(Actualisé tout du long avec Zelensky, Kremlin, précisions)
La Russie a accepté la proposition des Etats-Unis d'organiser une réunion trilatérale au niveau technique avec l'Ukraine, a déclaré mercredi un représentant américain, tandis que le président ukrainien Volodimir Zelensky a dit soutenir cette démarche et vouloir que les discussions se tiennent au plus tôt.
Ces commentaires ont été effectués à la suite d'une visite en Russie de Steve Witkoff, émissaire spécial du président américain Donald Trump, lors de laquelle il a rencontré le président russe Vladimir Poutine.
Ils s'inscrivent dans un contexte d'inquiétudes à Kyiv et parmi ses alliés à propos d'un possible virage entrepris par Washington au détriment de l'Ukraine, alors que les Etats-Unis ont un temps suspendu le partage de renseignements avec les autorités ukrainiennes à propos des bombardements de la Russie.
Donald Trump a également annoncé plus tôt ce mois-ci être convenu lors d'un entretien téléphonique avec Vladimir Poutine d'un accord sur des livraisons de diesel, ce qui a provoqué un tollé de la part de responsables ukrainiens et européens ainsi que d'élus démocrates et républicains au Congrès américain.
Le Kremlin a fait savoir mercredi que Vladimir Poutine a accepté de reprendre les efforts de paix chapeautés par les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, entrée en février dernier dans sa cinquième année.
Ces discussions trilatérales au niveau technique pourraient avoir lieu à Abou Dhabi, qui a déjà accueilli un précédent cycle de pourparlers, et se focaliseraient sur des garanties sécuritaires apportées à la Russie et à l'Ukraine une fois la guerre terminée, a ajouté la présidence russe. Elles pourraient se tenir autour du 10 novembre, a-t-elle indiqué.
Volodimir Zelensky a dit par la suite que Kyiv soutenait la proposition de Washington et souhaitait au plus vite une rencontre entre des négociateurs des trois pays.
"Le camp américain nous propose de tenir (cette réunion) dès que possible et nous y sommes favorables", a dit le président ukrainien à des journalistes au cours d'un échange via la messagerie WhatsApp, ajoutant avoir été informé par des représentants américains que la Russie "soutenait" l'idée.
Les Américains "vont tout faire pour garantir que la réunion se tienne au plus vite, en novembre, je pense au plus tard début novembre", a-t-il ajouté.
NEUVIÈME RENCONTRE WITKOFF-POUTINE EN RUSSIE
Volodimir Zelensky, qui s'était entretenu mardi avec Steve Witkoff lors d'une réunion en Norvège à laquelle ont également pris part des responsables européens, a souligné que Kyiv soutenait "toute proposition de cessez-le-feu, pour mettre fin à la guerre, des trêves énergétiques". Il avait répété plus tôt être disposé à dialoguer.
Aucun cycle de pourparlers trilatéraux n'a été organisé depuis le début de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, le 28 février dernier. Quelques jours plus tôt, à Abou Dhabi, les délégations ukrainienne et russe étaient convenues d'un échange de prisonniers, sans avancer toutefois sur les principaux points de contentieux.
Revenu au pouvoir à la Maison blanche en janvier 2025, Donald Trump avait promis de mettre fin à la guerre en Ukraine en "seulement vingt-quatre heures".
Il a rétabli les contacts directs avec Moscou, rompus par son prédécesseur Joe Biden en raison du conflit, et pris part l'an dernier à un sommet bilatéral avec Vladimir Poutine n'ayant débouché sur aucune mesure de paix.
Les positions de l'Ukraine et de la Russie demeurent très éloignées sur les contours d'un potentiel accord.
Alors que Volodimir Zelensky écarte l'idée d'abandonner tout territoire ukrainien à Moscou, Vladimir Poutine exige le plein contrôle de la région de Donetsk dans l'Est ukrainien, la garantie que Kyiv n'intégrera pas l'Otan et des restrictions sur les capacités militaires ukrainiennes.
Donald Trump, qui s'en était vivement pris à Volodimir Zelensky lors d'une rencontre à la Maison blanche en février 2025, a déclaré cette semaine qu'il serait opportun que l'Ukraine se trouve un nouvel interlocuteur pour négocier et qu'il était temps de mettre fin à la guerre avant que "de mauvaises choses se passent".
Steve Witkoff a rencontré mercredi Vladimir Poutine pour la neuvième fois en tant qu'émissaire spécial. Leur réunion, au Grand palais impérial de Saint-Pétersbourg, a duré près de trois heures. Elle a donné lieu notamment à ce qui a été présenté comme un "geste de bonne volonté" de la part du président russe: la libération du ressortissant américain Stephen Hubbard, emprisonné en Russie depuis 2022.
Kirill Dmitriev, conseiller spécial du Kremlin qui a également pris part aux discussions, a déclaré que d'importants projets économiques communs ont été évoqués.
(Bureau de Moscou, avec Steve Holland à Washington, Ron Popeski; rédigé par Jean Terzian)

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