Depuis début 2025, les enlèvements liés aux cryptomonnaies se sont multipliés en France ( AFP / Justin TALLIS )
Une femme et son fils de 11 ans ont été enlevés lundi en Bourgogne sur fond de demande de rançon en cryptomonnaies mais, grâce à la mobilisation d'une centaine de gendarmes dont ceux du GIGN, ils ont pu être libérés dès mardi et sept hommes placés en garde à vue.
Les enlèvements, parfois spectaculaires, contre demande de rançon ou vols de cryptomonnaies se sont multipliés depuis début 2025 dans toute la France, parallèlement à la popularité de ces actifs.
Lundi en début d'après-midi, la gendarmerie a été prévenue qu'"une femme et son enfant âgé de 11 ans avaient été enlevés et que les ravisseurs réclamaient une rançon à leur époux et père", a relaté le parquet de Paris, sollicité par l'AFP.
Selon le ministère public, peu après 07H00 lundi, quatre personnes cagoulées ont pénétré au domicile des victimes, dans l'Yonne. Le père a été attaché à une chaise par des colliers de serrage et les agresseurs sont ensuite allés chercher sa compagne et leur enfant.
Ils ont "exigé un virement de 400.000 dollars en cryptomonnaie", a indiqué le parquet, en précisant que les malfaiteurs "avaient frappé le père et l'avaient menacé de mutilation".
- Bijoux et lingots -
Après avoir fouillé l'intégralité du domicile, ils se sont "emparés de 10.000 euros en espèces, de bijoux, de petits lingots d'argent, et d'un fusil" avec lequel ils ont "menacé les victimes".
Découvrant l'existence d'un délai incompressible de sept jours avant l'effectivité du transfert des cryptomonnaies, les malfaiteurs ont enlevé la femme et l'enfant, repartant à bord de deux véhicules.
L'homme est parvenu à se défaire de ses liens et à prévenir un ami, qui a avisé les forces de l'ordre. Il a reçu des vidéos de ses proches, manifestement retenus dans une chambre d'hôtel.
Selon le parquet de Paris, "les investigations particulièrement rapides des gendarmes ont permis de localiser (le lieu) à Boissy-Saint-Léger, dans le Val-de-Marne, et de procéder à la libération des otages dès le petit matin (mardi)".
Cette libération a été réalisée mardi à 06H00 par le GIGN, le groupe d'intervention d'élite de la gendarmerie.
L'enquête est dirigée par le parquet de la Jirs (Juridiction interrégionale spécialisée) de Paris et confiée à la Direction générale de la gendarmerie nationale.
Menées par la section de recherches de Dijon, les investigations ont mobilisé une centaine de gendarmes de l'unité nationale de police judiciaire, du GIGN et de son antenne de Dijon, du groupement de gendarmerie départementale de l'Yonne et de la section de recherches de Paris.
- "Lacérations" -
Si cette affaire est aux mains de la Jirs de Paris, le nouveau parquet anti-criminalité organisée (Pnaco), entré en fonction début janvier, a indiqué de son côté à l'AFP début avril gérer 13 enlèvements aux cryptomonnaies.
Récemment encore, les 19 et 21 mars, quatre personnes, soupçonnées d'être impliquées dans le rapt en janvier à Sallanches (Haute-Savoie) des parents d'un propriétaire de cryptomonnaies, ont été mis en examen à Paris, selon des sources proches du dossier.
Le couple de septuagénaires avait été kidnappé à son domicile dans la nuit du 14 au 15 janvier, selon le Pnaco, puis retrouvés le 16 janvier à Montélimar (Drôme), d'après une source judiciaire. Maltraités, ils présentaient des doigts "entaillés" et des "lacérations", selon une source proche du dossier.
L'un des suspects, Kassim G., soupçonné d'avoir joué le rôle de "meneur opérationnel" selon cette source, était déjà mis en examen pour la séquestration en février d'une magistrate grenobloise, dont le compagnon est associé dans une startup liée aux cryptomonnaies.
La série noire des enlèvements en France a commencé en janvier 2025 avec le rapt du cofondateur de Ledger (startup de portefeuilles de cryptomonnaies), David Balland, et de sa compagne. Ce dernier, dont le doigt avait été sectionné par les malfaiteurs, avait été libéré grâce à un assaut du GIGN, tandis que sa compagne avait été retrouvée ligotée dans un véhicule par les gendarmes. Six hommes et une femme avaient été mis en examen dans la foulée, tandis que le commanditaire présumé a été mis en examen en avril et écroué.

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