Le président de l'organisation patronale estime que la mesure compliquerait encore plus la tâche des entreprises, confrontées un "surcoût du travail" déjà en augmentation.
Patrick Martin, le 28 août 2026, à Blois ( AFP / ALAIN JOCARD )
Une hausse du Smic pour "acheter la paix sociale", ajoutée au renchérissement du coût du travail prévu dans le budget de la Sécu risque de "créer la pagaille dans les entreprises", a estimé vendredi 23 octobre le président du Medef Patrick Martin.
Une éventuelle décision du gouvernement sur une hausse du Smic, anticipée et plus importante que prévu pour répondre à la crise, ne fait pas à elle seule "tiquer le patronat", mais cela viendrait "se surajouter" à la baisse des allègements de charges patronales prévue dans le projet de budget du gouvernement, a assuré sur France Info le président de l'organisation patronale.
"Au motif d'acheter, en quelque sorte, la paix sociale dans la rue, on va créer la pagaille dans les entreprises", a estimé Patrick Martin, à la veille de nouvelles manifestations contre la "vie chère".
Selon Patrick Martin, le projet de budget du gouvernement pour la Sécurité sociale pour 2027 imposerait 11,5 milliards d'euros de "surcoût du travail" aux entreprises, en transférant des dépenses de l'Assurance maladie vers les complémentaires santé mais surtout en revenant sur certains allègements de charges, ce qui aurait un coût de 9,3 milliards pour les entreprises selon le Medef.
Un coût bien plus important que celui mis en avant par le gouvernement (3,7 milliards), mais qui intègre aussi des mesures déjà actées cette année, dont le gel des allègements décidé en 2026 qui a privé les entreprises de 2,8 milliards d'allègements supplémentaires cette année.
Ces sommes ne seront "plus disponibles" pour augmenter les salaires, a fait valoir Patrick Martin.
Quelle protection des commerçants?
A la veille d'une nouvelle journée de mobilisations strictement encadrées, le président du Medef a par ailleurs appelé l'Etat à prendre des "mesures beaucoup plus fortes" pour protéger les biens et les personnes. Selon le réseau des chambres de commerce et d'industrie en France (CCI France), plus de 2.200 commerces ont été touchés par des violences et des pillages le week-end dernier. Les entreprises paient "des impôts, y compris pour que l'ordre public soit assuré", a rappelé Patrick Martin, qui n'exclut pas, à défaut, de faire appel à la sécurité privée.
Mais "il ne faut pas tomber dans l'autodéfense, parce que d'abord, c'est hors la loi", a-t-il mis en garde, disant avoir passé le message aux entreprises du réseau Medef.
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