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Sept soldats tchadiens tués dans une altercation avec les paramilitaires soudanais près de la frontière
information fournie par AFP 16/01/2026 à 18:07

Des soldats tchadiens gardent la frontière avec le Soudan, à Adré (Tchad), le 14 janvier 2026 ( AFP / Joris Bolomey )

Des soldats tchadiens gardent la frontière avec le Soudan, à Adré (Tchad), le 14 janvier 2026 ( AFP / Joris Bolomey )

Sept soldats tchadiens ont été tués jeudi dans l'est du Tchad, près de la frontière avec le Soudan, dans une altercation avec les paramilitaires soudanais, a indiqué vendredi une source gouvernementale.

Au Soudan voisin, un conflit qui oppose depuis avril 2023 l'armée soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 12 millions de personnes, dont près d'un million au Tchad, selon l'ONU.

"Il y a eu une incursion d'une des parties belligérantes dans le conflit soudanais à la frontière. Ils sont rentrés dans le territoire tchadien et nos forces de défense et de sécurité (...) leur ont demandé de rebrousser chemin et il y a eu un accrochage dans lequel nous avons perdu sept de nos soldats", a déclaré le porte-parole du gouvernement tchadien Gassim Chérif en conférence de presse vendredi.

Selon un membre du gouvernement interrogé vendredi par l'AFP, cette incursion meurtrière est attribuée "aux éléments des FSR".

- "Violation du territoire" -

Le 26 décembre, deux soldats tchadiens avaient déjà été tués dans une attaque de drone menée par les FSR à la frontière.

L'altercation de jeudi a eu lieu à proximité de la ville frontalière de Tiné, selon les explications du porte-parole.

"Nous appelons toutes les parties prenantes dans ce conflit à arrêter toute violation du territoire tchadien", a-t-il ajouté, soulignant que la "position constante du Tchad est celle de la neutralité".

Des réfugiées soudanaises travaillent dans une ferme communautaire près du camp de Farchana, au Tchad, le 14 janvier 2026 ( AFP / Joris Bolomey )

Des réfugiées soudanaises travaillent dans une ferme communautaire près du camp de Farchana, au Tchad, le 14 janvier 2026 ( AFP / Joris Bolomey )

"C'est le dernier avertissement que nous lançons aux belligérants: il n'est pas question que nos forces de défense et de sécurité soient prises à partie, que nos concitoyens soient inquiétés et que des Tchadiens meurent dans ce conflit", a insisté M. Chérif.

Les Émirats arabes unis, accusés de soutenir et d'armer les FSR, ont condamné l'attaque dans un communiqué publié vendredi matin sur X, sans toutefois l'attribuer aux FSR.

"Les Émirats arabes unis condamnent (...) l'attaque menée par un groupe armé dans le sud du Tchad", a indiqué la diplomatie émiratie.

- Plus de 1.000 jours de conflit -

La guerre a déchiré le Soudan en deux: l'armée contrôle le nord, l'est et le centre, tandis que les FSR dominent toute la région du Darfour (ouest), soit un tiers du territoire soudanais, et, avec leurs alliés, certaines zones du sud.

Le Haut Commissaire aux réfugiés des Nations unies, Barham Saleh (2e à partir de la droite), discute avec des réfugiés soudanais, à Farchana (Tchad), le 14 janvier 2026 ( AFP / Joris Bolomey )

Le Haut Commissaire aux réfugiés des Nations unies, Barham Saleh (2e à partir de la droite), discute avec des réfugiés soudanais, à Farchana (Tchad), le 14 janvier 2026 ( AFP / Joris Bolomey )

Fin octobre, les FSR se sont emparées d'El-Facher, la dernière capitale de la région soudanaise du Darfour qui leur échappait encore, asseyant leur domination sur les cinq États composant le Darfour. Les paramilitaires ont alors été accusés de nombreuses exactions par des ONG et témoins.

Les FSR concentrent désormais leurs efforts sur la région du Kordofan, au centre du Soudan, dans le but de capturer des villes qui les rapprocheraient de Khartoum.

"Plus de 1.000 jours de conflit au Soudan ont causé une immense souffrance et la plus grande crise de déplacement de notre époque", a déclaré mercredi à l'AFP le nouveau Haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Barham Saleh.

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