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Satellites: l'Allemagne toujours engagée dans le Starlink européen, assure le fabricant OHB
information fournie par Boursorama avec AFP 12/06/2026 à 16:51

( AFP / CHRISTOF STACHE )

( AFP / CHRISTOF STACHE )

L'Allemagne veut bâtir son propre réseau souverain de satellite sans renoncer à la constellation européenne Iris², a affirmé jeudi le patron de l'entreprise spatiale allemande OHB dans un entretien à l'AFP, une stratégie double qui alimente les tensions au sein de l'UE.

Berlin a été critiquée, en France notamment, car son projet pourrait affaiblir le programme de l'Union Européenne, destiné à fournir des communications sécurisées et du haut débit en réduisant la dépendance aux solutions privées américaines comme le réseau Starlink, propriété d'Elon Musk.

Il s'agit d'un dossier crucial pour la coopération stratégique européenne, déjà ébranlée cette semaine par l'abandon du projet franco-allemand d'avion de combat du futur, le SCAF.

"Je ne partage pas l'idée selon laquelle il devrait y avoir soit Iris² soit une constellation nationale. Je pense au contraire que les deux approches vont converger", a déclaré Marco Fuchs, à la tête du fabricant allemand de satellites OHB, lors du salon aéronautique ILA à Berlin.

Fournisseur de longue date de l'armée allemande, cette entreprise familiale planche depuis début 2026 avec le géant de l'armement Rheinmetall, avec qui elle a créé une coentreprise, et l'européen Airbus Defence and Space pour fournir à la Bundeswehr un service internet façon Starlink.

"Système souverain"

Sa logique est différente d'Iris²: "la Bundeswehr veut un système souverain, autonome, qui soit intégré avec les autres exigences de l'Allemagne dans l'espace. Et Iris² est un partenariat commercial dirigé par des entreprises privées", juge Marco Fuchs.

Il pointe aussi l'absence de firmes allemandes parmi les trois décisionnaires d'Iris² pour justifier un projet mené séparément par Berlin.

Néanmoins, Marco Fuchs assure qu'OHB va renforcer son rôle dans la constellation européenne, pour avoir "un rôle important dans les deux projets".

L'espace est l'un des axes principaux de la hausse des dépenses militaires en Europe, enclenchée depuis le début de la guerre en Ukraine face à la menace russe.

OHB tire profit de cet essor, après s'être fait connaître pour ses petits satellites fabriqués pour les programmes spatiaux civils de l'UE Galileo (type GPS) et Copernicus (observation de la Terre).

Lancé fin 2024, Iris² prévoit de mettre en service 290 satellites d'ici 2031. En comparaison, Starlink a franchi en mars le seuil de 10.000 appareils.

Monopoles "coûteux"

Au salon ILA, OHB a mis en avant sur son stand un modèle de navette spatiale réutilisable, développée actuellement avec le français Dassault.

Un geste pour faire oublier les déboires du SCAF, enterré à cause des tensions entre l'industriel français et son partenaire européen Airbus.

Il a aussi rejeté les critiques outre-Rhin contre Dassault, vantant leur partenariat basé sur une "interface très claire", contrairement aux exigences "assez floues" dans le cadre du SCAF.

Les projets de coopération militaire en Europe doivent s'appuyer sur "un consensus de fond" de la part des industriels et "non sur des décisions politiques", a-t-il insisté.

En revanche, cette coopération ne doit pas déboucher sur des monopoles "coûteux" pour le contribuable et une "offre réduite", a-t-il aussi pointé, opposé au projet de fusion entre Thalès, Airbus et Leonardo.

Face à SpaceX, les poids lourds français, européen et italien ambitionnent d'unir leurs activités dans les satellites sous réserve du feu vert de la Commission Européenne, laissant OHB sur la touche.

L'entreprise basée à Brème (nord) compte faire entendre sa position auprès de la Commission Européenne, lors de consultations des concurrents aux acteurs de cette fusion.

"Il ne s'agit pas de déposer une plainte, mais d'influer sur la procédure", a précisé Marco Fuchs.

Car sa "principale inquiétude" est "d'être exclus de la compétition sur les très grands systèmes" spatiaux, pour lesquels OHB s'alliait jusqu'à présent avec Thalès.

Si ce n'est plus possible, "il n'y aura tout simplement plus de concurrence" et cela "sera coûteux pour les clients".

1 commentaire

  • 17:38

    c'est l'Allemagne qui a décidé de quitter Iris2. Et vous étiez présent, OHB. Ne venez pas réécrire l'histoire...


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