Le président américain Donald Trump et son homologue colombien Gustavo Petro ont indiqué mardi avoir eu une réunion cordiale lors de ce qui constituait leur première rencontre en face à face, apaisant les doutes de certains analystes et conseillers qui craignaient que les idéologies divergentes et l'imprévisibilité des deux dirigeants provoquent des étincelles.
Arrivé à la Maison blanche sans le faste accordé à certains dirigeants étrangers, Gustavo Petro s'est entretenu pendant près de deux heures avec Donald Trump, sans que les médias ne soient autorisés à être présents.
S'exprimant par la suite chacun de leur côté, les deux dirigeants n'ont pas fait état de quelconques accords concrets qui auraient été scellés durant la réunion.
Interrogé par les journalistes sur la lutte contre le narcotrafic en provenance de Colombie, Donald Trump a déclaré que Gustavo Petro et lui-même avançaient sur le sujet.
"On a travaillé dessus", a dit le président américain. "Nous nous sommes très bien entendus. Nous n'étions pas vraiment les meilleurs amis (...), mais je ne le connaissais pas du tout".
Le président colombien a pour sa part publié sur le réseau social X une photo semblant montrer une note écrite par Donald Trump: "Gustavo - un grand honneur. J'adore la Colombie". Il a publié également une photo des deux dirigeants échangeant une poignée de mains en souriant.
"Ce que j'ai perçu ou vu dans la presse et sur les réseaux sociaux et qui semblait contredire mes idées, je ne l'ai pas vu chez lui. Je pense que cela concernait davantage d'autres responsables que lui", a dit Gustavo Petro à lors d'une interview accordée à la station de radio colombienne Caracol.
Le dirigeant colombien a ajouté avoir demandé à Donald Trump d'aider à capturer d'importants trafiquants de drogue vivant hors de Colombie, et notamment aux Etats-Unis.
Il a déclaré avoir également appelé son homologue américain à servir de médiateur entre la Colombie et l'Equateur, pays dont le président Daniel Noboa est un allié de Donald Trump.
Depuis plusieurs mois, Donald Trump et Gustavo Petro entretenaient une relation à distance houleuse, faite d'invectives mais aussi de tentatives de rapprochement, sur fond de volonté de Washington d'exercer une domination sur l'ensemble du continent américain - notamment en Amérique latine.
Le président américain a qualifié en octobre dernier son homologue colombien, ancien guérillero élu à la présidence en 2022, de "chef clandestin de trafic de drogue", sans fournir la moindre preuve de son accusation. Il a également évoqué en janvier l'hypothèse d'une intervention militaire américaine en Colombie, en dépit des bonnes relations entre les deux pays, dénonçant un laxisme dans la lutte contre le narcotrafic.
Donald Trump a déclaré lundi aux journalistes que Gustavo Petro avait changé de ton dernièrement, laissant entendre qu'il se montrait plus conciliant à la suite de la capture par l'armée américaine du président vénézuélien Nicolas Maduro le 3 janvier.
(Bo Erickson et Gram Slattery à Washington, Luis Jaime Acosta à Bogota, avec Simon Lewis à Washington et Nelson Bocanegra à Bogota; version française Camille Raynaud et Jean Terzian)

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