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Trump reçoit son homologue colombien Petro pour tenter un rapprochement
information fournie par Reuters 03/02/2026 à 18:37

(Actualisé avec début de la réunion)

par Bo Erickson, Luis Jaime Acosta, Gram Slattery et Nelson Bocanegra

Le président américain Donald Trump a reçu mardi à la Maison blanche son homologue colombien Gustavo Petro pour une première rencontre, qui devrait fournir des indications sur leur capacité à apaiser durablement leurs relations malgré des conceptions politiques opposées.

Donald Trump, qui affiche sa volonté d'imposer une domination des Etats-Unis sur l'ensemble du continent américain, notamment en Amérique latine, et Gustavo Petro, ancien guérillero anti-impérialiste devenu président en 2022, entretiennent depuis plusieurs mois une relation à distance houleuse, faite d'invectives réciproques et de tentatives de rapprochement.

Le président américain a qualifié en octobre son homologue colombien de "chef clandestin de trafic de drogue", sans fournir la moindre preuve à l'appui de son accusation, puis il a évoqué en janvier la possibilité d'une intervention militaire en Colombie, pourtant alliée de longue date des Etats-Unis mais qu'il accuse de ne pas lutter efficacement contre le narcotrafic.

Donald Trump a déclaré lundi aux journalistes que Gustavo Petro avait changé de ton dernièrement, laissant entendre qu'il se montrait plus conciliant à la suite de la capture de Nicolas Maduro.

"Nous allons avoir une bonne réunion", a-t-il prédit.

Si les deux hommes partagent quelques points communs, il s'agit avant tout de leur caractère imprévisible, de leur langage souvent elliptique et de leur propension à changer rapidement d'avis. Une source colombienne a reconnu que leur rencontre pourrait être "tendue" étant donné leurs personnalités.

"ENJEUX ÉLEVÉS"

Lors de la rencontre entre les deux chefs d'Etat, qui a commencé peu après 11h00 (16h00 GMT), les responsables colombiens prévoient de présenter en détail les résultats obtenus dans la lutte contre le trafic de drogue, notamment des chiffres sur les saisies de cocaïne, ont dit trois sources informées.

Will Freeman, chercheur associé sur l'Amérique latine au Council on Foreign Relations, pense que la rencontre peut bien se passer si Gustavo Petro se contente d'évoquer le combat contre le narcotrafic et ne dévie pas sur des questions plus larges d'approches philosophiques du monde.

"Mais tout ce que nous savons sur les personnalités des deux présidents indique que cela ne se passera pas comme ça", prédit-il.

Un échec dans cette tentative de rapprochement entre les deux dirigeants pourrait avoir d'importantes conséquences régionales, craignent des analystes.

La Colombie est le premier producteur au monde de coca, l'élément de base de la cocaïne, et compte sur son territoire plusieurs organisations qualifiées de terroristes par les Etats-Unis. Elle est aussi depuis longtemps l'un des plus fidèles alliés de Washington dans la région et collabore étroitement avec les administrations américaines successives pour tarir les flux de drogue vers l'Amérique du Nord.

Depuis l'arrivée de Gustavo Petro au pouvoir, la production de coca a augmenté même si les chiffres exacts sont sujet de controverse. Bogota affirme que, si les autorités mettent désormais moins l'accent sur l'éradication forcée des cultures, qui prive les paysans de moyens de subsistance, elles ont renforcé les contrôles et les saisies et mis en place des interdictions plus élaborées.

"NOUS REMPLIR D'OPTIMISME"

Pour les dirigeants étrangers, les rencontres avec Donald Trump peuvent s'avérer compliquées, et nombre d'entre eux ont eu recours à la flatterie pour atténuer les tensions avec le président américain et ses conseillers.

Il n'est toutefois pas certain que le président colombien, qui se présente depuis le début de sa carrière comme une épine dans le pied de Washington, décide de s'engager sur cette voie.

Gustavo Petro a exhorté la semaine dernière les émigrés colombiens au Chili, en Argentine et aux Etats-Unis à revenir dans leur pays afin de ne pas vivre comme des "esclaves". Il a aussi déclaré qu'il valait mieux vivre à La Havane qu'à Miami, qu'il a présentée comme une ville congestionnée et dépourvue de culture.

La Colombie a requis que l'entretien se déroule en privé, a dit un responsable colombien, mais Donald Trump, qui aime s'exprimer dans les médias, invite souvent les journalistes à pénétrer dans le Bureau ovale à la dernière minute.

Gustavo Petro s'est voulu positif avant cette rencontre à la Maison blanche.

"Je pense que nous devrions nous remplir d'optimisme", a-t-il dit sur la chaîne de télévision publique RTVC avant de s'envoler pour Washington. "Je vous demande mardi, lorsque je rencontrerai le président, de vous rendre sur toutes les places, de bâtir la chaîne de l'affection, la certitude de l'amour."

(Bo Erickson et Gram Slattery à Washington et Luis Jaime Acosta et Nelson Bocanegra à Bogota, avec Simon Lewis à Washington, rédigé par Gram Slattery, version française Bertrand Boucey, édité par Kate Entringer)

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