Le maire de Paris Emmanuel Grégoire aux Assises de la santé mentale à Paris le 1er avril 2026 ( AFP / Anna KURTH )
Le nouveau maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a estimé mercredi que les conditions d'une victoire à l'élection présidentielle de 2027 de la gauche, qui n'a "ni programme ni doctrine", n'étaient "pas réunies".
"Aujourd’hui, les conditions ne sont pas réunies pour une victoire de la gauche l'an prochain. Il faut être malhonnête pour laisser entendre le contraire", explique-t-il dans un entretien au Nouvel Obs, alors que la primaire de la gauche annoncée le 11 octobre a du plomb dans l'aile.
La seule chose qui devrait, selon lui, préoccuper les responsables de gauche est "leur programme économique, social, environnemental".
"La gauche se perd dans des discussions d’appareil parce qu’elle n'a rien à dire", juge le nouveau maire socialiste, qui a obtenu 50,52% des voix le 22 mars, devançant de neuf points Rachida Dati, candidate de l'union de la droite et du centre.
"La vérité est qu'aujourd'hui la gauche traverse sa plus grave crise politique dans l'histoire de la Ve République. Nous gardons nos places fortes mais nous sommes à un étiage historiquement très bas. Pourquoi la gauche est si faible? Ce n'est pas le fait de ses divisions, mais parce qu’elle n'a ni programme ni doctrine", analyse-t-il.
Il a par ailleurs redit "ne pas avoir de problèmes avec les électeurs de La France insoumise ni avec l'ensemble de ce parti", mais en avoir "avec le premier d'entre eux et certains dirigeants".
"Jean-Luc Mélenchon a une obsession: son destin personnel présidentiel. Tout est +matricé+ pour cela. (...) Sa stratégie de tout conflictualiser n'est pas la bonne voie, selon moi, pour rassembler une majorité de Français", fait-il valoir, estimant qu'il ne croyait "pas un instant" à la victoire de M. Mélenchon en 2027.
Emmanuel Grégoire juge par ailleurs que "ceux qui pensent tirer de la conquête des grandes villes, notamment Paris, une stratégie nationale se trompent totalement".
"La sociologie électorale de la capitale n'a rien à voir avec celle du pays. (...) Il faut faire preuve d'un minimum de lucidité, sinon on fonce dans le mur", met-il en garde.
Revenant sur sa victoire face à Rachida Dati et à l'Insoumise Sophia Chikirou, il estime que Mme Dati a fait "une campagne violente et trop caricaturale pour séduire les Parisiens dans leur globalité".
"Je pense que je suis apparu comme plus rassurant, plus serein et plus sérieux", ajoute-t-il, qualifiant la campagne d'"extrêmement violente".

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