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USA: La Fed doit gérer le risque d'une inflation liée aux droits de douane, dit Powell
information fournie par Reuters 25/06/2025 à 23:53

Powell à nouveau auditionné mercredi au Congrès américain

Powell à nouveau auditionné mercredi au Congrès américain

par Howard Schneider et Ann Saphir

Les projets de droits de douane de l'administration Donald Trump pourraient bien ne provoquer qu'une hausse ponctuelle des prix, mais le risque qu'ils entraînent une inflation plus persistante est suffisamment important pour que la Réserve fédérale américaine (Fed) soit prudente avant d'envisager de nouvelles baisses de taux directeurs, a déclaré mercredi son président, Jerome Powell, devant le Congrès.

Même si la théorie économique tend à considérer les droits de douane comme un choc ponctuel sur les prix, "ce n'est pas une loi de la nature", a déclaré Jerome Powell devant la commission bancaire du Sénat, au lendemain d'une audition devant une commission de la Chambre des représentants.

Le président de la Fed a ainsi tenu à expliquer la raison pour laquelle la banque centrale souhaite obtenir davantage d'informations sur le niveau final des droits de douane et sur la manière dont ils influencent les prix et les attentes du public en matière d'inflation.

"Si les droits de douane sont appliqués rapidement et qu'il n'y en a plus, il est très probable qu'il s'agisse d'une mesure ponctuelle qui n'entraînera pas une inflation plus persistante, a-t-il développé. Mais "c'est un risque que nous ressentons", a-t-il prévenu.

En tant que responsables de la stabilité des prix, nous devons gérer ce risque. C'est tout ce que nous faisons", en maintenant les taux stables pour le moment.

Les effets des droits de douane "peuvent être importants ou faibles. C'est quelque chose qu'il faut aborder avec prudence. Si nous commettons une erreur, les gens en paieront le prix pendant longtemps", a-t-il ajouté.

CALENDRIER INCERTAIN SUR LES TAUX

Les responsables de la Fed prévoient toujours de réduire les taux directeurs cette année, mais le calendrier est incertain, car ils attendent les prochaines échéances commerciales et espèrent avoir davantage de certitudes sur l'ampleur des droits de douane qui seront imposés et sur la manière dont ces surtaxes sur les importations influenceront les prix et la croissance économique.

Le président Donald Trump souhaite que la Fed réduise ses taux directeurs dès à présent et les élus républicains de la Chambre des représentants ainsi que ceux de la commission bancaire du Sénat ont pressé le président de la Fed de s'expliquer sur la très grande prudence de la banque centrale sur les coûts d'emprunt.

Au Sénat, mercredi, le sénateur républicain de l'Ohio, Bernie Moreno, reprenant les critiques fréquentes de Donald Trump à l'encontre de Jerome Powell, a accusé le patron de la Fed de façonner la politique monétaire à travers "une lentille politique, parce qu'il n'aime tout simplement pas les droits de douane".

"Nous avons été élus par des millions d'électeurs. Vous avez été élu par une personne qui ne veut pas que vous occupiez ce poste", a déclaré Bernie Moreno, faisant référence au mandat de Jerome Powell à la tête de la Fed. Ce dernier a été nommé par Donald Trump lors de son premier mandat à la Maison blanche.

TROIS OU QUATRE CANDIDATS ENVISAGÉS PAR TRUMP

Le président américain a jugé mercredi que Jerome Powell était lamentable ("terrible") et a dit connaître trois ou quatre personnes qui sont candidates au poste de président de la Fed, à l'occasion d'un déplacement à La Haye pour le sommet de l'Otan.

Selon certaines sources, les principaux prétendants seraient l'ancien gouverneur de la Fed, Kevin Warsh, le directeur du Conseil économique national, Kevin Hassett, l'actuel gouverneur de la Fed, Christopher Waller, et le secrétaire au Trésor, Scott Bessent.

En réponse à d'autres questions, Jerome Powell a indiqué que la Fed ne disposait d'aucun exemple moderne d'augmentation des droits de douane de l'ampleur de celle envisagée par Donald Trump. Il a souligné que les droits de douane imposés par le président américain au cours de son premier mandat étaient bien moins importants que ce qui semble probable aujourd'hui, et qu'ils avaient été adoptés à une époque où l'inflation était faible.

Les responsables de la Fed redoutent une spirale inflationniste alors que la dynamique des prix est actuellement supérieure à l'objectif à moyen terme de 2% fixé par la Fed depuis environ quatre ans.

"Cette situation est différente", a déclaré Jerome Powell. "Il n'y a pas de précédent moderne et nous devons faire preuve d'humilité dans nos estimations", a-t-il expliqué.

Même si l'inflation récente est plus modérée que prévu, la banque centrale s'attend à ce que l'augmentation des taxes à l'importation entraîne une hausse de l'inflation à compter de cet été, a déclaré Jerome Powell aux élus de la Chambre des représentants lors de son audition de mardi.

Le président de la Fed a souligné que l'institution n'était pas disposée à réduire ses taux directeurs tant que ses responsables n'auront pas vu un processus montrant des signes persistants.

"Nous devrions commencer à le voir au cours de l'été, dans les chiffres de juin et de juillet (...) Si ce n'est pas le cas, nous sommes tout à fait ouverts à l'idée que la répercussion (sur les consommateurs) sera moins importante que nous le pensons, et si c'est le cas, cela aura une incidence sur la politique", a-t-il dit.

"Je pense que s'il s'avère que les pressions inflationnistes restent contenues, nous arriverons à un stade où nous réduirons les taux plus tôt que plus tard (...) Je ne veux pas pointer vers une réunion en particulier. Je ne pense pas qu'il faille se précipiter", notamment en raison d'un marché du travail encore solide et de l'incertitude quant à l'impact du débat sur les droits de douane, qui n'est toujours pas résolu.

Des surtaxes sont déjà oeuvre sur certains produits, mais la date limite du 9 juillet pour un relèvement des droits de douane dits "réciproques" vis-à-vis d'un grand nombre de pays est proche, sans que l'on sache avec certitude si l'administration Trump reviendra à un tarif plancher de 10% ou si elle imposera des mesures plus agressives.

(Reportage Howard Schneider; avec la contribution de Jeff Mason et Nandita Bose; version française Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)

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