( AFP / SEBASTIEN DUPUY )
Le régime du micro-entrepreneur continue d'attirer massivement, mais reste peu rémunérateur et peu pérenne : seulement 28% de ceux immatriculés en 2018 exerçaient toujours sous ce régime cinq ans plus tard, selon une étude de l'Insee parue mercredi.
L'Institut national de la statistique et des études économiques distingue six grands profils de micro-entrepreneurs, qui étaient environ 400.000 en 2018, et près de 759.000 en 2025.
D'abord, "les salariés en activité de complément", groupe le plus important (27% des immatriculations), devant "les chômeurs" (26%), "les étudiants" (18%), "les créateurs hors du marché de l'emploi" - essentiellement des retraités ou personnes sans activité professionnelle auparavant - (13%), "les créateurs de la construction" - souvent d'anciens salariés de cette profession - (9%) et "les entrepreneurs expérimentés", qui ont déjà créé ou repris une entreprise (7%).
La survie à cinq ans varie fortement selon ces profils. Les créateurs de la construction sont les plus pérennes (37%) devant les entrepreneurs expérimentés (35%) et les chômeurs (34%). Suivent les créateurs hors du marché de l'emploi (31%), les salariés en activité de complément (24%) et les étudiants (13%).
Au total, 28% des micro-entreprises créées en 2018 existaient toujours en 2023.
Ainsi, relève l'étude, "les quatre profils les plus pérennes sont ceux principalement mus par le désir d'assurer son propre emploi", contrairement à ceux "ayant une activité par ailleurs".
Le niveau de revenu reste limité. Pour les micro-entreprises créées en 2018 et encore actives fin 2023, le chiffre d’affaires annuel moyen est de 19.600 euros, avec un maximum de 27.600 euros chez les créateurs de la construction et un minimum de 15.200 euros pour les créateurs hors du marché de l’emploi.
Le revenu réel est bien moindre, représentant en moyenne 53% du chiffre d'affaires une fois les cotisations et charges déduites.
Cependant, le chiffre d'affaires moyen a progressé de 27% entre 2019 et 2023, malgré la crise sanitaire, plus que l'inflation sur la période (13%).
Enfin, la micro-entreprise demeure souvent un revenu d’appoint. Environ trois créateurs sur dix (29%) cumulent encore en 2023 leur activité indépendante avec un autre emploi rémunéré, proportion quasiment inchangée par rapport à 2018 (28%).
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