L'eurodéputée franco-palestinienne LFI Rima Hassan, le 3 avril 2026 à Paris ( AFP / Blanca CRUZ )
L'eurodéputée franco-palestinienne LFI Rima Hassan a raconté vendredi avoir pu échanger longuement avec l'homme qui l'avait menacée, muni d'une arme, dans une vidéo sur les réseaux sociaux, ouvrant un "espace" de dialogue inattendu.
L'élue, qui avait porté plainte la veille, entraînant vendredi l'ouverture d'une enquête judiciaire, a raconté sur X avoir depuis pu parler avec l'auteur de la vidéo, prénommé Adrien.
"Je suis convaincue qu’on ne pourra pas lutter contre les idées d’extrême droite et leur propagation sans ces moments de confrontation directe, qui passent aussi par des échanges + humains +, au-delà du virtuel, des postures et des représentations sur les réseaux sociaux", a-t-elle rapporté.
"Durant cet appel, j’ai eu au bout du fil un père de famille, un mari, un homme avec ses sensibilités et ses contradictions. Un homme qui regrettait sa vidéo, qui semblait profondément troublé de me sentir à l’écoute malgré son geste et ses positions".
"Il m’a aussi confié avoir de moi une image extrêmement éloignée de ce que notre échange lui révélait, et regretté de m’avoir enfermée dans les caricatures que peuvent relayer les sphères politique et médiatique", a-t-elle poursuivi.
"Parfois, une conversation suffit à faire apparaître ce que la confrontation virtuelle nous empêche de voir. J’ai raccroché avec le sentiment d’avoir, peut-être, semé une graine de sensibilité sur la Palestine et ouvert une réflexion sur la ligne portée par une gauche de rupture, qui se bat pour les droits du plus grand nombre", a-t-elle conclu.
La vidéo avait été postée sur le compte Instagram "Aux Armes Citoyens" (28.800 abonnés). Contacté par l'AFP, son propriétaire avait dénoncé jeudi une "honteuse déformation de (ses) propos". "Je n'ai en aucune façon menacé l'eurodéputée Rima Hassan. Ma posture et mes propos étaient manifestement défensifs", affirmait-il alors.
Rima Hassan assure que l'homme ne lui a pas demandé de retirer sa plainte, souhaitant "assumer les conséquences".
Le parquet de Paris a indiqué vendredi à l'AFP qu'une enquête avait été ouverte par le pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) pour menaces de mort et provocation à commettre un crime. Elle a été ensuite transférée au parquet de Cahors, près du lieu de résidence possible du suspect.
"Même si cette personne semble avoir exprimé des regrets, ceux-ci seront pris en compte, le cas échéant, au moment opportun. Cela ne saurait toutefois justifier un quelconque relâchement dans la procédure judiciaire", a réagi auprès de l'AFP Me Vincent Brengarth, l'avocat de Rima Hassan.
"Il en va du respect de la loi, de la responsabilité de chacun et du principe selon lequel nul ne peut menacer autrui en pensant rester impuni", a-t-il ajouté.

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