Aller au contenu principal
Fermer

Face à la guerre, la Fed prédit une inflation tenace aux Etats-Unis
information fournie par AFP 18/03/2026 à 22:58

Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell, le 10 décembre 2025 à Washington ( AFP / SAUL LOEB )

Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell, le 10 décembre 2025 à Washington ( AFP / SAUL LOEB )

Un reflux de l'inflation aux Etats-Unis semble à nouveau hors de portée pour la Réserve fédérale (Fed), qui guette l'onde de choc de la guerre au Moyen-Orient sur les prix.

A l'issue de deux jours de réunion, la banque centrale de la première économie mondiale a sans surprise laissé ses taux d'intérêt en l'état mercredi - ils sont entre 3,50% et 3,75% depuis décembre.

Les changements sont ailleurs: elle a relevé sa prévision d'inflation aux Etats-Unis.

Avant la guerre et l'envolée des cours de l'énergie, la banque centrale pensait que la hausse des prix pourrait être canalisée autour de 2,4% d'ici fin 2026.

Désormais, selon la médiane de leurs projections, les responsables monétaires n'entrevoient quasiment aucun progrès pendant l'année avec une inflation au mieux à 2,7%, contre 2,8% en janvier.

Le coût de la vie est un sujet lancinant dans le pays. Donald Trump a promis d'améliorer le pouvoir d'achat des Américains mais plusieurs de ses politiques (droits de douane, guerre contre l'Iran) ont un impact tangible sur les prix.

La guerre au Moyen-Orient, et l'envolée des cours de l'énergie qui en découle, va accentuer l'inflation "à court terme", a observé le président de la Réserve fédérale Jerome Powell en conférence de presse.

La Fed est "très consciente" que les Etats-Unis connaissent depuis cinq ans un niveau d'inflation supérieur à ce que vise l'institution (2%), a-t-il souligné, évoquant "une série de chocs" (Covid-19, guerres, droits de douane).

Il a toutefois mis en garde contre des conclusions hâtives.

"Personne ne sait" quelles seront vraiment les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur l'économie américaine et donc la politique monétaire, a-t-il déclaré.

Le patron de la Réserve fédérale a pris soin d'écarter pour l'instant tout scénario de "stagflation", un mix d'inflation et de faible croissance, relève auprès de l'AFP Diane Swonk, économiste chez KPMG.

Jerome Powell "n'aime pas ce mot" parce qu'il lui rappelle les épisodes "des années 1970 où on avait du chômage et de l'inflation à deux chiffres", pense-t-elle, jugeant toutefois que les Etats-Unis sont bien confrontés à risque "de type stagflationniste".

- Une baisse, peut-être -

La Fed s'est montrée plus unie qu'en d'autres occasions récentes.

Onze responsables sur douze ont voté pour le statu quo.

Seul le gouverneur Stephen Miran, ancien conseiller économique de Donald Trump en poste depuis septembre, voulait une baisse des taux d'un quart de point.

Globalement, les banquiers centraux américains penchent en faveur d'une seule détente (un abaissement des taux directeurs d'un quart de point) cette année.

Dans le détail, une bonne part d'entre eux n'en imaginent pas du tout. Aucun n'entrevoit de hausse, selon le relevé anonymisé communiqué par la Fed.

L'inertie sur les taux n'est pas du goût de Donald Trump, qui réclame inlassablement une politique beaucoup plus accommodante pour réduire les coûts d'emprunt des Américains comme de l'État fédéral.

"Quand +Trop tard+ Powell baissera-t-il les TAUX?" écrivait-il sur sa plateforme Truth Social, avant la décision.

Le président américain affirme que l'impact du conflit sur les prix de l'énergie sera de courte durée.

En attendant, l'augmentation des prix à la pompe est impopulaire et l'exécutif américain a annoncé mercredi plusieurs mesures visant calmer les cours.

- Statu quo aussi sur la succession -

Lors de sa conférence de presse, M. Powell a pris quelques secondes pour faire une mise au point sur sa propre situation.

Il a affirmé qu'il ne quitterait pas la Fed tant qu'une procédure à son encontre "ne sera pas bel et bien terminée, dans la transparence et de manière définitive".

M. Powell faisait référence à une initiative d'une procureure proche de Donald Trump au sujet du dérapage de la facture des travaux de rénovation du siège de la Fed à Washington.

La démarche a été interprétée, y compris par des élus du camp présidentiel, comme une attaque téléguidée contre l'indépendance de la banque centrale.

Le mandat de président de Jerome Powell prend fin en mai, mais il pourrait rester plus longtemps si la nomination de son successeur désigné, Kevin Warsh, est bloquée au Sénat.

5 commentaires

  • 18 mars 20:28

    Par la propagande et le traumatisme du 11 septembre Bush avait réussit à convaincre l opinion américaine de la menace irakienne, les soi disantes armes de destruction massive ... cette fois le narratif , la propagande ne marche pas auprès des americains


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Un pont enjambant l'Irrawaddy détruit par le séisme de 2025, à Sagaing, Birmanie, le 19 mars 2026 ( AFP / Sai Aung MAIN )
    information fournie par AFP 26.03.2026 06:40 

    Les trous béants laissés sur les routes par le séisme dévastateur de l'an dernier ont été comblés, mais plusieurs travées d'un pont historique pendent encore dans le fleuve à Mandalay, la deuxième ville de Birmanie, qui garde les stigmates de la catastrophe. Plus ... Lire la suite

  • Des traînées de roquettes dans le ciel au-dessus de la ville côtière israélienne de Netanya, lors d'une nouvelle salve d'attaques de missiles iraniens, le 25 mars 2026 ( AFP / JACK GUEZ )
    information fournie par AFP 26.03.2026 06:37 

    Donald Trump a assuré que Téhéran, malgré ses dénégations, participe bien à des pourparlers et veut un accord pour mettre fin à la guerre, tandis qu'Israël poursuit jeudi ses frappes sur l'Iran. "Ils négocient, et ils veulent absolument conclure un accord, mais ... Lire la suite

  • Photo prise le 25 mars 2026 et publiée par l'agence nord-coréenne KCNA le 26 mars, montrant le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un (d.) saluant le président bélarusse Alexandre Loukachenko (centre) à la Tour de la Libération, à Pyongyang ( KCNA VIA KNS / STR )
    information fournie par AFP 26.03.2026 06:12 

    Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a été reçu mercredi par le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un pour sa première visite officielle en Corée du Nord, les deux pays alliés de la Russie étant confrontés à des sanctions occidentales et à des accusations de ... Lire la suite

  • Un bateau transportant des migrants au large des côtes françaises, le 4 mars 2026 ( AFP / Sameer Al-DOUMY )
    information fournie par AFP 26.03.2026 05:16 

    Le Parlement européen devrait valider jeudi un net durcissement de la politique migratoire de l'UE et approuver le concept de "hubs de retour", des centres pour envoyer des migrants en dehors de l'Union. Ces mesures sont réclamées avec force par les eurodéputés ... Lire la suite

Pages les plus populaires