Aller au contenu principal Activer le contraste adaptéDésactiver le contraste adapté
Fermer

Vietnam: le français, atout académique en quête de débouchés professionnels
information fournie par AFP 31/08/2025 à 14:26

Un écolier suit un cours de français à l'école Doan Thi Diem d'Hanoï, la première de la capitale vietnamienne à avoir introduit le français en primaire, le 29 août 2025 ( AFP / Nhac NGUYEN )

Un écolier suit un cours de français à l'école Doan Thi Diem d'Hanoï, la première de la capitale vietnamienne à avoir introduit le français en primaire, le 29 août 2025 ( AFP / Nhac NGUYEN )

Linh Anh, 10 ans, assure qu'elle sera "professeure de français", sa camarade Ngoc Anh, également en CM2, architecte "comme Monsieur Eiffel": au Vietnam, de rares écoliers continuent d'apprendre la langue de Molière, encore valorisée académiquement même si elle peine à ouvrir des portes sur le marché du travail.

Dans le pays de 100 millions d'habitants, la plupart des estimations évoquent 600.000 à 700.000 locuteurs francophones, principalement des personnes âgées ayant connu la fin de l'époque coloniale ou nées peu après l'indépendance, dont les Vietnamiens fêteront le 80e anniversaire de la proclamation mardi.

L'enseignante vietnaminenne Luu Thanh Hang donne un cours de français à ses élèves de primaire à l'école Doan Thi Diem d'Hanoï, la première de la capitale vietnamienne à avoir introduit le français en primaire, le 29 août 2025 ( AFP / Nhac NGUYEN )

L'enseignante vietnaminenne Luu Thanh Hang donne un cours de français à ses élèves de primaire à l'école Doan Thi Diem d'Hanoï, la première de la capitale vietnamienne à avoir introduit le français en primaire, le 29 août 2025 ( AFP / Nhac NGUYEN )

La français comptait seulement 30.800 apprenants dans le primaire et le secondaire en 2023, selon un rapport du ministère de l'Education vietnamien, très loin derrière l'anglais, mais bien devant le japonais et le chinois. Il reste néanmoins la deuxième langue étrangère la plus enseignée.

Ce matin-là, à l'école Doan Thi Diem d'Hanoï, la première de la capitale à avoir introduit le français en primaire, la maîtresse Luu Thanh Hang fait réviser les mots de la garde-robe à sa vingtaine d'élèves de CE1, surexcités après l'ouverture de la classe sur une comptine.

Des écoliers suivent un cours de français à l'école Doan Thi Diem d'Hanoï, la première de la capitale vietnamienne à avoir introduit le français en primaire, le 29 août 2025 ( AFP / Nhac NGUYEN )

Des écoliers suivent un cours de français à l'école Doan Thi Diem d'Hanoï, la première de la capitale vietnamienne à avoir introduit le français en primaire, le 29 août 2025 ( AFP / Nhac NGUYEN )

"Le français, c'est une langue de culture et de diplomatie. Elle aide les élèves, les enfants, à développer leur sens critique et leur créativité", explique à l'AFP la professeure de 28 ans, y voyant "une compétence qui les distinguera sur le marché du travail".

Lors de sa visite d'Etat en mai, le président Emmanuel Macron avait réservé son discours principal aux étudiants parfois francophones de l'Université des sciences et des technologies d'Hanoï, les appelant justement à "apprendre la controverse respectueuse".

- "Jamais un grand pays francophone" -

Mais intéresser les jeunes au français devient de plus en plus difficile à mesure que la langue se perd avec les anciennes générations.

Des élèves et leur professeure posent pour une photo de classe à l'école Doan Thi Diem d'Hanoï, la première de la capitale vietnamienne à avoir introduit le français en primaire, le 29 août 2025 ( AFP / Nhac NGUYEN )

Des élèves et leur professeure posent pour une photo de classe à l'école Doan Thi Diem d'Hanoï, la première de la capitale vietnamienne à avoir introduit le français en primaire, le 29 août 2025 ( AFP / Nhac NGUYEN )

"Décider de suivre des cours de français est plus difficile comparé à l'anglais. Après l'obtention du diplôme, trouver un emploi est plus compliqué" qu'avec la langue reine, constate la présidente du conseil de l'école Doan Thi Diem, Nguyen Thi Hien. Elle affirme toutefois que des anciens élèves ont réussi à travailler à l'étranger, "pas seulement en France mais aussi au Royaume-Uni et aux Etats-Unis".

Selon l'Insee, 77.000 immigrés originaires du Vietnam vivaient en France en 2023. La diaspora, elle, représente quelque 350.000 personnes.

Des élèves suivent un cours de français à l'école Doan Thi Diem d'Hanoï, la première de la capitale vietnamienne à avoir introduit le français en primaire, le 29 août 2025 ( AFP / Nhac NGUYEN )

Des élèves suivent un cours de français à l'école Doan Thi Diem d'Hanoï, la première de la capitale vietnamienne à avoir introduit le français en primaire, le 29 août 2025 ( AFP / Nhac NGUYEN )

En parallèle, dans le pays d'Asie du Sud-Est, la francophonie fait face à une "criante insuffisance de débouchés professionnels", souligne Pierre Journoud, professeur d'histoire contemporaine à l'université Paul-Valéry de Montpellier, alors que les parts de marché de la France au Vietnam sont "depuis longtemps inférieures à 1%".

"La qualité et le dynamisme du microcosme francophone de la capitale vietnamienne – et d'une poignée d'autres villes du pays – ne reflètent évidemment pas le tableau général d'une francophonie en difficulté depuis plusieurs années", ajoute ce responsable d'un diplôme passerelle vers le Vietnam, rappelant que ce dernier "n'a jamais été un grand pays francophone", avec toujours moins de 10% de locuteurs au maximum dans les années 1930-1940.

Des élèves jouent dans la cour de l'école Doan Thi Diem d'Hanoï, la première de la capitale vietnamienne à avoir introduit le français en primaire, le 29 août 2025 ( AFP / Nhac NGUYEN )

Des élèves jouent dans la cour de l'école Doan Thi Diem d'Hanoï, la première de la capitale vietnamienne à avoir introduit le français en primaire, le 29 août 2025 ( AFP / Nhac NGUYEN )

"Pour ma carrière, parler français reste un avantage, mais pas toujours très utile parce que les clients ou mes collègues se servent normalement de l'anglais", confirme à l'AFP Nguyen Quang Bach, employé dans le secteur des technologies de l'information âgé de 21 ans.

Il précise cependant que cette compétence lui a offert "beaucoup d'opportunités académiques".

En mai, Emmanuel Macron avait souligné qu'à date, plus de 15.000 ingénieurs, 3.000 médecins et encore des milliers d'experts judiciaires vietnamiens avaient été formés en France.

"Quand je serai grande, je veux aller en France et étudier avant le lycée", dit Linh Anh.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires