilier, qui a vu plonger les prix et s'interrompre les chantiers à partir de 2020 en raison de restrictions sur l'endettement, continue de plomber l'économie, entamant la confiance des consommateurs et pesant sur l'activité.

Or, l'environnement extérieur s'assombrit aussi.

Lors de son assemblée annuelle cette semaine à Bangkok, le Fonds monétaire international (FMI) a légèrement relevé sa prévision mondiale pour 2026, mais mis en garde contre la flambée des cours de l'énergie et des dettes publiques à travers le globe.

Concernant la Chine, la hausse des prix du pétrole, conjuguée à une "incertitude prolongée et à des vents contraires structurels" a conduit le FMI à abaisser à 4,5% sa projection de croissance annuelle.

Interrogé par l'AFP jeudi sur cet ajustement, le directeur du département Asie-Pacifique du FMI, Krishna Srinivasan, a regretté qu'aucun "rééquilibrage ne se soit réellement concrétisé" en Chine.

Ainsi, les mesures de soutien récemment adoptées par Pékin, notamment en vue de stimuler les achats immobiliers, restent "assez limitées": "nous pensons qu'il faudrait faire bien davantage en termes de relance budgétaire à court terme, jusqu'à ce que l'économie se réchauffe", a estimé M. Srinivasan.

Dépendance aux exportations

Le commerce extérieur reste le moteur principal de l'économie chinoise: selon des données officielles publiées mercredi, les exportations ont poursuivi leur envolée historique en septembre (+36,3% sur un an).

Au risque d'attiser les tensions avec ses partenaires, notamment l'Union européenne et les Etats-Unis qui reprochent à Pékin de favoriser ses industriels au détriment de la concurrence internationale, ce que la Chine conteste.

Devenu dépendant de son commerce extérieur, le pays doit "passer des exportations à la consommation intérieure", afin de renforcer son économie mais aussi contribuer à corriger les déséquilibres mondiaux, a indiqué à la presse à Bangkok la cheffe du FMI, Kristalina Georgieva.

De fait, si l'on met de côté les échanges commerciaux, le troisième trimestre a été "particulièrement difficile" pour la Chine, avec des ventes au détail faibles et un reflux de l'investissement en capital fixe, indique à l'AFP Dan Wang, du cabinet Eurasia Group.

Elle s'attend à ce que les dépenses en Chine "s'accélèrent" au quatrième trimestre, "mais seulement suffisamment pour atteindre la borne basse de l'objectif de croissance (du gouvernement)".

"Mini-relance"

Les mesures récentes de Pékin visant à stabiliser le secteur immobilier et à créer des emplois "constituent un mini plan de relance modeste et ciblé", souligne à l'AFP Alicia Garcia-Herrero, cheffe économiste Asie-Pacifique chez Natixis.

Ainsi, "elles devraient soutenir l'investissement au quatrième trimestre, atténuer les tensions budgétaires au niveau local, et aider à atteindre l'objectif de croissance", ajoute-t-elle.

Pour autant, ces mesures, qui visent à faciliter l'accès au crédit, sont principalement concentrées sur "l'investissement dans des infrastructures stratégiques", tempère Mme Yue, d'Oxford Economics.

Conséquence: elles "généreront probablement des gains d'emploi et de revenus à court terme plus faibles que lors des précédents cycles de relance", juge-t-elle.

En revanche, le choc énergétique mondial pourrait se voir amorti: "les prix des hydrocarbures accroîtront les pressions sur les coûts, mais les surcapacités (des industriels) et une demande atone devraient limiter la capacité des entreprises à les répercuter sur les consommateurs", insiste Sheana Yue.

0 commentaire
Signaler le commentaire Fermer
A lire aussi
Pages les plus populaires