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Violences : l'État au chevet des commerçants, promet plus de sécurité
information fournie par AFP 20/10/2026 à 23:26

Le Premier ministre Sébastien Lecornu (d et le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez à la sortie d'une réunion interministérielle de crise au ministère de l'Intérieur, à Paris, le 19 octobre 2026 ( POOL / JULIEN DE ROSA )

Le Premier ministre Sébastien Lecornu (d et le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez à la sortie d'une réunion interministérielle de crise au ministère de l'Intérieur, à Paris, le 19 octobre 2026 ( POOL / JULIEN DE ROSA )

Le gouvernement a dévoilé mardi une série d'aides pour les commerces pillés et dégradés ce week-end, tout en reconduisant des couvre-feux dans plusieurs villes et en assurant que le déploiement des forces de l'ordre serait "massif" le 24 octobre.

"A peu près 3.000 commerces" ont été touchés ce week-end, selon le ministre du Commerce Serge Papin, près de 700 rien qu'à Marseille.

Dès vendredi, ils pourront obtenir auprès de Bpifrance un prêt allant jusqu'à 50.000 euros, a annoncé le ministre de l'Économie, Roland Lescure, à l'issue d'un "conseil des entreprises exceptionnel" à Bercy.

Pour éviter les licenciements, l'exécutif a également déclenché un chômage partiel pour les salariés de commerces contraints de fermer. Ils toucheront 60% de leur salaire, intégralement pris en charge par l’État dans les entreprises de moins de 150 salariés. Entre 10.000 et 15.000 emplois seraient concernés, selon le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou.

Les plus petits commerces pourront aussi compter sur un "fonds de soutien" calé sur leurs pertes de chiffre d'affaires.

"Les commerçants ne seront pas seuls", a par ailleurs déclaré Serge Papin dans un entretien au Figaro dans la soirée, les appelant à "porter plainte" et que "les chambres de commerce les y aideront".

Couvre-feux reconduits

A l'Assemblée nationale, la séance des Questions au gouvernement a été particulièrement agitée, la stratégie de maintien de l'ordre étant fortement remise en cause notamment par la gauche, tandis que droite et extrême droite ont demandé plus de fermeté.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 20 octobre 2026 à Paris ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 20 octobre 2026 à Paris ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Le dispositif policier pour les nouvelles manifestations du 24 octobre "sera massif", a promis Sébastien Lecornu. "La doctrine (...) sera revue en termes de moyens, en volume bien sûr, en termes de forces engagées et en termes de réactivité, de mobilité", a complété son ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

L'exécutif pointe toujours la responsabilité de l'ultragauche et LFI, accusée d'avoir "jeté de l'huile sur le feu".

Le Premier ministre a évoqué à plusieurs reprises "la menace que portent l'ultragauche et l'extrême gauche radicale", qui ont mis en place samedi "en certains endroits un schéma insurrectionnel" et qui ont, à ses yeux, "un agenda de déstabilisation de nos institutions" à quelques mois de la présidentielle.

La nuit de lundi à mardi s'est déroulée sans incident notable dans le pays, d'après la police et la gendarmerie.

Les couvre-feux ciblés dans certaines portions de Paris, Lyon, Bordeaux, Lille ou Nice y "ont contribué", a estimé le chef du gouvernement.

De nouveaux couvre-feux seront décidés "là où la situation le nécessite", a-t-il ajouté.

A Bordeaux et à Nice, ils étaient déjà prévus sur plusieurs jours.

A Marseille, ils s'appliqueront dans certains quartiers pour les mineurs à partir de 22H00, de mardi à vendredi inclus.

Un fiché S interpellé

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a fait état de 123 incarcérations depuis le début des violences et demandé aux parquets de "passer en qualification de criminalité organisée", ce qui permet d'allonger les gardes à vue.

La mairie de Limoges incendiée lors d'une manifestation contre la vie chère, le 17 otobre 2026 ( AFP / PASCAL LACHENAUD )

La mairie de Limoges incendiée lors d'une manifestation contre la vie chère, le 17 otobre 2026 ( AFP / PASCAL LACHENAUD )

Dans l'enquête sur l'incendie de la mairie de Limoges, un homme, fiché S et connu pour son appartenance à l'ultragauche, a été interpellé en Haute-Vienne, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier. La sous-direction anti-terroriste (SDAT) a été saisie.

Plus que jamais ciblés, les Insoumis ont dit vouloir poursuivre Laurent Nuñez, devant la Cour de justice de la République après un article de Mediapart selon lequel le gouvernement aurait demandé aux services de renseignement de mettre en cause LFI dans les violences du week-end. Sébastien Lecornu a formellement démenti ces accusations.

M. Nuñez, dont le président de la République, Emmanuel Macron, a refusé la démission, avait reconnu lundi une "perte de contrôle" dans certaines villes.

Plusieurs manifestants ont été grièvement blessés : une adolescente de 17 ans a perdu un œil et à Saint-Étienne, un jeune homme du même âge a eu la main arrachée par une grenade.

Son avocat a annoncé lundi le dépôt d'une plainte contre l'auteur du tir et contre Laurent Nuñez.

"Protéger" le droit à manifester

Dans ce contexte très tendu, M. Lecornu recevra les syndicats mercredi et les partis politiques jeudi. Jordan Bardella et Marine Le Pen (RN) se feront représenter, tandis que Mathilde Panot a dit ne pas encore savoir si LFI participera.

Quant à la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, elle a appelé l’État à de "vraies réponses sociales".

La crise est suivie de près à l'étranger : le président américain, Donald Trump, a écrit que "la France brûle", et Pékin a appelé ses ressortissants en France à la "vigilance".

L'UE a dénoncé pillages et incendies tout en appelant la France à "protéger" le droit à manifester pacifiquement.

Les marchés s'inquiètent aussi : l'écart entre les taux d'emprunt à 10 ans de la France et de l'Allemagne, qui mesure la méfiance des investisseurs envers la dette française, est au plus haut depuis 2012.

18 commentaires

  • 20:16

    La dette de la France est de plus en plus détenue par des hedge funds qui jouent la chute avec les élections et le RN car la danger de la dette n'est pas pris en compte ni par le RN ni par LFI. Les banques ne peuvent pas prendre de risque avec la dette française déclassée. la France ne traite pas son problème d'absence d'excédent primaire comme l'ont fait les pays du Sud dont l'Italie. Dès lors la chute approche et elle est certaine car peu ont compris le problème et danger proche


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