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Présidentielle : pour Édouard Philippe, au milieu des crises, la campagne tant bien que mal
information fournie par AFP 01/10/2026 à 22:37

Édouard Philippe, candidat du parti Horizons à l'élection présidentielle de 2027, s'exprime lors d'une visite au Congrès national des pompiers, à La Roche-sur-Foron, le 1er octobre 2026 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

Édouard Philippe, candidat du parti Horizons à l'élection présidentielle de 2027, s'exprime lors d'une visite au Congrès national des pompiers, à La Roche-sur-Foron, le 1er octobre 2026 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

Situation internationale, prix de l'essence, budget, incidents dans les lycées... Difficile de mener campagne présidentielle dans un contexte de crises permanentes. Édouard Philippe s'est néanmoins essayé à l'exercice jeudi soir à Annemasse (Haute-Savoie) où il est venu présenter ses mesures contre le narcotrafic.

Dans une présidentielle, tenir un agenda relève de l'exercice impossible.

Le précédent déplacement du candidat Horizons dans le Maine-et-Loire, où il avait dévoilé sa stratégie d'adaptation au changement climatique, avait déjà dû être raccourci, Emmanuel Macron convoquant alors les chefs de parti à l'Élysée.

Ce même chef de l’État qui, s'exprimant face aux Français le 24 septembre, avait déjà contraint Édouard Philippe à reporter son "Heure de vérité" sur France 2, où il devait expliciter sa réforme des retraites...

Même tarif jeudi en Haute-Savoie : après une visite au congrès des sapeurs-pompiers à La Roche-sur-Foron, la rencontre avec des élus confrontés au narcotrafic prévue vendredi a été avancée et écourtée, le déplacement à la mer de Glace remisé. Les incidents dans les lycées du Havre, ville dont Édouard Philippe est maire, ont eu raison du planning du candidat.

A sept mois du premier tour, les équipes du président d'Horizons, comme celles du candidat de Renaissance Gabriel Attal, engagées dans une concurrence interne au camp sortant, se désolent à bas bruit de voir que les propositions formulées par leurs candidats ne parviennent pas à percer le mur du son.

"Rien n'imprime", s'inquiétait un cadre Horizons cette semaine.

C'est dans ce contexte qu'Édouard Philippe a inauguré jeudi soir un format de petite réunion publique : un peu plus de 150 personnes étaient rassemblées dans la salle Martin Luther King d'Annemasse, ville frontalière de la Suisse où le candidat est venu parler du narcotrafic. Et répondre à quelques questions, même si aucune ne portait sur la réforme des retraites que l'ancien Premier ministre a dévoilée cette semaine.Le maire Horizons d'Annemasse Gabriel Doublet plante le décor, évoquant un narcotrafic "qui a pris une dimension absolument catastrophique ces derniers mois" et une "guerre des gangs".

Ses notes posées sur une petite table au centre de la salle, Édouard Philippe disserte pendant un peu moins d'une heure, rappelle sa récente visite à Alès (Gard) où le maire, menacé, a dû être exfiltré par le Raid, et développe son concept d'"état d'urgence narcotrafic" qu'il entend instaurer une fois à l'Elysée.

Contrer le "tsunami"

Face au "véritable tsunami de produits stupéfiants" qui s'abat sur la France, il faut une réponse "quasiment de la nature" de celle apportée dans la lutte contre le terrorisme, explique le maire du Havre, qui expose quelques propositions devant une assistance silencieuse.

Édouard Philippe, candidat du parti Horizons à l'élection présidentielle de 2027, s'exprime lors d'une visite au Congrès national des pompiers à La Roche-sur-Foron, le 1er octobre 2026 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

Édouard Philippe, candidat du parti Horizons à l'élection présidentielle de 2027, s'exprime lors d'une visite au Congrès national des pompiers à La Roche-sur-Foron, le 1er octobre 2026 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

D'abord, cet "état d'urgence", qui permettrait "pendant un temps donné, dans un endroit donné", de procéder à des perquisitions administratives, d'utiliser la reconnaissance faciale, de créer un "délit d'accès" à la zone. "Ne comptez pas sur moi pour dire qu'il faut s'affranchir de l'État de droit". Mais "l'État de droit, ce n'est pas la faiblesse", théorise le candidat Horizons.

Édouard Philippe veut également un "choc d'efficacité pénale" pour les narcotrafiquants, là aussi inspiré de l'antiterrorisme. Évoque la création d'une "Fiche S financière" pour mieux traquer le haut et le milieu du spectre. Insiste sur la "responsabilité considérable" des consommateurs, la nécessité de renforcer la prévention, de responsabiliser les organisateurs de fêtes type festivals. Mais aussi de lancer un "plan anticorruption" dans la fonction publique.

Le candidat a beaucoup parlé. Il prend le temps néanmoins de critiquer durement La France insoumise et son activisme devant les lycées. Le temps presse pour les questions. Les thèmes sont variés, de la "vérité en politique" aux savoirs fondamentaux à l'école, de ses priorités en matière de Santé --il n'entend pas encore dévoiler son plan-- à la situation au Sahel en passant par la légalisation des drogues à laquelle Édouard Philippe n'est évidemment pas favorable.

Le candidat Horizons a l'intention de rééditer ce format durant sa campagne. Il n'a pas encore annoncé de nouveau grand meeting, après celui du 5 juillet. Gabriel Attal a quant à lui convoqué une grande réunion publique le 10 octobre à Lyon.

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