La ministre a été chargée de présenter d'ici octobre de nouvelles mesures pour "accélérer" la mise en œuvre du Plan national d'adaptation au changement climatique.
Monique Barbut à Paris, le 27 juillet 2026. ( AFP / LOU BENOIST )
Après avoir annoncé sa démission en juillet, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut va finalement rester au gouvernement pour peser sur ses trois grandes priorités. L'une d'entre elle, l'adaptation au changement climatique, fera l'objet de propositions, dont un financement qui ferait appel à "l'épargne des Français", a-t-elle promis dans un entretien à Libération publié dimanche 16 août.
"Je peux me sentir plus fragile mais pas fragilisée. Les articles publiés dans la presse cet été ne viennent pas que des oppositions... Je ne suis pas dupe. Certains aimeraient que je ne sois plus là. Il faudra encore me supporter", affirme-t-elle dans cet entretien, concernant sa démission, annoncée en juillet pour protester contre l'adoption de la loi d'urgence agricole. Elle était finalement restée au gouvernement, assurant avoir obtenu des "garanties" sur des sujets lui tenant à cœur , comme l'adaptation au changement climatique.
"J'ai trois grandes priorités : l'adaptation, la forêt et la santé environnementale sur lesquelles j'ai fait et ferai des propositions", affirme-t-elle dans l'entretien. "Tant que ces sujets avancent", la question de son avenir au gouvernement "ne se pose pas", dit-elle.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu l'avait chargée fin juillet de lui présenter d'ici octobre de nouvelles mesures pour "accélérer" la mise en œuvre du Plan national d'adaptation au changement climatique.
Un financement via la Caisse des dépôts
"Pour ce qui est du financement, les ressources de l'État étant ce qu'elles sont, je voudrais creuser la piste d'un financement via la Caisse des dépôts issu de l'épargne des Français" , indique Monique Barbut.
Elle revient aussi sur le cadmium, métal lourd toxique présent dans l'environnement et l'alimentation, pour lequel le gouvernement prépare un décret organisant la baisse dans les engrais phosphatés. "Je souhaite que nous fixions une norme maximale de 20 milligrammes par kilogramme (mg/kg) à horizon 2030, contre 90 mg/kg actuellement", dit Monique Barbut. Une baisse plus rapide que celle qu'envisageait le ministère de l'Agriculture en mai, à "40 mg/kg en 2030" et "20 mg/kg" d'ici 2038.
La ministre juge enfin "pas surprenantes" les conclusions du Conseil constitutionnel, qui a validé vendredi la quasi-totalité de la loi d'urgence agricole, tout en saluant des clarifications "utiles".
Ainsi l'absence de décision de l'Anses, dans le délai de deux mois prévu pour une demande de dérogation à l'utilisation de l'insecticide acétamipride, vaut décision de refus. "Je veillerai à ce qu'aucune pression ne soit exercée sur l'Anses pour tenir des délais qui ne seraient pas compatibles avec les exigences d'une expertise scientifique rigoureuse", affirme Monique Barbut.
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