Jean-Paul, un agriculteur à la retraite de 74 ans, accusé d'avoir écrasé un œuf sur la tête de Jordan Bardella, devant le tribunal correctionnel de Montauban le 9 janvier 2026 ( AFP / Valentine CHAPUIS )
Le tribunal correctionnel de Montauban a condamné vendredi le septuagénaire qui a écrasé un œuf sur la tête de Jordan Bardella lors d'une dédicace fin novembre à une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis, assortie d'une amende.
Les juges ont condamné le prévenu, un agriculteur à la retraite de 74 ans, à un total de 1.000 euros d'amende, ainsi qu'à dédommager M. Bardella pour atteinte à son image à hauteur de 500 euros, et à prendre une part de ses frais de justice pour 600 euros.
Le procureur de la République de Montauban, Bruno Sauvage, avait requis une peine de huit mois de prison dont quatre ferme à l'encontre de cet homme qui avait déjà été condamné pour des faits similaires en juillet 2022, ayant jeté un œuf sur la tête d'Éric Zemmour alors que celui-ci, candidat du parti Reconquête à la présidentielle, était en campagne à Moissac (Tarn-et-Garonne).
Le représentant du ministère public a estimé qu'il ne s'agissait pas d'une "bêtise" comme le prévenu avait qualifié son geste lors de la procédure, un "terme totalement inapproprié" alors qu'il s'agit d'une "infraction pénale", un "acte violent" et non un "acte citoyen" ou un "acte symbolique".
A la barre, le retraité, jeans, baskets et blouson de laine bleu marine, a déclaré: "je regrette mon geste et m'en excuse auprès de Monsieur Bardella, c'est son parti que je visais, c'était violent je le reconnais", a-t-il déclaré.
Interrogé par la présidente du tribunal, le prévenu a cependant reconnu qu'il s'agissait d'un geste politique "pour alerter les citoyens qu'on s'endort et qu'une fois qu'ils (les représentants du Rassemblement national) seront au pouvoir, il sera trop tard".
Le président du Rassemblement national Jordan Bardella à Villepinte le 19 novembre 2025 ( AFP / Thibaud MORITZ )
"Malheureusement, il n'y a que ça (à faire)", a dit le prévenu, affirmant avoir voulu faire preuve du "minimum de violence pour avertir sur un maximum de violence pour tous les Français".
Lors d'une séance de dédicace de M. Bardella à Moissac le 29 novembre dernier, le prévenu avait pris place dans la file d'attente avant d'écraser un œuf sur la tête du président du RN au moment de lui présenter son exemplaire du livre.
Il était poursuivi pour "violence sur personne dépositaire de l'autorité publique sans incapacité".
L'avocat de Jordan Bardella, Charles de Luynes, regrette que le tribunal ait prononcé une condamnation avec sursis. "C’est encore une peine d’avertissement, ce n’est pas ce que souhaitait le procureur (…) La justice n’a, je pense, pas renvoyé un message de fermeté, il y a le sursis simple, il n’y a aucune obligation comme le voulait le procureur, de soins et d’un stage de citoyenneté", a-t-il estimé.
Pour Rachel Lheureux, avocate du prévenu, les réquisitions du procureur étaient "disproportionnées" et "les magistrats du siège nous ont fait entendre la voix de la raison (...) Une sanction devait intervenir car aucune violence (…) n’est acceptable".

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