Le 14 avril 2026, à Paris, des animateurs de garderies périscolaires se rassemblent devant l'Hôtel de Ville lors d'une manifestation organisée par le syndicat Supap-FSU ( AFP / JULIEN DE ROSA )
Plus d'une centaine d'animateurs et responsables de périscolaire parisiens se sont rassemblés mardi devant l'Hôtel de Ville pour réclamer des moyens humains et financiers afin d'améliorer leurs conditions de travail alors que les révélations de violences sexuelles s'enchaînent dans les écoles.
"Travail sérieux, moyens sérieux, enfants heureux", "Grégoire, stop aux regards accusatoires", pouvait-on lire sur des pancartes.
L'intersyndicale Supap/FSU-CFDT-CGT, qui appelait à manifester et à faire grève, sera reçue à 16H00 par l'adjointe chargée des Affaires scolaires Anne-Claire Boux.
"Il y a eu des beaux tracts, des belles promesses de campagne. Maintenant il faut des moyens pour l'animation et la fin de la précarité. La question des moyens est essentielle", a déclaré Nicolas Léger, secrétaire général du syndicat Supap-FSU.
"On est là pour accompagner et défendre les agents suspendus injustement sans discernement", souligne de son côté Marouan Tayibi, délégué syndical CFDT, évoquant "des agents en détresse qui ne comprennent pas ce qui leur arrive".
Selon la Ville, 78 agents ont été suspendus depuis le début de l'année dont 31 pour suspicions de violences sexuelles.
"C'est très très dur pour les agents, les parents. On ne sait plus quoi faire, comment faire. On est sous pression et en même temps c'est compréhensible. Il s'agit de la protection des enfants", témoigne Elsa, 44 ans, directrice de périscolaire dans le VIe, pour qui "de nombreux agents cherchent à changer de métier".
"Les conditions de travail étaient déjà dures. Là, ça renforce encore plus ce sentiment de difficulté, d'inconfort, de pression", ajoute cette agente de 44 ans, qui gagne 2.000 euros nets par mois "dont un tiers de primes".
Laurence, directrice périscolaire dans le VIIIe et le IXe, évoque également une "peur d'intervenir auprès des enfants par crainte d'être accusé à tort".
Les syndicats réclament la création de "centaines de postes de titulaires", alors que l'animation parisienne fonctionne aujourd'hui essentiellement avec des vacataires, une revalorisation des carrières, une réduction des taux d'encadrement, le recrutement d'agents formés pour le change en maternelle ainsi qu'un meilleur accompagnement des enfants à besoins particuliers.
Interrogé sur la proposition de la droite parisienne d'installer des caméras de vidéosurveillance dans les écoles, Nicolas Léger estime la proposition difficilement réalisable.
"Si on veut surveiller tous les angles morts ou les endroits où il pourrait se passer des choses, il faudrait une centaine de caméras dans chaque école. C'est un coup faramineux. Ce n'est pas la solution. Il faut des agents mieux formés et plus nombreux", estime-t-il.

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