Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, à Bruxelles
Le cabinet du représentant au Commerce a annoncé jeudi soir que 60 pays étaient visés par des enquêtes en lien avec le recours au travail forcé, marquant une nouvelle offensive de l'administration de Donald Trump envers ses partenaires commerciaux qui a suscité une vive réaction de Pékin.
Cette annonce intervient au lendemain du lancement d'une autre enquête portant pour celle-ci sur la surcapacité industrielle de 16 des plus importants partenaires commerciaux des Etats-Unis.
Fin février, la Cour suprême américaine a décidé d'invalider les vastes droits de douane dits "réciproques" du président américain Donald Trump, obligeant Washington à étudier de nouvelles options pour maintenir son offensive commerciale mondiale.
Dans la foulée de la décision de la plus haute juridiction américaine, le locataire de la Maison blanche a instauré une surtaxe mondiale de 10% sur tous les produits importés, qu'il a très vite portée à 15%. Mais cette surtaxe s'applique seulement pour une durée de 150 jours.
Les nouvelles enquêtes commerciales menées par les Etats-Unis interviennent alors que des discussions sur le commerce se tiendront de samedi à mardi à Paris entre le vice-Premier ministre chinois He Lifeng et des responsables américains dont le secrétaire au Trésor Scott Bessent et le représentant au Commerce Jamieson Greer.
Ces discussions doivent servir à préparer la visite de Donald Trump fin mars en Chine où le locataire de la Maison blanche doit rencontrer son homologue chinois Xi Jinping.
Visée par les enquêtes américaines sur les surcapacités et le travail forcé, la Chine a menacé vendredi de contre-mesures afin de défendre ses intérêts.
Les Etats-Unis n'ont pas le droit de déterminer "unilatéralement" si un partenaire commercial dispose de "surcapacités", a déclaré le ministère chinois du Commerce.
Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a par ailleurs nié vendredi les allégations de travail forcé, les qualifiant de "mensonge inventé par les États-Unis".
L'UNION EUROPÉENNE AUSSI VISÉE
Les enquêtes menées en lien avec le recours au travail forcé "permettront de déterminer si des gouvernements étrangers ont pris des mesures suffisantes pour interdire l'importation de biens produits en recourant au travail forcé, et comment l'inhabilité à éradiquer ces pratiques abjectes affecte les entreprises et les travailleurs américains", a indiqué le représentant au Commerce Jamieson Greer dans un communiqué.
Outre la Chine, certains des partenaires commerciaux les plus importants des Etats-Unis, comme l'Australie, le Canada, l'Union européenne, la Grande-Bretagne, Israël, l'Inde, le Qatar et l'Arabie saoudite font partie des pays visés par l'enquête. La Russie est également concernée.
Jamieson Greer a dit espérer conclure les enquêtes au titre de la Section 301 du Trade Act de 1974, qui a pour but de déterminer l'équité de pratiques commerciales à l'égard des compagnies américaine, avant que les droits de douane temporaires n'expirent au mois de juillet.
(Kanishka Singh; avec Ethan Wang, Yukun Zhang et Colleen Howe à Pékin, version française Camille Raynaud et Blandine Hénault, édité par Augustin Turpin)

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