Le maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Bally Bagayoko, au Plessis-Pâté, au sud de Paris, le 11 septembre 2026 ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )
Le maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Bally Bagayoko, a justifié jeudi sa présence auprès des lycéens mobilisés dans sa ville estimant que "c'est la place d'un élu" d'être présent, en réponse aux accusations d'instrumentalisation politique du mouvement.
"Oui, c'est la place d'un élu", a estimé sur franceinfo l'édile, interrogé sur la légitimité de sa présence sur les lieux de blocages d'établissements de sa ville, où il s'est rendu en début de semaine.
"C'est la place d'un élu" d'être présent lors de tels événements "comme je le suis aussi quand il y a des sans-papiers qui sont concernés (...). Comme je l'étais d'ailleurs dans les grandes mobilisations pour le service public", a-t-il ajouté, assurant que sa "responsabilité en tant qu'élu" est "d'apprécier l'ensemble quasiment de la population, les lycéens en font partie."
Le maire de Saint-Denis s'est notamment rendu lundi et mardi au lycée Paul-Eluard de sa ville, dont une partie du portail principal a été renversée lors des actions de blocage.
Jeudi, cet établissement était "exceptionnellement fermé" pour la journée, a indiqué l'équipe de direction dans un mail adressé aux élèves et aux personnels et consulté par l'AFP.
"Cette mesure vise à garantir les meilleures conditions de sécurité pour l'ensemble de la communauté scolaire et à permettre la finalisation des travaux de remise en état du portail principal", est-il précisé dans ce courriel.
Mercredi, le préfet de police de Paris Patrice Faure a saisi la justice contre Bally Bagayoko pour "des faits présumés de provocation à commettre un délit", entendant dénoncer, selon son entourage, "les propos" et "l'attitude" de l'édile, "susceptibles de contribuer à banaliser, auprès des jeunes mobilisés, des comportements violents ou des dégradations."
Il y a eu "des violences qui ont été commises" de la part des forces de l'ordre, s'est défendu jeudi le maire de Saint-Denis sur franceinfo. "Moi-même, j'ai été aspergé de gaz lacrymogène" en début de semaine, a-t-il dénoncé, demandant aux autorités "d'appeler au calme".
"Calmer, c'est aussi (...) passer des consignes précises à la police nationale", a-t-il estimé.
Le mouvement de grogne lycéen, qui a débuté la semaine dernière, a pris une dimension politique à sept mois de l'élection présidentielle, avec un bras de fer opposant le gouvernement et La France insoumise (LFI).
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dénoncé lundi sur X une "surenchère irresponsable" d'élus de la LFI qui "appellent à étendre" le mouvement de blocus des lycées. Le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon a reproché à l'exécutif d'avoir "ordonné la répression".

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