Le président du RN Jordan Bardella, lors d'un meeting pour les élections sénatoriales à La Seyne-sur-Mer, le 27 septembre 2026 dans le Var ( AFP / Thibaud MORITZ )
Après la parution d'une enquête de Mediapart attribuant à Jordan Bardella des messages antisémites, le RN fait bloc derrière son président qui conteste "formellement", quand la patronne des Ecologistes Marine Tondelier appelle à sa démission et le coordinateur de LFI Manuel Bompard à entraver son arrivée au pouvoir : tour d'horizon des principales réactions politiques.
"Faux", "barbouzerie", le RN dément
"Je conteste formellement les accusations portées à mon endroit par Mediapart, me prêtant des propos délirants et antisémites", a répliqué sur X Jordan Bardella, affirmant avoir chargé son avocat d'engager "les procédures nécessaires". Et l'eurodéputé de s'en prendre à une "certaine presse militante" qui voudrait selon lui "déstabiliser la campagne présidentielle".
Justement en déplacement lundi au salon des professionnels de la construction à Paris, Marine Le Pen, a affirmé face à des journalistes n'avoir pas "lu l'article de Mediapart". "Ça me paraît tellement dingue que ça ne peut être qu'un faux, qu'une barbouzerie dont Mediapart a le secret", a réagi la candidate à l'Elysée, en tête des sondages et qui a toujours déclaré vouloir faire de Jordan Bardella son Premier ministre.
"Démission", "ADN du RN", la gauche s'indigne
Pour la patronne et candidate des Ecologistes à la présidentielle, Marine Tondelier, Jordan Bardella "doit démissionner de toutes ses fonctions", estimant que "le président du RN tient des propos gravissimes et incompatibles avec tout mandat politique".
Marine Le Pen, candidate du RN à la présidentielle, lors du salon Batimat des professionnels de la construction, le 28 septembre 2026 à Paris ( AFP / Anne-Christine POUJOULAT )
Coordinateur de LFI, Manuel Bompard a lui dénoncé des "propos rapportés (qui) disent à quel point l’antisémitisme est ancré dans l'ADN du Rassemblement National et prouvent une nouvelle fois que la dédiabolisation de l'extrême droite est un enfumage".
Son candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, lui-même accusé d'ambiguïté sur l'antisémitisme, a condamné "formellement" ces déclarations qui "relèvent du complotisme et de l'antisémitisme le plus absurde" si Jordan Bardella, ndlr) "les a prononcées".
"On comprend mieux aujourd'hui pourquoi Bardella a pu dire que Jean-Marie Le Pen n’était pas antisémite", a commenté sur X le patron du PS Olivier Faure, candidat à la primaire social-démocrate. "Depuis le FN, fondé par des Waffen-SS, jusqu’au RN d’aujourd’hui, ils resteront les mêmes : antisémites, racistes, complotistes", a réagi son homologue au PCF Fabien Roussel.
Au gouvernement, Bergé et Barrot réagissent
Gabriel Attal et Edouard Philippe, candidats de l'espace central, n'avaient pas commenté la parution de l'article en fin de journée lundi.
La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, le 10 septembre 2026 à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )
Première membre du gouvernement à réagir, la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé (Renaissance), a estimé que "ces écrits, s'ils sont avérés, sont d'une immense gravité".
"Leur nature antisémite et complotiste rappelle, à ceux qui voudraient l'oublier, la nature profonde de l'extrême droite. N'y cédons rien", a ajouté la ministre sur X.
"À tous ceux qui auraient la mémoire courte : l’antisémitisme n’est pas un accident de parcours pour le RN, c’est l’histoire de ce parti", a également lancé le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (MoDem), sur le même réseau.

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