( AFP / INA FASSBENDER )
Vonovia, premier bailleur privé d'Europe, est "préoccupé" par le projet de socialisation des logements des grands groupes immobiliers à Berlin, porté par trois partis de gauche entrés en négociations pour former une majorité municipale, a indiqué le président de son directoire mercredi.
"Les projets de socialisation des logements appartenant à des entreprises privées nous préoccupent bien sûr", a déclaré Luka Mucic lors d'une conférence de presse autour des résultats de troisième trimestre du groupe.
Expliquant "la force économique, la fiabilité et la prospérité" de l'Allemagne par son "économie sociale de marché et des forces politiques modérées puissantes", M. Mucic a mis en garde contre la "mauvaise voie" consistant à transférer des logements privés à la propriété publique.
Il a dénoncé un projet "juridiquement très contestable", estimant que seule une hausse de la construction permettra de combler le déficit de 1,4 million de logements en Allemagne. Il a aussi défendu les loyers et les investissements de Vonovia à Berlin.
Le parti de gauche radicale Die Linke, mené par Elif Eralp, a remporté les élections berlinoises de septembre avec un projet de nationalisation de quelque 240.000 logements détenus par de grands bailleurs privés.
Pour gouverner avec les écologistes et les sociaux-démocrates, le parti a toutefois accepté de réduire la cible à 160.000 logements appartenant à des groupes possédant plus de 10.000 biens.
Les bailleurs en seraient expropriés contre une enveloppe globale d'indemnisation plafonnée à 16 milliards d'euros, soit une moyenne de 100.000 euros par appartement, largement inférieure aux prix du marché.
Vonovia, dont le Financial Times a évalué le parc à environ 20,4 milliards d'euros, serait indemnisé à hauteur de 12 milliards d'euros. L'opération représenterait ainsi une perte de 8,4 milliards d'euros pour le groupe coté à la Bourse de Francfort, selon le journal britannique.
Le parc immobilier berlinois de Vonovia vaut "un peu plus" de 20 milliards d'euros, a affirmé mercredi le directeur financier, Philip Grosse, jugeant le calcul du Financial Times "très théorique", compte tenu des projets du gouvernement fédéral de Friedrich Merz visant à empêcher l'opération.
Fin octobre, le ministre conservateur de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a présenté un projet de loi visant à mieux protéger les investissements, qui imposerait une indemnisation à la valeur de marché en cas de socialisation des logements, renchérissant fortement le coût de telles opérations.
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