(De g à d) Les candidats à la primaire du PS et de Place publique — Raphaël Glucksmann, Emmanuel Maurel, Ségolène Royal, Olivier Faure et Jérôme Guedj posent avant un débat organisé par LCI à Boulogne-Billancourt, le 23 septembre 2026 ( POOL / JULIEN DE ROSA )
Les cinq candidats à la primaire de l'espace social-démocrate se sont affrontés mercredi soir notamment sur la question de l'Ukraine et du conflit israélo-palestinien, où Ségolène Royal a été mise sous pression, lors d'un premier débat télévisé.
Lors d'une émission sur LCI au format "face aux Français", l'ex-candidate à la présidentielle de 2007 s'est retrouvée en difficulté, face à ses concurrents Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, lorsqu'elle a défendu l'idée de négocier avec la Russie pour résoudre le conflit avec l'Ukraine.
Celle qui avait attaqué ces derniers jours le favori du scrutin Raphaël Glucksmann, qu'elle avait qualifié de "stagiaire", a estimé qu'il fallait "aider l'Ukraine à obtenir une paix juste et durable", mais "certains nous disent qu'on n'a pas le droit de parler de paix, sinon on est traité de poutinolâtre", a-t-elle déploré.
Mais Poutine "n'a aucune intention de négocier" avec les Européens, a rétorqué Raphaël Glucksmann, appelant au contraire à "résister, aider les Ukrainiens parce que c'est notre première ligne de défense".
Mme Royal avait, lors du début de l'invasion russe en Ukraine en 2022, mis en doute la réalité de certains massacres, avant de s'excuser. Elle est depuis régulièrement accusée de complaisance envers le Kremlin, ce qu'elle a réfuté mercredi soir.
Jérôme Guedj lui a reproché "un flottement" sur le sujet.
Ségolène Royal a également dû se défendre après avoir estimé que "la montée de l'antisémitisme n'est pas due à Israël" mais "aux actuels dirigeants" du pays, et qu'en ce sens il faudrait "plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qui se passe" à Gaza "est intolérable".
Une injonction "incroyable" pour Jérôme Guedj. "Dire que c'est aux Juifs de se justifier du gouvernement israélien, c'est essentialiser le conflit", a-t-il poursuivi, rejoint par Raphaël Glucksmann qui a jugé que c'est "avec ce type de discours qu'à la fin on se retrouve avec un père et ses enfants qui marchent dans la rue et qui se font traiter de génocidaires juste parce qu'ils ont une kippa".
Mme Royal a dénoncé des "caricatures" et des "procès d'intentions".
Olivier Faure a de son côté plaidé pour que le mot de génocide soit utilisé pour évoquer ce qui se passe à Gaza, ce que refuse de faire Raphaël Glucksmann. "Prononcer le mot de génocide, ça a un poids. Quand Pedro Sánchez parle d'un gouvernement génocidaire, ça a du poids. Et nous avons besoin de ce poids-là pour dire stop à ce massacre insupportable", a insisté Olivier Faure.
Les candidats ont également étalé leurs divergences sur le prix des carburants, les retraites ou la dette.
Brun débouté
Montage de photos d'archives réalisé le 16 septembre 2026 et montrant, de gauche à droite, les candidats à la primaire sociale-démocrate à la présidentielle de 2027, Olivier Faure, Emmanuel Maurel, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Raphaël Glucksmann ( AFP / Bertrand GUAY )
L'un des cinq candidats sera désigné par les militants, les 9-10 et 16-17 octobre, comme le représentant de la gauche social-démocrate à la présidentielle.
Mais ce sera sans le député Philippe Brun, la justice ayant rejeté à deux reprises mercredi sa demande de réintégration dans la primaire.
Le député de l'Eure, qui avait ses parrainages pour être candidat, a été suspendu la semaine dernière à titre conservatoire du Parti socialiste et donc de la primaire, après des accusations de violence contre une ancienne collaboratrice.
Affirmant n'avoir "jamais été violent avec personne", l'élu avait demandé en référé sa réintégration dans ce processus de désignation, dénonçant "un coup monté" de la direction du PS.
Débouté une première fois dans la matinée par le juge des référés, M. Brun l'a été une deuxième fois dans la soirée, par la cour d'appel.
Elle a estimé qu'il ne pouvait "soutenir sérieusement que la procédure prévue par les termes des statuts du Parti socialiste n'a pas été respectée, voire aurait été dévoyée".
Elle a également estimé incontestable "l'existence d’un signalement (de la plaignante, ndlr) à la date indiquée, ce qui dément suffisamment les manœuvres dolosives invoquées par" Philippe Brun.
Dans un communiqué, le PS s'est félicité que la justice ait établi "que c’est à tort que Philippe Brun a porté des accusations" contre la direction.
Il s'agissait du premier des trois débats prévus pour cette primaire et destinés à attirer le grand public et rendre le corps électoral le plus large possible. Les organisateurs espèrent au moins 100.000 votants, loin de la primaire qui avait conduit à la victoire de François Hollande en 2012 (entre 2,6 et 2,8 millions d'électeurs).

12 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer