Une illustration montre un modèle miniature de Donald Trump imprimé en 3D et des drapeaux russe et ukrainien
Les négociateurs ukrainiens et russes ont entamé mercredi une deuxième journée de négociations à Genève alors que le président ukrainien Volodimir Zelensky s'est plaint de subir une pression excessive de la part de son homologue américain Donald Trump pour parvenir à un accord de paix avec Moscou, après quasiment quatre ans de guerre.
Ces pourparlers, menés sous l'égide des Etats-Unis, se déroulent alors que Donald Trump a suggéré à deux reprises ces derniers jours qu'il incombait à l'Ukraine et Volodimir Zelensky de prendre les mesures nécessaires pour que les négociations soient fructueuses.
Dans une interview accordée au site d'information Axios publiée mardi, Volodimir Zelensky a estimé qu'il n'était "pas juste" que Donald Trump demande publiquement à Kyiv, et non à Moscou, de faire des concessions dans le cadre des négociations de paix.
"J'espère que ce n'est qu'une tactique de sa part et non une décision définitive", a dit le dirigeant ukrainien.
Volodimir Zelensky a également prévenu que, en cas de référendum sur cette question, les Ukrainiens rejetteraient tout plan prévoyant que l'Ukraine cède à la Russie des territoires dont cette dernière n'est pas parvenue à s'emparer dans la région orientale du Donbass.
Volodimir Zelensky a de nouveau remercié Donald Trump pour ses efforts et a déclaré qu'il ne subissait pas le même genre de pressions lors de ses conversations avec Steve Witkoff et Jared Kushner, respectivement émissaire spécial et gendre du président américain.
"Nous avons un respect mutuel", a-t-il dit, ajoutant qu'il n'était "pas le genre de personne" à plier sous la pression.
La Russie exige que l'Ukraine lui cède les 20% de territoires de la région orientale de Donetsk dont elle n'est pas parvenue à s'emparer près de quatre ans après le déclenchement de son invasion à grande échelle le 24 février 2022. Kyiv refuse fermement une telle concession.
Interrogé lundi soir sur ses attentes à propos des pourparlers Ukraine-Russie, Donald Trump a une nouvelle fois pointé Kyiv du doigt.
"L'Ukraine ferait mieux de venir rapidement à la table de négociation. C'est tout ce que je vous dis", a répondu le président américain aux journalistes présents à bord de l'avion Air Force One.
"PROGRÈS SIGNIFICATIFS", DIT WITKOFF
Les négociations menées mardi ont porté sur "des questions pratiques et les modalités de décisions possibles", a dit le négociateur en chef ukrainien, Roustem Oumerov, sans fournir plus de détails.
Les responsables russes n'ont fait aucun commentaire sur les pourparlers.
Les agences de presse russes ont cité une source selon laquelle les discussions ont été "très tendues" et ont duré six heures, dans différents formats bilatéraux et trilatéraux.
Mercredi, Steve Witkoff a assuré que les efforts de Trump pour amener la Russie et l'Ukraine au dialogue portaient leurs fruits.
"Le succès du président Trump dans le rapprochement des deux camps de cette guerre a permis des progrès significatifs", a-t-il dit sur le réseau X. "Les deux parties sont convenues d'informer leurs dirigeants respectifs et de poursuivre leurs efforts en vue d'un accord."
Lors d'une allocution mardi soir, Volodimir Zelensky a dit attendre un rapport de son équipe de négociation à Genève.
"Nous sommes prêts à progresser rapidement vers un accord acceptable pour mettre fin à la guerre", a-t-il dit. "La question pour les Russes est celle-ci: que veulent-ils exactement ?"
VOIR AUSSI:
ANALYSE-Gérer deux négociations simultanément: l'approche US interroge sur ses chances de réussite
(John Revill et Olivia Le Poidevin; version française Camille Raynaud et Blandine Hénault)

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