Dominique Boutonnat à La Rochelle, le 16 septembre 2022 ( AFP / XAVIER LEOTY )
La cour d'appel de Versailles a relaxé vendredi l'ex-président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) Dominique Boutonnat, jugé pour avoir agressé sexuellement son filleul en Grèce en août 2020.
M. Boutonnat, 56 ans, avait été condamné en première instance à un an de prison ferme par le tribunal judiciaire de Nanterre.
"La culpabilité des faits d'agressions sexuelle reprochés à Dominique Boutonnat n'est pas établie", a justifié la présidente de la cour d'appel, détaillant longuement les contradictions dans les déclarations du plaignant.
"En conséquence, il est relaxé de l'ensemble des faits de la prévention", a-t-elle ajouté.
Veste noire, chemise bleue et pantalon gris foncé, M. Boutonnat était présent lors du délibéré. Son filleul était en revanche absent.
Le parquet général avait requis à son encontre trois ans de prison dont un ferme, soit la même peine qu'en première instance, soulignant sa "posture de déni".
Lors de l'audience du 4 mai comme en première instance, M. Boutonnat avait contesté les faits qui lui sont reprochés, tout en affirmant mieux comprendre désormais la "souffrance réelle" de son filleul.
La victime, 21 ans au moment des faits, l'accuse d'avoir tenté de le masturber dans son lit après qu'ils se sont baignés nus dans une piscine lors de vacances en Grèce en août 2020, dans la maison de campagne de M. Boutonnat.
Le jeune homme affirme l'avoir ensuite masturbé dans sa chambre pour qu'il arrête de le toucher.
Lors de son procès en appel, l'ancien président du CNC a de nouveau reconnu l'avoir pris en photo nu à la sortie de la piscine mais alors qu'il visait le paysage; et des baisers dans la chambre de ce dernier, mais consentis et initiés par son filleul, toujours selon ses dires.
Enfin, le lendemain, les deux parties s'accordent sur le fait que M. Boutonnat est entré dans la salle de bain de son filleul pour l'embrasser, cette fois-ci selon M. Boutonnat pour tenter de lever l'ambiguïté sur les faits de la nuit précédente.
M. Boutonnat, qui était l'une des figures les plus puissantes du cinéma français, a dirigé de 2019 à 2024 le CNC, structure notamment chargée de gérer la prévention des violences sexuelles dans l'industrie cinématographique.
Il avait démissionné de ses fonctions après sa condamnation en première instance en juin 2024.
"Dominique Boutonnat a été innocenté de tous les faits reprochés", ont réagi dans un communiqué transmis à l'AFP ses avocates, Mes Céline Lasek et Delphine Meillet.
"Au terme d’une longue procédure de six ans et d’une décision de trois magistrats de Cour d’appel de Versailles extrêmement motivée en droit et en fait, nous nous réjouissons que justice ait enfin été rendue", ont-elles ajouté, précisant que leur client ne souhaitait pas faire d'autre commentaire.
L'avocate du plaignant, Me Caroline Toby, n'a pas souhaité réagir.

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