FJean-Luc Mélenchon, candidat deLa France insoumise (LFI) à la présidentielle de 2027, lors de la présentation de son programme budgétaire pour 2027, le 14 octobre 2026 à Paris ( AFP / LOU BENOIST )
Des recettes supplémentaires estimées à 106 milliards d'euros et des dépenses nouvelles à 82 milliards: Jean-Luc Mélenchon a présenté mercredi son programme budgétaire pour 2027 en cas de victoire à la présidentielle, promettant de "remettre de l'ordre dans les comptes publics".
Le mouvement de gauche radicale ne s'en cache pas: il veut une rupture franche avec le système économique et financier actuel en se tournant vers une politique de la demande, notamment via une relance de la consommation.
"Dans les pires circonstances, M. Macron maintient la politique de l'offre", a regretté le candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon lors d'une conférence de presse mercredi matin.
"Si vous nous jugez d'après les critères du néolibéralisme, nos projets sont inacceptables", a-t-il ajouté, en ciblant la "dictature de l'actionnariat".
A ses côtés, le président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale, le député Eric Coquerel, a présenté les détails de ce "budget rectificatif" pour 2027 que les Insoumis entendraient faire passer en cas de victoire de Jean-Luc Mélenchon le 2 mai prochain.
Ce premier budget LFI pour l'année 2027 proposerait donc "106,4 milliards" d'euros de recettes supplémentaires et "81,7 milliards" de dépenses nouvelles.
"Non seulement nous injectons plus de 81 milliards d'euros dans les carnets de commandes, dans l'économie, dans le pouvoir d'achat, mais du fait que les recettes soient supplémentaires, nous faisons 25 milliards de réduction du déficit. Nous faisons donc mieux que le gouvernement", a résumé Eric Coquerel.
20.000 soignants et enseignants en plus
LFI propose ainsi un "ISF climatique", espérant faire entrer "10 milliards d'euros" dans les caisses, "la suppression de la flat tax" (qui dégagerait 9 milliards) et la désormais très médiatisée "taxe Zucman", qui se déclencherait sur les ménages ayant un patrimoine supérieur à 100 millions d'euros (pour 15 milliards d'euros escomptés par LFI).
Jean-Luc Mélenchon (g), candidat deLa France insoumise (LFI) à la présidentielle de 2027, et le député LFI et président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, Éric Coquerel (d) lors de la présentation du programme budgétaire de LFI pour 2027, le 14 octobre 2026 à Paris ( AFP / LOU BENOIST )
Comme à l'Assemblée, où le budget de l'Etat est actuellement discuté, LFI propose également de faire grimper la taxe sur les Gafam à 15%, d'instaurer une taxe sur les héritages à 20 milliards d'euros, mais aussi d'aller chercher "22 milliards" en "rabotant" plusieurs niches fiscales (pacte Dutreil sur les transmissions d'entreprises, crédit d'impôt recherche, etc.).
Les dépenses supplémentaires proviendraient, elles, notamment de la suppression de la réforme des retraites d'Elisabeth Borne, une des principales promesses de LFI.
Un retour à la retraite à 62 ans donc (avant une retraite promise à 60 ans sur la suite du mandat présidentiel) avec un coût estimé à 9 milliards d'euros.
Pour répondre à la colère des lycéens et à la crise actuelle, les Insoumis entendent également créer une "garantie d'autonomie" pour les jeunes de 1.337 euros par mois (9,5 milliards d'euros sur l'année), mettre en place la cantine gratuite (3,6 milliards d'euros) et créer 10.000 postes d'enseignants (500 millions d'euros).
Le budget des hôpitaux sera également augmenté de 3 milliards d'euros, notamment pour créer 10.000 postes de personnels soignants.
"Rationalité économique"
Mais, alors que les Insoumis sont souvent critiqués par le gouvernement et la droite sur la crédibilité de leurs propositions, ils ont tenu à présenter un visage relativement consensuel.
M. Coquerel a ainsi plusieurs fois souligné que les recettes qu'entendaient dégager les Insoumis étaient "raisonnables".
"J'utilise des formules arrondies pour que chacun ne ressente pas des malaises excessifs", a prévenu pour sa part M. Mélenchon.
"Nous sommes dans une démarche de rationalité économique", et non de dogmatisme, a-t-il insisté.
"Dans ce budget il y aura 25 milliards attribués à la diminution de la dette", a également annoncé le candidat, qui avait provoqué une polémique pendant l'été en proposant d'annuler la partie de la dette française détenue par la Banque centrale européenne.
"Nous sommes dans l'épure" d'un rapport d'économistes rendu à Bercy qui appelait à au moins "125 milliards d'euros" d'effort sur le prochain quinquennat, a-t-il fait valoir.
L'exercice avait pour but de donner à voir à quoi ressemblerait, pour les Insoumis, une première année au pouvoir.
La France insoumise doit présenter au mois de novembre son programme présidentiel complet. Son chiffrage arrivera plus tard, en début d'année 2027.

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