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Présidentielle 2027: grand oral politique au congrès des Jeunes Agriculteurs
information fournie par AFP 04/06/2026 à 16:37

Le nouveau président des Jeunes Agriculteurs (JA), Jocelyn Dubost, au 59e congrès du syndicat agricole, à Bourg-en-Bresse (Ain), le 4 juin 2026 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

Le nouveau président des Jeunes Agriculteurs (JA), Jocelyn Dubost, au 59e congrès du syndicat agricole, à Bourg-en-Bresse (Ain), le 4 juin 2026 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

Coup de force pour les Jeunes Agriculteurs (JA): Gabriel Attal (Renaissance), Bruno Retailleau (LR), Marine Tondelier (Ecologistes), Jean-Philippe Tanguy (RN) et Aurélie Trouvé (LFI) se sont soumis jeudi à leurs questions lors d'un congrès révélateur de dissensions au sein de la jeunesse agricole.

La disposition, théâtrale, visait à mettre les jeunes agriculteurs au centre, sur scène pour poser des questions, et les candidats à la présidentielle et représentants de partis dans la salle, sur une plateforme dressée au milieu des adhérents, avec un temps de parole de 25 minutes chacun.

Le premier constat est partagé: l'agriculture française est en crise face à la concurrence étrangère et au manque de revenus. Mais les propositions, notamment sur l'eau, les pesticides ou encore la taille des fermes diffèrent.

Bruno Retailleau a ouvert le bal en fustigeant la montée en gamme "exclusive", prônant la suppression du principe de précaution inscrit dans la charte de l'environnement - demandée par la FNSEA, syndicat dominant allié des JA - ou d'agences comme l'Office français de la biodiversité - demandée par les radicaux de la Coordination rurale.

Il a aussi soutenu la réintroduction de l'acétamipride, pesticide néonicotinoïde toxique interdit en France mais encore autorisé en Europe, déjà chaudement applaudie la veille par les Jeunes Agriculteurs lors d'un discours similaire de Laurent Wauquiez.

Marine Tondelier, plus chahutée, a mis en avant ses origines agricoles avant de se défendre face aux accusations de "stigmatisation" et de "culpabilisation" des agriculteurs par les écologistes.

Elle a affirmé ne pas vouloir "moins d'élevage" et ne pas être "contre le stockage de l'eau par principe", mais qu'il existait dans les deux cas un manque de démocratie, appelant au dialogue, au milieu de sifflotements ironiques dans la salle puis d'applaudissements timides.

- Sifflets et applaudissements -

Silencieuse après l'introduction de Jean-Philippe Tanguy, la salle s'est réveillée lors de son discours sur les dangers que représenterait pour le RN l'entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne: certains ont applaudi, d'autres soupiré en commentant que cela forcerait l'Ukraine à respecter les mêmes normes qu'eux.

La députée La France Insoumise (LFI) Aurélie Trouvé au 59e congrès des Jeunes Agriculteurs, le 4 juin 2026 à Bourg-en-Bresse (Ain) ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

La députée La France Insoumise (LFI) Aurélie Trouvé au 59e congrès des Jeunes Agriculteurs, le 4 juin 2026 à Bourg-en-Bresse (Ain) ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

Son intervention sur les agricultrices qui n'ont selon lui "pas besoin d'un Etat nounou" a aussi fait réagir, avec quelques applaudissements et une remarque. La jeune agricultrice qui l'interrogeait lui a rappelé que c'était l'Etat qui avait "donné un statut" aux exploitantes, rare pique dans un format globalement policé.

Aurélie Trouvé a aussi eu droit à son lot de sifflets en évoquant "les fermes-usines" qui "appartiennent à des capitaux extérieurs". La salle a été plus calme quand elle a affirmé que certaines retenues d'eau étaient justifiées tout en affirmant être totalement opposée à plus d'irrigation - dans une France qui compte 6% de terres agricoles irriguées.

"Mais on ne peut pas dire +débrouillez-vous+", a-t-elle ajouté, prônant de manière générale un accompagnement financier renforcé pour les agriculteurs.

Gabriel Attal n'a pas pu utiliser de botte de paille en guise de pupitre sur scène, comme il l'avait fait, Premier ministre, dans le Sud-Ouest pendant le mouvement de colère de 2024, mais il a promis un programme agricole pour l'automne, rédigé avec l'aide d'un ancien membre des Jeunes Agriculteurs, recevant des applaudissements nourris.

Il a proposé, comme les autres avant lui, un accompagnement renforcé, notamment avec des mesures fiscales, pour l'installation des jeunes. Il a aussi assumé son soutien au retour de l'acétamipride et à la simplification pour la création de bâtiments d'élevage.

- Demandes pré-présidentielles -

Les responsables syndicaux ont ensuite repris la parole pour la clôture du congrès.

La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, au 59e congrès des Jeunes Agriculteurs, à Bourg-en-Bresse (Ain), le 4 juin 2026 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, au 59e congrès des Jeunes Agriculteurs, à Bourg-en-Bresse (Ain), le 4 juin 2026 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

"Les discours c'est une chose, mais le réseau Jeunes Agriculteurs attend des actes", a déclaré le président tout juste élu du syndicat, Jocelyn Dubost.

"Nous avons besoin de concret y compris pendant la période électorale", a-t-il poursuivi, déroulant ses demandes pour la loi d'urgence agricole qui arrivera au Sénat fin juin, portée par la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, à son côté.

Sur l'eau, il a appelé l'Etat à prendre la "tutelle" des agences de l'eau, dont la gouvernance est historiquement décentralisée au niveau des grands bassins fluviaux.

Il a aussi demandé que les projets et contrats d'avenir, proposition des JA qui figurent dans la loi et censés planifier la production, soient "financés par la mise en place d'une nouvelle contribution assise sur la restauration hors domicile".

La ministre lui a répondu en affirmant que les porteurs de projets devaient effectivement être "accompagnés" par des financements publics et "par des partenaires" qu'elle tente de rassembler.

1 commentaire

  • 17:31

    j'chuis qu'un pauvre paysan....!


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